Vent favorable sur le marché des croisières en Méditerranée
Confortés par des taux de croissance à deux chiffres, les professionnels du secteur, réunis à Cannes pour la huitième édition du Seatrade Med, conservent leur optimisme malgré la conjoncture économique internationale incertaine.
Seatrade-Med Cannes 2010 : les participants à l'atelier sur l'avenir de l'industrie des croisières en France
FRANCE / MÉDITERRANÉE. Si la météo était maussade pour la huitième édition du Seatrade Med ; qui s’est achevé à Cannes le 2 décembre 2010, l’horizon reste dégagé pour les professionnels de la croisière. Des vents favorables accompagnent le secteur, épargné par la crise économique. Le nombre de passagers continue à progresser, il a atteint en 2009 près de 5 millions sur le marché européen (+ 12%) et le cru 2010 s’annonce plutôt bon. Le groupe Costa Crociere S.p.a., leader européen avec ses trois marques Costa Croisières, Aida Cruises et Iberocruceros, table selon son Pdg Gianni Onorato, sur une augmentation de 17% du nombre de passagers transportés (2,1 millions) en 2010. L’Europe représente 28,6% de parts de marché face à une Amérique du Nord (59,4%) qui, d’une année sur l’autre perd du terrain, (elle concentrait près de 70% de parts de marché en 2004). Une Europe tirée par le dynamisme des croisières en Méditerranée (60% de l’activité). L’Italie et la Grèce, premières destinations des croisiéristes représentent chacune 20% des transits, suivies par l’Espagne (17%) puis la France (8%) selon les chiffres du Conseil européen de la croisière. L’Europe est aussi un marché émetteur prometteur. « Si l’on s’en tient au taux de pénétration (nombre de croisiéristes rapporté à la population), face au 3,3% de l’Amérique du Nord, l’Europe, aujourd’hui à seulement 1,4%, présente un potentiel important » estime Pierfrancesco Vago, Pdg de Msc Cruises. Les chiffres le confirment. Dans le top five des marchés émetteurs européens, le numéro un, le Royaume-Uni a progressé d’un modeste 4% en 2009, mais l’Allemagne (+ 13%), l’Italie (+ 17%), l’Espagne (+ 18%) et la France (+12%) ont affiché des taux de croissance à deux chiffres.
Miser sur les escales en tête de ligne (photo CN)
« L’image de la croisière a changé. Elle est devenue un mode de vacances alternatif à d’autres et n’est plus affectée par la saisonnalité » constate Georges Azouze, président de l’Association française des compagnies de croisière. Avec près de 400 000 passagers français en 2010 contre 347 000 en 2009, la France rattrape petit à petit son retard et le Conseil national du tourisme ; vient de publier un rapport sur « l’essor prometteur des croisières en France », accompagné de propositions pour développer l’activité, destinées au ministre du tourisme. Marseille, devenue en 2010 première escale française en Méditerranée devant la Côte d’Azur avec près de 715 000 croisiéristes, fait figure d’exemple à suivre. « Il faut mettre l’accent sur les escales têtes de ligne" explique Jacques Truau, président du Club de la Croisière Marseille Provence. « Pour cela il faut disposer des moyens de pré et post acheminement nécessaires et pouvoir proposer aux compagnies des quais adaptés à l’accueil des paquebots de grande capacité » ce que fait Marseille alors que la Côte d’Azur est handicapée par l’inadaptation de ses infrastructures portuaires. Car l’avenir est aux gros porteurs ce qui permet aux armateurs d’optimiser les coûts d’exploitation et de proposer des prix compétitifs face à d’autres produits touristiques. Si la crise, en raison des aléas financiers, a ralenti le rythme des commandes de nouveaux navires, les unités aujourd’hui en chantier et qui seront livrées à partir de 2011, seront des géants des mer comme le Costa Favolosa qui accueillera à son bord 3 780 passagers. Le prochain Seatrade Med se tiendra à Marseille en 2012.
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