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Ultimatum des contestataires libanais


LIBAN. À l'image de Rihetkoun, les collectifs qui encadrent les manifestants de Beyrouth ont donné jusqu'à mardi 1er septembre 2015 au gouvernement libanais pour résoudre la crise des ordures.



Les manifestations se multiplient au Liban (Photo L.N.Assaf)
Les manifestations se multiplient au Liban (Photo L.N.Assaf)
LIBAN. À l'image de Rihetkoun (vous puez), les collectifs qui encadrent les manifestants de Beyrouth ont donné jusqu'à mardi 1er septembre 2015 au gouvernement libanais pour résoudre la crise des ordures, limoger le ministre de l'environnement et juger les responsables des violences commises lors de la manifestation du 22 et 23 août 2015, dont le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk. Sans attendre la fin de leur ultimatum, une vingtaine de manifestants ont mis leurs menaces à exécution en occupant mardi 1er septembre le ministère de l'environnement. Ils promettent une "escalade" si le gouvernement ne satisfait pas leurs revendications. Les forces antiémeutes les ont évacué sans ménagement.

Les ordures ne sont plus ramassées à Beyrouth depuis le 17 juillet 2015. La décharge de la ville a fermé et le contrat du concessionnaire chargé de la collecte des déchets, la société Sukleen, est arrivé à terme sans qu'un successeur soit désigné, car les différents clans qui dirigent le pays veulent tous voir leurs « amis » remplacer Sukleen. Il faut dire que l'affaire s'avère intéressante avec un coût de ramassage de 160 $ (142€) la tonne contre 90 $ (80€) en Algérie, pourtant second pays le plus cher de la région. Sukleen appartient à des amis du clan Hariri, au pouvoir au moment de l'appel d'offres... Selon Rabih El-Chaër, directeur du collectif Sakker el Dekkéné (Ferme ta boutique), les conditions de l'appel d'offres proposé par l'actuel gouvernement écarteraient les spécialistes du secteur au profit d'acteurs proches de la classe politique.
 
Cette crise des ordures illustre la déliquescence de la classe politique libanaise, minée par le clientélisme et la corruption. Les Libanais qui manifestent dénoncent les coupures d'électricité et d'eau, la mauvaise qualité du ramassage des ordures, des transports publics inexistants, des systèmes de couverture sociale et de retraites embryonnaires. Ils estiment que le gouvernement se trouve incapable de diriger le pays car divisé en communautés avec d'un côté les musulmans du Hezbollah et de l'autre le clan chrétien des Hariri. Les Libanais réclament un Etat qui joue son rôle et ils le font savoir par dizaines de milliers chaque week-end dans les rues.

Les collectifs exigent l'organisation d'élections législatives pour mettre fin au partage du pouvoir en fonction des quotas confessionnels. Le Parlement, qui n'a pas été renouvelé depuis 2009, a déjà prolongé le mandat des députés à deux reprises. Ils demandent le départ du gouvernement et l'élection d'un chef de l'Etat dont le fauteuil reste vide depuis plus d'un an faute d'accord entre musulmans et catholiques.
 
La classe politique tente bien sûr de réagir en essayant de récupérer, d'infiltrer ou de briser le mouvement. Les week-ends de rassemblement ont donné lieu à de violents affrontements.
 
Sur son site Amnesty International regrette que « face à des manifestants majoritairement pacifiques rassemblés au centre de Beyrouth, les forces de l'ordre ont réagi en tirant en l'air des balles réelles, en tirant des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes, en utilisant des canons à eau, et parfois en jetant des pierres et en frappant les manifestants à coups de matraque et de fusil. Les responsables libanais doivent faire savoir clairement aux forces de sécurité que de telles attaques contre des manifestants pacifiques ne seront pas tolérées. Ils doivent veiller à ce que des enquêtes indépendantes soient menées dans les meilleurs délais et à ce que les policiers et les soldats soupçonnés d'avoir recouru à une force abusive ou excessive soient déférés à la justice. »


Gérard Tur


Mardi 1 Septembre 2015



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