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Un paysage bancaire maghrébin contrasté

L'Union des Banques Maghrébines (UBM) vient de rendre publique une étude sur les établissements bancaires de la zone montrant une évolution contrastée du paysage selon les pays.


L'UBM, présidé par Othman Benjelloun, regroupe 60 membres.
L'UBM, présidé par Othman Benjelloun, regroupe 60 membres.
MAGHREB. Face à la polémique sur les conditions draconiennes d’octroi de crédits bancaires par les banques locales, qui sont accusées de freiner le développement économique de la zone, l’Union des Banques Maghrébines (UBM) a fait le point sur le système bancaire des trois pays concernés.

Elle vient de publier une étude montrant que « Le paysage bancaire maghrébin a beaucoup changé ces dix dernières années et (que) les banques à capitaux privés ou associant des partenaires étrangers prédominent avec un total de 50 sur 78 banques agréées ».

Pour l’UBM, « l’évolution du système bancaire maghrébin est due essentiellement au cadre légal très incitatif mis en place en matière d’investissement dans le secteur bancaire et financier d’une part et à la taille du marché de la région et de ses besoins économiques d’autre part ».

Les 62 banques de la région (sur un total de 78 établissements agréés) qui ont fait l’objet de l’étude affichaient fin 2007 un total de bilan de 212,8 mds$, en hausse de 24 % par rapport à 2006. Les dépôts de la clientèle atteignaient 163 mds$ (+25%) et les encours de crédits 108,2 mds$.

L'Algérie à la traîne pour la distribution de crédit

Le taux de transformation (ou d’intermédiation) s’élevaient à 66% en 2007, en baisse de 2 points par rapport à 2006. La distribution de crédits était la plus faible en Algérie (moyenne de 53%), le Maroc se situant à un niveau de transformation de 68% et la Tunisie à 96%.

Le ratio de solvabilité - rapport fonds propres/crédits – était de 16% en moyenne, en léger dépassement du ratio de 8%. Ce ratio se situe à plus de 60% pour la Mauritanie, entre 30 et 35% en Libye et autour de 14% pour le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.

En ce qui concerne les performances, la rémunération des fonds propres est en moyenne de 23% pour la région. Le ROE (rentabilité des fonds propres) est en évolution rapide au Maroc à 32% contre 26% en 2006, il est stable en Algérie à 28% et il se situe autour de 10% en Tunisie et en Mauritanie.

La Tunisie, le pays du Maghreb le plus bancarisé

L’étude fait un classement des banques du Maghreb. Les cinq premières en terme de produit net bancaire sont Crédit Populaire du Maroc (16%), Attijariwafabank (14,5%), BMCE (10,5%), Banque Extérieure d’Algérie (9,2%) et Banque Nationale d’Algérie (7,3%).

En terme de ROE, les cinq premières sont Crédit Populaire d’Algérie (36%), Crédit du Maroc (34,5%), BMCI (30%), SocGén Marocaine de Banques (21%) et la Banque Extérieure d’Algérie (19 %).

Le réseau bancaire marocain est le plus dense avec 2.632 agences soit 51% de l’ensemble, suivi de l’Algérie (1.131 agences) et de la Tunisie (1.102).

Mais rapporté à la taille du marché, le réseau algérien est le moins développé de la région. L’Algérie compte en effet une agence pour 31.000 habitants, contre une agence pour 12.540 habitants au Maroc et une agence pour 9.530 habitants en Tunisie qui se classe en première position en terme de bancarisation.

Les données détaillées sur le secteur bancaire maghrébin sont sur le site de l’UBM : www.ubm.org.tn


Aliette de Broqua


Lundi 23 Février 2009



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