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Vers une sortie de crise en Libye ?


Formé à l’étranger et soutenu par la communauté internationale, le nouveau gouvernement libyen de Fayez el Sarraj tente de s’imposer à ses rivaux de Tripoli et Tobrouk. Il engrange des points, mais reste confronté à l’hostilité de différentes forces.



La situation reste tendue à Tripoli. Photo BBC World Service
La situation reste tendue à Tripoli. Photo BBC World Service
LIBYE. Le gouvernement d’union de Sarraj qui a littéralement débarqué de la mer Méditerranée le 30 mars 2016 engrange des soutiens locaux.

Constitué à l’étranger fin 2015 sous le haut-patronage de l’ONU, le gouvernement Sarraj bénéficie du soutien des puissances occidentales.

Le lendemain de son arrivée, l’UE sanctionnait Aguila Saleh et Nouri Abou Sahmein, respectivement présidents des parlements de Tobrouk (dans l’Est du pays) et de Tripoli, ainsi que Khalifa al-Ghweil, chef du gouvernement "de salut national"  basé dans la capitale libyenne et non reconnu par la communauté internationale, pour obstruction à l’installation du nouvel Exécutif. La sanction consistait en l’interdiction d’entrée sur le territoire de l’UE et le gel de leurs avoirs.

Les Etats-Unis et la France, par la voix de Barak Obama et de François Hollande, ont également apporté leur soutien au nouveau gouvernement dont la priorité réside dans le "rétablissement de la stabilité"  dans le pays, grâce à une politique de réconciliation et de relance économique.

En dépit de l’opposition initiale des milices Fajr Libya qui contrôlent Tripoli, le gouvernement Sarraj semble progressivement réussir à convaincre un certain nombre de forces locales de s’arrimer à sa démarche. Le 31 mars 2016, il obtenait le ralliement de dix villes côtières situées dans l’ouest du pays, entre Tripoli et la frontière tunisienne. Les responsables de ces cités appelaient "tous les Libyens à soutenir le gouvernement d’union nationale" .

Le ralliement ultérieur des milices de Misrata aurait fait basculer la majorité de Fajr Libya du côté du gouvernement Sarraj. Quelques jours plus tard, c’était au tour de la Banque centrale libyenne (BCL) et de la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) d’intégrer la dynamique d’"union nationale".
 

Un moment crucial

La Libye risque l'éclatement. Photo DR
La Libye risque l'éclatement. Photo DR
Le 5 avril 2016, un communiqué du gouvernement  "de salut national" basé à Tripoli annonçait son sabordage au profit du gouvernement Sarraj. Cette annonce allait cependant être infirmée le lendemain 6 avril par un communiqué signé de Khalifa al-Ghweil qui demandait à ses ministres, sous peine de "poursuites" , de continuer leur "mission conformément aux lois en vigueur".

S’agit-il d’une simple initiative personnelle de Ghweil ou la dynamique de ralliement initiée par Sarraj a-t-elle atteint ses limites ? La confusion semble se réinstaller dans la capitale libyenne et compliquer ainsi la tâche du nouvel Exécutif.

Face à Daech qui occupe Syrte avec quelques 3 000 combattants, le gouvernement d’union nationale doit également convaincre le parlement reconnu internationalement, celui de Tobrouk, de se rallier à lui. La question du sort du général Khalifa Haftar devra être réglée. La réunification des différentes forces libyennes en vue de reconstruire le pays ne peut que conforter le sentiment d’une population lasse d’années de guerre, d’interventions étrangères et de chaos. L’Etat libyen a pratiquement disparu.

La grande question que se posent nombre d’observateurs est de savoir si le gouvernement Sarraj veut réellement le rassemblement du peuple libyen ou s’il n’est là que pour servir de paravent à une nouvelle intervention militaire occidentale à laquelle il fournirait une base légale.

L’avenir du pays serait alors gravement compromis et les risques de le voir éclater en trois Etats (Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan) deviendraient réels.
 


Sarah Kofi


Jeudi 7 Avril 2016



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