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Yatir: une coopérative vinicole à la conquête des grandes tables du monde


En 2000, trois villages agricoles coopératifs israéliens (des «moshavs») décident de faire du vin, à la limite des montagnes de Judée et du désert du Néguev, dans une région où les Israéliens n’avaient jamais essayé de faire pousser des vignes. En créant une joint-venture avec Carmel, le plus important producteur de vins du pays, les viticulteurs de Yatir exportent déjà près de 40% de leur production.


Etablissement vinicole de Yatir. Photo ( DR)
Etablissement vinicole de Yatir. Photo ( DR)
ISRAËL. Les vins de Yatir ont déjà remporté quatre étoiles dans le Guide des vins du monde entier d’Hugh Johnson en 2011 et 2012 et ont reçu à plusieurs reprises 93 points du célèbre critique Robert Parker. Ce jeune établissement agricole, qui ne produit que 150 000 bouteilles par an, possède pourtant déjà des distributeurs sur trois continents et parmi les pays méditerranéens, en France et en Italie.

« Grâce à notre regroupement en coopérative, et notre association avec Carmel, nous avons pu dès le départ rationaliser nos investissements pour créer un vin de très  grande qualité» explique Yaakov Ben Dor, directeur de l'établissement vinicole de Yatir. Par ailleurs, le domaine étant situé en partie dans le Néguev, l’État israélien a financé 20% des premiers investissements, lors de la création de l’établissement vinicole, dans le cadre d’un programme gouvernemental de lutte contre l’avancée du désert.

« Le consortium avec Carmel qui fait du vin depuis le 19e siècle, et qui produit environ 15 millions de bouteilles par an nous a notamment permis d’exporter dès 2004 à l’étranger, en faisant appel aux distributeurs de Carmel présents un peu partout dans le monde.» Les exportations des vins de Yatir sont passées de 15% de la production annuelle en 2004 à 40% en 2011.

Des viticulteurs salariés

Vignes de Yatir. Photo ( DR)
Vignes de Yatir. Photo ( DR)
Jusqu’en 2006, Carmel détient 50% du domaine de Yatir, alors que l’autre moitié appartient aux viticulteurs des trois fermes communautaires, rassemblés en coopérative. « Nous avons fonctionné de cette manière pendant six ans, en partageant tous les investissements et les profits, à 50-50, entre la coopérative des  viticulteurs de Yatir et le Carmel Winery » précise Yaakov Ben Dor.

Mais les coûts de production sont vite devenus trop élevés pour les viticulteurs de Yatir et, en 2006, le consortium est abandonné pour un autre système de fonctionnement. « Aujourd’hui, la production des vins de Yatir et le bénéfice des ventes appartiennent à 100% à Carmel, alors que les vignes et l’établissement vinicole appartiennent entièrement à la coopérative des viticulteurs. Les viticulteurs reçoivent donc un salaire de la Carmel Winery, qui prend en charge non seulement  le marketing, la vente, mais aussi le transport des vins de Yatir, en Israël et à l’étranger » poursuit-il.

«Il est rare de trouver des exemples de coopératives qui font du vin de grande qualité. Pourtant, nous avons réussi à remporter ce pari, et à atteindre les grandes tables gastronomiques en Europe, aux États-Unis et en Australie» ajoute Yaakov Ben Dor.

Aujourd’hui Yatir est un exemple pour beaucoup de producteurs de vins, notamment pour certains viticulteurs italiens qui visitent chaque année le domaine de Yatir, pour s’inspirer de ce modèle de coopérative unique en son genre, qui fait du vin dans le désert.


Lire l'ensemble de notre dossier sur la logistique des vins méditerranéens


Hélène Machline à JÉRUSALEM


Lundi 20 Février 2012



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