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Un nouveau départ pour la métropole d'Alger


ALGÉRIE. Longtemps délaissée et abandonnée à son triste sort, la métropole d’Alger qui s’est considérablement développée depuis l’indépendance devrait être modernisée à la faveur du lancement d’un plan stratégique à l’horizon 2030.



ALGÉRIE. Alger a littéralement explosé depuis l'accession de l'Algérie à l'indépendance en 1962. À cette date, la ville comptait 900 000 habitants, dont plus de 300 000 Français, qui quitteront l'Algérie au cours des premiers mois de l'indépendance. La capitale algérienne comptait donc quelque 600 000 habitants en 1962.

Cinq décennies après, la ville compte près de 3 millions d'habitants et l'agglomération (Grand Alger) près de 7 millions. Cette explosion est le fruit d'une multitude de causes : exode rural consécutif à la guerre de libération nationale puis exode rural lié à l'industrialisation du pays, démographie galopante des années 1960 et 1970, centralisation administrative et concentration économique, guerre civile des années 1990, développement inégal du pays et des régions…

Si la population de la ville et de l'agglomération a explosé, le cadre bâti et les infrastructures n'ont pas suivi, ni quantitativement ni qualitativement.

Depuis une trentaine d'années, l'aménagement urbain s'est opéré de façon anarchique et informelle : vente des appartements et des commerces qui avaient le statut de biens vacants, terrains du domaine de l'État et même terres agricoles publiques massivement cédés aux particuliers et encouragement à la construction de maisons individuelles dans l'agglomération, libéralisation du marché immobilier et développement de la spéculation à large échelle…

Ce développement anarchique et informel de la ville et de sa périphérie immédiate et plus large obéissait cependant à une logique sous-jacente, celle de la libéralisation de l'économie que ce développement a initiée autant qu'il l'a accompagnée.

Le résultat, sur les plans fonctionnel, esthétique et social est catastrophique. Alors que des quartiers résidentiels formés de maisons individuelles généralement aussi coûteuses qu'affreuses ont poussé comme des champignons, d'immenses cités-dortoirs se sont érigées aux limites de la ville et dans la métropole du grand Alger. La construction tous azimuts n'a pas mis fin à l'érection de bidonvilles. Cette répartition spatiale a accompagné le processus de différenciation sociale accéléré qui s'est produit depuis 1980.

Echec de toutes les tentatives précédentes d’aménagement de la ville

Alger veut devenir le grand Alger (photo GT)
Alger veut devenir le grand Alger (photo GT)
L’anarchie a longtemps caractérisé l’organisation et le développement de la capitale et de son environnement immédiat. Des tentatives d’aménagement urbain ont certes été initiées. Mais elles ont toutes échoué.

Architecte-urbaniste, Akli Amrouche rappelle qu’un « plan d’organisation générale (POG) avait vu le jour en 1975. C’était une étude régionale pour la wilaya (département) d’Alger qui englobait quatre wilayas du Centre situées autour de la capitale. »

Le POG prévoyait, selon Amrouche, la construction de « villes satellites en couronne pour ‘’absorber’’ l’exode rural vers Alger. » Il prévoyait également le lancement de grands projets urbanistiques : universités, complexes sportifs, salles de spectacles, édifices administratifs et institutionnels…

Mais, rappelle l’architecte-urbaniste, le POG sera finalement « abandonné suite au rapport du Bureau national d’études pour le développement rural (Bneder) qui voulait sauvegarder les terres agricoles de l’est algérois ». Cet abandon n’empêchera malheureusement pas ces terres agricoles d’être consommées par le développement de l’habitat urbain.

À compter de 1996, une nouvelle tentative d’aménagement de la capitale va voir le jour avec la création du Gouvernorat du grand Alger (GGA). Le Gouverneur, Chérif Rahmani, avait un statut de quasi-ministre.

Cette période, rappelle Akli Amrouche, se caractérisera par la multiplication « des concours d’idées, d’expérimentations diverses, de tentatives de découpage en arrondissements, du lancement du projet du millénaire… » Le grand projet urbain (GPU) se fixait pour buts de consolider plusieurs quartiers du centre et d’étendre « la ville vers l’Est pour renouer avec la mer à laquelle Alger tourne le dos ». Il s’agissait également, note l’architecte-urbaniste, « d’exploiter les réserves foncières encore importantes dans cette zone de l’Est ». Mais l’expérience du GGA ne durera que quelques années et ne survivra pas au passage au XXIe siècle. La faiblesse des moyens financiers du fait du bas prix des hydrocarbures sur le marché mondial et l’absence de volonté politique forte ne permettront pas, selon Amrouche, à l’expérience du Gouvernorat du grand Alger de réussir.

«Officiellement, le Gouvernorat d'Alger a été déclaré anticonstitutionnel, il avait introduit une façon inédite de gérer la capitale, une manière qui bousculait les habitudes », précise cet expert.

Le GGA sera dissout et la gouvernance de la capitale et de son agglomération reviendra à la wilaya d’Alger.

Plan stratégique à l’horizon 2030

Depuis quelques années, les pouvoirs publics ont décidé de lancer un plan stratégique à l’horizon 2030.

Reprenant, selon Amrouche, « beaucoup d’idées développées par le POG et le GPU et disposant cette fois d’une aisance financière », le nouveau projet s’est lancé dans « la réalisation de grands projets emblématiques qui sont déjà en chantier : grande mosquée du bord de mer à Mohamadia, assainissement de oued el Harrach, édification des facultés de médecine et de droit, de nouveaux stades, de routes, de gares routières, de parkings… »

L’aménagement du littoral à l’est du port d’Alger ainsi qu’à Bab el Oued à l’ouest de la ville devrait permettre aux Algérois de renouer, dès l’été 2013, avec la mer. L’aménagement des plages permettra aux Algérois qui ne disposent pas de moyens de transport particulier de se baigner au centre-ville.

Le wali (préfet) d’Alger avait annoncé à la fin 2011 que la ville serait dotée d’une enveloppe de deux mrds€ pour se moderniser. Le réseau de transports ne sera pas en reste avec l’extension des premières lignes de métro et de tramway qui sont entrées en fonction en 2012. Une nouvelle aérogare internationale devrait être lancée à Dar el Beïda.

La modernisation de la ville constituera ainsi une aubaine pour les Algérois et pour tous ceux qui se rendent dans la capitale. Mais elle ne règlera pas par enchantement les problèmes structurels auxquels la métropole est confrontée. Il s’agit en premier lieu de la centralisation administrative et politique et de la concentration d’une bonne part de l’activité économique du pays au sein de l’agglomération algéroise. Capitale économique et politique du pays, Alger étouffe.

Un autre problème réside dans le risque sismique qui touche toute la partie littorale du territoire algérien et qui menace potentiellement 90% de la population du pays.

À quand le déplacement de la capitale vers l’intérieur du pays ? Comme on peut le constater, l’avenir d’Alger dépend autant de sa modernisation que de la politique d’aménagement de tout le reste du territoire algérien

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A. Belkessam, à ALGER


Jeudi 11 Avril 2013



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