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Vers un investissement productif de diasporas en Méditerranée


Une cinquantaine d'experts sur les questions de diasporas a milité pour de nouvelles politiques en faveur de l'investissement des diasporas en Méditerranée à Marseille les 24 et 25 juin 2014.



Le séminaire de haut niveau était organisé par les équipes d'Emmanuel Noutary, délégué général d'Anima Investment Network à gauche, et de Tahar Rahmani, délégué général de l'ACIM, à droite. (photo F.Dubessy)
Le séminaire de haut niveau était organisé par les équipes d'Emmanuel Noutary, délégué général d'Anima Investment Network à gauche, et de Tahar Rahmani, délégué général de l'ACIM, à droite. (photo F.Dubessy)
MÉDITERRANÉE. Réunie à Marseille les 24 et 25 juin 2014 à la Villa Méditerranée à l'occasion d'un séminaire international organisé par l'Acim (l'agence de l'entrepreneuriat en Méditerranée) et Anima Investment Network, une cinquantaine d'experts sur les questions de diasporas a mené une réflexion sur le thème "pour de nouvelles politiques en faveur de l'investissement des diasporas en Méditerranée." Venus d'Europe, du Maghreb, d’Égypte, de Jordanie, du Liban et de Palestine, tous ont insisté sur "la nécessité pour les pays d'émigration de prendre conscience de la plus-value que représentent leurs diasporas pendant que les pays du Nord perçoivent le rôle positif que peuvent jouer ces communautés comme passerelles économiques entre les deux rives de la Méditerranée."

Pour Tahar Rahmani, délégué général d'ACIM,  "les transferts des fonds de migrants restent aujourd'hui majoritairement orientés vers la consommation des ménages restés au pays et l'immobilier alors qu'une très faible part est consacrée à l'investissement productif."  Face à ce constat, les participants du séminaire international militaient pour un changement de paradigme dans la relation partenariale entre l'Europe et les pays du sud de la Méditerranée. Avec tout d'abord un préalable souligné notamment par Emmanuel Noutary, délégué général d'Anima Investment Network, "la nécessité de dissocier les incitations à l'entrepreneuriat à l'investissement des politiques de retour."

Reste, comme le montre l'étude DiaMed réalisée par l'agence ACIM en collaboration avec Anima, que les obstacles demeurent nombreux pour favoriser ses investissements des diasporas dans leur pays d'origine : corruption, difficultés d'accès au financement tant public que privé, faiblesses de l'infrastructure, réglementation complexe et imprévisible, cadres juridiques inadaptés (notamment des droits de priorités mal définis qui freinent l'accès au foncier), problèmes de main d’œuvre... Rama Moughabghab, responsable marketing et communication de Investment Development Authority of Lebanon (IDAL -Liban) y ajoute "la problématique des diasporas de troisième et quatrième générations qui ont perdu tout contact avec la réalité du pays et à qui il faut s'adresser comme à des étrangers."

Six recommandations

Rana Moughabghab, responsable marketing et communication de Investment Development Authority Of Lebanon (IDAL, Liban) évoque les cas des troisième et quatrième générations (photo F.Dubessy)
Rana Moughabghab, responsable marketing et communication de Investment Development Authority Of Lebanon (IDAL, Liban) évoque les cas des troisième et quatrième générations (photo F.Dubessy)
La Conférence de Marseille accouche de six recommandations qui s’intègrent dans un plan d'action 2015/2020.

Créer dans chaque pays une structure de coordination et de médiation comme interlocuteur unique des investisseurs de la diaspora.
Donner la priorité aux dispositifs législatifs facilitant la circulation des compétences en Méditerranée, la portabilité des droits des binationaux et la baisse des taxes sur les transferts des migrants dans les agendas de régions ministérielles de l'Union pour la Méditerranée et de l'Union européenne, dans les déclarations de l'Assemblée parlementaire de la Méditerranée et dans l'agenda des parlements nationaux des pays de la Méditerranée.

Créer un fonds Diaspora abondé notamment par la Banque européenne d'investissement (BEI) qui agirait en co-investissement avec les acteurs financiers partenaires (banques, fonds de capital-risque, réseaux de business angels, financement participatif) doté d'un comité d'engagement mixte financiers, chefs d'entreprises des diasporas, structures d'accompagnement de projets.

Organiser une conférence annuelle des initiatives ciblant les talents expatriés en Méditerranée, sous l'égide de l'Union pour la Méditerranée.
Créer une plate-forme des réseaux économiques des diasporas euroméditerranéennes avec une plate-forme collaborative pour échanger les expériences entre associations et réseaux et pour favoriser le montage de projets de coopération entre les réseaux.

Loin d'être figées, ces recommandations issues du jour et demi de travail lors de ce séminaire vont évoluer. "Un comité de suivi des précédentes recommandations se réunira à deux reprises d'ici fin 2015 à Aqaba et peut être à Beyrouth. Nous allons maintenant relayer ces propositions auprès de l'Union pour la Méditerranée, l'Assemblée parlementaire de la Méditerranée et les différents réseaux" précise Emmanuel Noutary.

Vidéo "Les transferts d'argent des migrants : Comment optimiser leur impact sur le développement" (Banque Africaine de Développement)

Deux nouvelles conférences viendront affiner les recommandations de la Conférence de Marseille (photo F.Dubessy)
Deux nouvelles conférences viendront affiner les recommandations de la Conférence de Marseille (photo F.Dubessy)
Lundi 23 juin 2013 avait précédé le lancement du projet MedGeneration. Doté d'un budget de 1,92 M€ financé à 90% par l'Union européenne, il vise justement à mobiliser les diasporas économiques pour le développement des pays méditerranéens. Un programme coordonné par Anima Investment Network en partenariat avec la Chambre de commerce d'industrie et d'agriculture de Beyrouth Mont Liban (CCIA-BML), l'Incubateur des technologies de l'information et de la communication de Palestine (PICTI), l'Agence de promotion des investissements de Palestine (PIPA) et l'Office jordanien de l'investissement (JIB).


Lire aussi : La diaspora maghrébine : un potentiel économique à exploiter pour favoriser le développement économique de la région méditerranéenne




Mercredi 25 Juin 2014



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avis d'expert

Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
de la Turquie, associée
au groupe d’analyse
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