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Alitalia peine à redécoller


Deux mois après son décollage, la nouvelle Alitalia peine à atteindre sa vitesse de croisière. Le remplissage des avions est nettement moins élevé que prévu, creusant le déficit. Les turbulences affectent le climat social: les pilotes ont déposé un préavis de grève pour le 8 avril 2009.


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La nouvelle Alitalia peine à prendre son envol (Photo Alitalia)
La nouvelle Alitalia peine à prendre son envol (Photo Alitalia)
ITALIE. L’envol de la nouvelle Alitalia se révèle plus délicat que prévu.

Confrontée comme ses homologues à l’exode de la clientèle, la compagnie transalpine est contrainte de repousser ses objectifs de retour à l’équilibre au delà de 2011, échéance initialement programmée par ses actionnaires.

Le bilan à fin janvier, premier mois d’exploitation de l’Alitalia new look, est inquiétant. En moyenne, le taux de remplissage des avions tourne autour de 45%. Toutes les catégories de vols sont touchées: les domestiques, remplis à 43%, comme les vols internationaux (44%). Seules les liaisons long courrier passent la barre des 50% de remplissage (57%).

Des avions remplis à 60% début mars

La comparaison avec le mois de janvier 2008 fait froid dans le dos. Les chiffres qui agrègent les résultats d’Air One et d’Alitalia, les deux compagnies qui ont fusionné pour former la nouvelle Alitalia, sont sans appel. L'an dernier, le taux de remplissage moyen des avions était respectivement de 51% pour les vols domestiques, 55% pour les vols internationaux et 73% pour les long courriers.

Malgré ces résultats déprimants, l’administrateur délégué de la compagnie, Rocco Sabelli, essaie de s’accrocher au moindre signal positif. Selon les premiers chiffres de février, une amélioration semble se dessiner. Le taux de remplissage moyen serait remonté à 55% mi-février, pour atteindre une "pointe" de 60% début mars.

Le terme pointe est toutefois à prendre avec des pincettes car la nouvelle compagnie reste encore loin de l’objectif initial qui prévoyait un de taux de remplissage de 71%.

Heureusement, le prix du pétrole a baissé...

Sans la baisse du prix du  pétrole, les pertes auraient été plus importantes (Photo Alitalia)
Sans la baisse du prix du pétrole, les pertes auraient été plus importantes (Photo Alitalia)
Déjà guère reluisant, le bilan aurait pu être encore plus catastrophique si le cours du pétrole n’avait pas chuté. Le plan de reprise était en effet bâti sur un prix du baril à 128 dollars. Or celui-ci se situe aujourd’hui autour de 48 dollars. Ce gadin permettrait à la compagnie d’économiser quelque 500 M€ sur un an.

Même cause, même effet avec le cours du dollar. Le plan de reprise tablait sur un taux de change de 1 euro pour 1,58 dollar. L’euro est aujourd’hui remonté à 1,25 dollar. Si ce niveau de change se maintenait, Alitalia économiserait 300 M€ de plus.

Compte tenu de ces chiffres réactualisés, un taux de remplissage moyen de 65% suffirait pour parvenir à l’équilibre.

Un trou de 500 M€ en 2009 ?

Malgré ces éléments favorables, tous les nuages ne sont pas dissipés. Loin de là.

Pour reconquérir les passagers, Alitalia a adopté une politique tarifaire très offensive. En février, la compagnie a commercialisé 1,6 million de billets à 99 € sur des vols domestiques (aller-retour), soit 10% du nombre de billets low cost qu’elle avait prévu de vendre sur l’année. Cette stratégie mordante n’est donc pas tenable sur le long terme.

Bref, le plan de vol d’Alitalia s’annonce incertain. Si le taux de remplissage des avions restait cantonné à la barre des 60%, la compagnie italienne concluerait l’année avec un déficit de l'ordre de 500 M€, un chiffre près de deux fois plus élevé que prévu (291 M€).

Ce brouillard obscurcit le climat social. Les syndicats de pilotes ont ainsi déposé un préavis de grève pour le 8 avril.

Dans leur ligne de mire, les mesures de chômage partiel et les jours de vacance forcés qu’entend leur imposer la direction, des dispositions qui risqueraient, si elles se prolongeaient, de remettre en cause la validité de leurs brevets.

Jeudi 19 Mars 2009

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