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Un Saint-Siège en déficit mais une Cité État qui se porte bien


VATICAN. Jorge Mario Bergoglio vient d'être élu pape et règnera sous le nom de François. Numéro un de l'Église catholique romaine, ce haut personnage devient également le chef d'un État.



Le Vatican dispose d'un budget de 245 M€ (photo BL)
Le Vatican dispose d'un budget de 245 M€ (photo BL)
VATICAN. Jorge Mario Bergoglio vient d'être élu mercredi 13 mars pape et règnera sous le nom de François. Numéro un de l'Église catholique romaine, le 266e pape devient également le chef d'un État, le Vatican, doté d'un budget de 245 M€. Une monarchie élective et un pouvoir absolu puisque François 1er concentre désormais entre ses mains l'exécutif, le législatif et le judiciaire.

La cité du Vatican, État indépendant de 0,44 km² créé par les Accords de Latran entre l'Italie et le Saint-Siège le 11 février 1929, comprend une population de 832 habitants (dont 450 bénéficient de la nationalité vaticane). La moitié d'entre eux réside hors des murs du Vatican.

Les bilans financiers du Vatican ne sont présentés, par les cardinaux en charge de contrôler les finances du Saint-Siège (organe de gouvernement de l'Église catholique romaine) et de l’État de la Cité du Vatican, qu'en juillet de chaque année. Donc nous ne disposons aujourd'hui que des chiffres concernant l'exercice 2011.

Les comptes du Saint-Siège reviennent dans le rouge après une année 2010 positive de 9,85 M€, simple éclaircie qui n'aura duré qu'un exercice. Le déficit 2011 s'élève à 14,89 M€. Le Vatican explique ce chiffre par la crise boursière, le coût des salaires de ses 2 832 employés, mais aussi par des dépenses pour ses médias (principalement Radio Vatican, le Centre de télévision du Vatican et le journal l'Osservatore Romano) en hausse constante.

Si le budget du Saint-Siège se porte plutôt mal, celui de l’État, du Gouvernorat de la Cité du Vatican, totalement autonome et indépendant des contributions du Saint-Siège, reste positif. Il affiche un excédent de 21,84 M€ attribuable notamment à la bonne fréquentation des musées du Vatican dont les recettes atteignent 91,3 M€ (82,4 M€ en 2010) avec 5 millions de visiteurs.
Autres sources de revenus, les émissions de timbres postaux et de monnaies, la vente de publications et les revenus provenant de placements mobiliers et immobiliers.

L'État du Vatican employait, au 31 décembre 2011, 1 887 salariés.

Des contributions en hausse

Le Saint-Siège dispose de trois sources de revenus : l'Institut pour les œuvres de religion, les contributions volontaires de groupes ou de particuliers et les intérêts rapportés par les investissements du Vatican.

D'abord, l'Institut pour les œuvres de religion (IOR), aussi abusivement appelé Banque du Vatican (Banco Vaticano), a été créé le 27 juin 1942 par Pie XII et son siège se situe dans la Cité du Vatican. Il s'agit d'une banque privée de 130 salariés qui gère 6,3 mrds€ de patrimoine et quelque 44 000 comptes. Et non pas d'une quelconque Banque centrale du Vatican. Tous les profits de l'IOR vont à des œuvres religieuses et charitables. L’institut a ainsi apporté en 2011 une contribution de 49 M€ au ministère apostolique de Benoît XVI.

L'IOR a connu de nombreux scandales (principalement soupçons de blanchiment d'argent de la drogue) dont le plus récent a conduit au limogeage de son président Ettore Gotti Tedeschi en mai 2012. Aujourd'hui, toutes les opérations de l'IOR se trouvent sous surveillance et le financier allemand Ernst von Freyberg (Ordre des Chevaliers de Malte) préside à sa destinée.

Ensuite, les contributions volontaires de groupes ou de particuliers, aussi dénommées le denier de Saint-Pierre (Obolo di San Pietro), représentent les dons des catholiques et des diocèses à travers le monde. Les dons de particuliers ont atteint en 2011 les 69,7 M$ (53,8 M€). Les diocèses ont eux apporté 32,12 M$ (24,8 M€) contre 27,36 M$ (21,13 M€) en 2010. Le tout a augmenté de 7,54% par rapport à 2010.

Enfin, les intérêts rapportés par les investissements du Vatican. Le patrimoine du Vatican représente 600 M€ auxquels il faut ajouter les 5 mrds € du patrimoine de l'ensemble de l'Église catholique aussi gérés par l'IOR.

L'euro mis en pièce

Les euros en cours à l'effigie de Benoît XVI (photo DR)
Les euros en cours à l'effigie de Benoît XVI (photo DR)
La politique monétaire du Vatican est assurée par l'Administration du patrimoine du siège apostolique et par l'Autorité d'information financière et non pas par la "Banque du Vatican", banque privée.

Fondée en août 1967, l'Administration du patrimoine du siège apostolique (APSA) gère les biens du Saint-Siège pour assurer le fonctionnement de la Curie romaine.

Créée le 30 décembre 2010, l'Autorité d'information financière contrôle les activités monétaires et commerciales des établissements du Vatican. Du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican, jusqu'aux musées, mais aussi le supermarché et la pharmacie du Vatican.

S'il n'est pas État membre de l'Union européenne, le Vatican dispose de sa propre monnaie libellée en euro et à l'effigie du Pape depuis le 1er janvier 2002 en vertu d'un accord avec l'UE. Ces pièces sont frappées par l'Institut Polygraphe et Hôtel de la Monnaie de l’État en Italie. Pour une valeur maximale d'un million d'euros par an. Mais l’État ne dispose que de pièces, car il n'est pas autorisé à émettre des billets. Le Vatican bénéficie d'une convention monétaire avec l'Italie.

C'est la branche italienne de la Deutsche Bank qui gère les paiements électroniques de la Cité du Vatican. Mais, depuis le 1er janvier 2013, faute d'avoir acquis les standards requis au niveau international contre le blanchiment d'argent, le Vatican s'est vu imposé par l'Italie le blocage de tout paiement via un terminal électronique. Il n'est donc plus possible de payer en carte bancaire ni de retirer de l'argent à un distributeur de billets, car, illégaux, ils ont tous été désactivés. Ni même de faire des dons au denier de Saint-Pierre par carte bancaire.




Mercredi 13 Mars 2013



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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