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Afrique et Europe s'unissent via le détroit de Gibraltar



Plus qu'un tunnel entre les deux Royaumes marocain et espagnol, le tunnel traversant le détroit de Gibraltar permettra de relier l'Europe à l'Afrique pour mieux renforcer les coopérations entre les deux continents.



Le projet compte trois tunnels dont un de service au centre (plan SECEGSA)
Le projet compte trois tunnels dont un de service au centre (plan SECEGSA)
Plus serpent de mer qu'ouvrage sous-marin, le tunnel ferroviaire entre le Maroc et l'Espagne remontre sa queue à la faveur d'un rapport d'évaluation présenté le 5 juillet 2013 à Genève lors d'une session du Conseil économique et social des Nations Unies (Ecosoc). Ce texte du secrétariat général de l'Onu, s'appuyant sur les activités réalisées entre 2006 et 2013 et le programme proposé pour 2013-2015, confirme la nécessité de sa construction pour consolider l'intégration régionale.
 
Ce tunnel sous-marin à trois galeries (deux ferroviaires circulaires et une de service sécurité) s'étendrait de Punta Paloma (10 km de Tarifa) à Malabata (près de Tanger) sur 37,7 km de long dont 27,7 sous la mer à une profondeur maximale de 300 mètres. C'est cette dernière donnée qui a privilégié ce tracé plutôt que celui plus court entre Cap Cirès et Punta Canales (14 km entre les deux rives) mais avec des fonds atteignant les 900 mètres.
 
Depuis 1869, et le projet du français Laurent De Villedemil, cet ouvrage destiné à joindre l'Afrique et l'Europe, aussi dénommé Afrotunnel, fait parler de lui. Toutes les hypothèses ont été évoquées, même celle d'un pont de 14 km, la combinaison de tunnels et d'une île artificielle, un tunnel flottant... , avant qu'en 1996, les deux pays tranchent pour un tunnel uniquement ferroviaire à l'image de celui sous la Manche.

Une facture comprise entre 4 et 5 mrds€

Emplacement des terminaux du tunnel (carte SECEGSA)
Emplacement des terminaux du tunnel (carte SECEGSA)
Au centre du projet, depuis trente cinq ans et la signature d'un accord de coopération entre Hassan II et Juan Carlos 1er, figure un comité mixte comprenant au Maroc la Société d'études du détroit de Gibraltar (SNED) et en Espagne la Société d'études de la communication fixe à travers le détroit de Gibraltar (SECEGSA). Toute deux entreprises publiques.

Les prévisions de trafic annuel sur la première galerie ferroviaire s’établiraient à 11,2 millions de passagers ferroviaires, 4,7 millions de passagers automobilistes, 460 000 poids-lourds et 1,6 million de voiture. La seconde galerie ferroviaire ne serait construite qu'en fonction de l'évolution du trafic pour atteindre une capacité de 50 millions de passagers et 6 millions de véhicules.
 
La durée de construction étant d'une quinzaine d'années, pour respecter l'échéance prévue en 2025 les travaux auraient déjà du démarrer depuis quelques années ! Le chantier débutera par le creusement de la galerie de reconnaissance d'un diamètre plus étroit.
 
Reste le problème du financement, évalué en janvier 2005 entre 4 et 5 mrds€ pour la première phase (un tunnel ferroviaire et une galerie de service). Selon les deux compagnies publiques en charge du projet, seule la construction de la galerie de reconnaissance (appelée à devenir le tunnel de service) bénéficiera de fonds publics. Le reste de l'ouvrage sera bâtie par le privé via une concession sur quarante ans (type BOT).

English version

Article réalisé en partenariat avec la BEI


Vendredi 6 Septembre 2013




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