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Une formation adéquate : l’enjeu pour les pays du nord comme du sud


Le capital humain, centre d'un nouvel ordre économique mondial, a été le thème des 4ème Rendez-vous de la Méditerranée, le 22 novembre, à Marseille. Pour cela, il faut non seulement investir de façon coordonnée dans la formation mais également mettre en place les formations dont les entreprises ont besoin.



Jean-Louis Reiffers, directeur scientifique de l'Institut de la Méditerranée (copyright F.Dubessy)
Jean-Louis Reiffers, directeur scientifique de l'Institut de la Méditerranée (copyright F.Dubessy)
MEDITERRANEE. FRANCE. « L’inadéquation tant dans les pays du Nord que dans ceux du Sud de la Méditerranée, des systèmes de formation académiques et professionnels, et ceci à tous les niveaux du primaire au supérieur, s’avère extrêmement pénalisante pour l’insertion des jeunes sur le marché du travail ».

Tel est le constat fait par Jean-Louis Reiffers, directeur scientifique de l’Institut de la Méditerranée, et Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Economistes, tous deux organisateurs des 4èmes Rendez-vous Économiques de la Méditerranée qui se sont tenus à Marseille le 22 novembre 2008.

Pour les deux économistes, « Le choc macro économiques que nous vivons fait que, demain, le Capital humain sera, plus que le capital financier, au centre d’un nouvel ordre économique mondial, d’un new-deal planétaire. Or cette crise est l’occasion unique pour l’Europe et les pays riverains de la Méditerranée de rebondir, de redéployer leur capital vers les secteurs de demain porteurs d’un nouveau modèle de croissance ».

Rendez vous ministériel le 18 décembre

Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Economistes
Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Economistes
A partir de ce diagnostic, les deux économistes préconisent plusieurs mesures concrètes : la définition d’un même socle de base (maîtrise de la lecture, de l’écriture, des techniques de base de l’informatique, du calcul et d’une langue étrangère); l’identification des cinquante métiers d’avenir indispensables dans la région euro-med ainsi que les compétences liées et la mise en place d’un dispositif régional de mise à disposition de modules de formation et de formateurs ; la création d’un Erasmus tant pour les universitaires que pour les étudiants de sciences dures et appliquées ; et enfin la création de fonds spécialisés permettant la mobilisation de l’épargne privée pour les besoins éducatifs.

Jean-Hervé Lorenzi avait souligné en préambule de la journée de débats, que le thème choisi, « le capital humain, une chance pour la méditerranée », était un des thèmes majeurs de la sortie de la crise actuelle. Ce thème est d’ailleurs celui d’une rencontre ministérielle dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée, le 18 décembre prochain.

« La région Méditerranée a besoin de créer 6 à 7 millions d’emplois pour parvenir à un taux d’emploi comparable à celui de l’Europe. Le défi est important. L’investissement dans le capital humain est une des clés pour y parvenir », a rappelé Daniela Gressani, Vice présidente de la Banque Mondiale qui a estimé que le plus important était d’améliorer l’intermédiation et les liens entre le système éducatif et le secteur du travail.

Faire revenir les élites

« Le taux de chômage s’élève au fur et à mesure que le taux de formation s’élève. C’est un grand paradoxe ! », s'est alarmé Azzam Majoud, président de l’université El Manar de Tunis selon lequel, « s’il y a une grande initiative à prendre dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée, c’est la formation ».

« Avec 350 000 étudiants, soit autant en Tunisie qu’au Maroc, nous subissons une massification du nombre de d’étudiants et des diplômés mais les ressources ne suivent pas », a expliqué l’universitaire. Ce dernier estime que son pays souffre, au-delà de la dimension quantitative, d’un décalage entre l’offre et la demande d’emplois en raison de l’absence d’interface entre l’enseignement et l’entreprise, interface qu’il appelle des ses vœux.

Jean-Louis Guigou, délégué général d’IPEMed, a une autre vision : « La première chose à faire est de faire revenir les élites dans les pays du sud en suivant l’exemple de l’Inde. Pour qu’elles reviennent, il faut qu’elles soient rémunérées.

Il faut donc faire des champions au Maghreb, des Sophia Antipolis. Ce n’est pas une utopie. Les entreprises européennes qui gagnent le plus d’argent sont celles qui partagent la valeur ajoutée entre le Nord et le Sud »
. Mais pour cela, il faut faciliter la création de réseaux, favoriser la mobilité et associer entreprises et universités pour déterminer les besoins en formation.


Aliette de Broqua


Mercredi 26 Novembre 2008



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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