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Trois scénarios de long terme…


Par Bénédict de Saint-Laurent, conseiller Anima



Bénédict de Saint-Laurent, conseiller Anima, évoque trois scénarios de sortie de crise (photo F.Dubessy)
Bénédict de Saint-Laurent, conseiller Anima, évoque trois scénarios de sortie de crise (photo F.Dubessy)

Sur un plan politique, la réflexion d'ANIMA évoque trois scénarios à plus long terme pour le futur économique de cette "région globale" qu'est l'Euromed:


Le scénario du pire, ou scénario Atlantide. La région entière, sur les deux rives, a des atouts patrimoniaux forts (civilisations, culture, sites, climat, ressources naturelles, etc.), mais une capacité à entreprendre faible, au moins si l'on compare aux deux autres blocs principaux de l'Amérique (ALENA + Comasur) et de l'Asie (Chine + ASEAN + Inde). Si une alliance euro-méditerranéenne ou euro-africaine forte n'émerge dans la décennie à venir, cette région du monde ne disparaîtra certes pas comme un continent perdu (l'Atlantide…), mais pourrait se trouver largement marginalisée et dominée dans le système mondial. 


Le manque de leadership, les divergences stratégiques et le vieillissement du modèle de l'UE d'une part, le manque d'intégration, les conflits actuels ou latents, et les défis difficiles des pays MED d'autre part limitent la compétitivité de l'Euromed. Dans ce scénario, les synergies potentielles entre les deux rives sont gaspillées et les fractures existantes (économique, religieuse, politique…) aggravées. C'est, d'une certaine manière, un scénario "ne rien faire" – Europe incapable d'adopter une vision proactive du rapport avec son sud, gouvernements MED davantage intéressés à maintenir leur pouvoir qu'à développer leur pays, élites et capitaux en fuite, manque de décideurs courageux et prophétiques s'appliquant à mettre fin à des conflits interminables, sociétés démissionnant face à l'extrémisme ou au populisme. 


Le scénario de la continuité. Le dialogue Euromed continue, non sans arrêts et avatars. Le processus politique entraîne quelques avancées pour le business. Les entreprises coopèrent, mais ne sont pas entièrement libérées de certains obstacles (visas, déséquilibres des accords commerciaux, bureaucratie, mise en place fastidieuse de normes communes etc.). 


Quelques engagements émergent de crises périodique, mais il manque une détermination à long terme– d'où d'inévitables retards, comme la zone de libre échange prévue pour 2010, le démarrage laborieux de l'UpM, ou les fonds insuffisants (le ratio bien connu de 1 à 40 entre fonds structurels destinés respectivement à MED et aux PECO).  



Dans ce scénario, le territoire MED mélange plusieurs modèles : quelques espaces d'excellence (métropoles, pôles industriels ou logistiques, technoparcs) capables de fixer le meilleur des activités et des citoyens de MED ; nombreuses enclaves touristiques; vastes banlieues urbaines sous- équipées etc. A peu d'exceptions près (compagnies pétrolières), l'industrie dépendra de multinationales OCDE ou émergentes (les Tata, Mittal, CNPC, Bunge, Emaar etc.). MED et Europe vivront un déclin relatif vis à vis de l'Asie et de l'Amérique. 


Le scénario idéal. Tous les conflits sont résolus (peut-être parce qu'ils apparaissent comme secondaires, comparés aux défis de la planète…). L'organisation MED-15, associée à part entière de l'UE-35, est créée dès 2015, et ces 50 Etats sont tous partie d'une Union prospère pour la Méditerranée. La complémentarité Euro-Med est encouragée en termes de mouvement des biens et des personnes. Une banque de développement accompagne la multiplication des projets et des partenariats d'affaires. 


Un Traité est signé, faisant de la Méditerranée un laboratoire mondial pour des approches industrielles basées sur l'innovation, la responsabilité sociale, le souci environnemental etc. Un accès large à l'Internet facilite la mise en place d'une véritable économie de la connaissance sur tout le bassin. 



Évidemment constitué de millions de décisions individuelles, ce scénario implique surtout un ensemble de choix collectifs basés sur la rationalité à long terme : préférence systématique pour des projets durables, développement de la subsidiarité et de la responsabilité locale, engagement en faveur d'une coopération régionale approfondie, priorité à l'éducation et à la formation, vraies chances économiques données aux entrepreneurs, en particulier aux jeunes, femmes et diasporas.

A nous tous de choisir ! 



English version



Voir l'analyse complète d'Anima sur l'impact de la crise en Méditerranée (en français)  


Read the global analysis (in english)  





Vendredi 19 Novembre 2010



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Jeudi 25 Novembre 2010 - 19:15 Les politiques structurelles signent leur retour

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