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Triste anniversaire pour l'euro


Une décennie sous les couleurs de l'euro et déjà des menaces pour la monnaie unique. Accusée de tous les maux, devant sans cesse faire le gros dos face aux crises successives depuis 2008, elle jouera en 2012 sa survie.



Billets de 500€ prêts à entrer en circulation (photo Bundesbank)
Billets de 500€ prêts à entrer en circulation (photo Bundesbank)
EUROPE. L'euro a fêté ses dix ans le 1er janvier 2012 dans l'indifférence totale. L'enfant roi de l'Union européenne utilisé par 332 millions de consommateurs se trouve désormais déstabilisé par les dettes souveraines et autres déficits publics. Il veut continuer de jouer dans la cour des grands mais l'heure de la fin de la récréation pourrait bien sonner pour une monnaie unique... en son genre. L'heure est à un comportement plus studieux.

L'année 2011 aura été une annus horribilis pour la première monnaie au monde par la quantité en circulation (14,2 mrds de billets et 95,6 mrds de pièce d’une valeur totale de respectivement 847 mrds et 22,8 mrds € au 1er juillet 2011). Et seconde pour les transactions après le dollar américain.

Une année à marquer d'un fer rouge à l'image de la couleur des comptes des États européens. Les festivités des dix ans symbolisent la rigueur : la Banque centrale européenne (BCE) se contentera d'un jeu-concours pour les enfants du 1er janvier au 31 mars 2012 et d'une journée porte ouverte dans le sacro-saint temple de l'euro à Francfort sur le Main le dimanche 29 avril 2012.

Hélas, 2012 n'offre guère plus d'espoir. La monnaie unique continue à être chahutée et à battre des records de baisse face au Dollar (1,29 pour 1 € ce 2 janvier 2012 à 18h) et au Yen (99,36 pour 1 €).

Une monnaie plus trébuchante que sonnante

Une pièce de 2 euros et son modèle en plâtre avant la mise en circulation en janvier 2002 (photo BCE)
Une pièce de 2 euros et son modèle en plâtre avant la mise en circulation en janvier 2002 (photo BCE)
Quand l'euro pointe sa tête officiellement le 1er janvier 1999 dans les marchés financiers, les sourires européens éclatent. Digne successeur de l'Ecu (European Currency Unit née en 1979 comme unité de compte européenne), l'euro devient la première monnaie unique à l'échelle d'un continent.

Le 1er janvier 2002, l'euro arrive directement dans les portefeuilles des habitants de douze pays européens. Un basculement colossal avec l'introduction de 15 milliards de billets et 52 milliards de pièces du jour au lendemain dans onze pays européens. Le passage du scriptural au fiduciaire aura soulevé tous les espoirs.

Le Royaume-Uni et le Danemark mis à part, l'engouement pour la monnaie européenne était alors tel que les pays se bousculaient pour l'adopter. Jusqu'à atteindre le nombre de dix-sept pays sous les couleurs de l'euro. Le fiduciaire victime paradoxale d'un excès de confiance ? On peut se poser la question avec l'arrivée de pays comme la Grèce.

En 2002, l’Union européenne connaissait enfin une nouvelle étape concrète à sa construction. L'euro devenait le ciment de l'économie européenne. Depuis, les colmatages successifs n'ont pas réussi à combler les brèches. Et la monnaie unique s'avère plus trébuchante (dans l'autre sens du terme) que sonnante ! Le pronostic vital est engagé.

L'euro accusé de tous les maux

Billets en attente d'alimenter les distributeurs en Allemagne en décembre 2001 (photo Bundesbank)
Billets en attente d'alimenter les distributeurs en Allemagne en décembre 2001 (photo Bundesbank)
Dans plusieurs pays, 2012 marquera la fin de l'échange entre anciennes devises et euros. Ainsi, en France, les billets libellés en Franc ne seront plus échangés après le 17 février 2012 (17 février 2015 pour les pièces). En Grèce, les billets en Drachme ne seront plus échangés après le 1er mars 2012. A moins d'un retour en arrière !

Car cette idée d'une sortie de l'euro demeure de plus en plus évoquée pour la Grèce. Certaines Cassandres parlent même du Portugal ou de l'Italie. Un journal français, la Tribune, n'hésite pas d'ailleurs à titrer dans son édition du 2 janvier 2012 : "l'euro passera-t-il 2012?".

Même si, selon un sondage IFOP/JDD publié le 31 décembre 2011, seuls 36% des Français souhaitent un retour au Franc, la question de la survie de l'euro se pose belle et bien.

L'euro sera-t-il sacrifié sur l'autel de la crise de la dette ? Crise financière en 2008, débandade grecque en 2011, dettes souveraines effrayantes, la pauvre monnaie se trouve aujourd'hui accusée de tous les maux par certains. Osera-t-on qualifier d'europessimistes ces détracteurs ?

Comme un signe d'une volonté de renaissance, une deuxième série de billets en euros devrait être lancée progressivement en 2012 et dans les années suivantes. Des coupures plus difficiles à contrefaire.

Dans le sondage IFOP/JDD précédemment évoqué, 81% des Français affirmaient que le passage à l'euro s'est traduit par une forte hausse des prix.

Pourtant, comme le révèle une enquête du magazine français UFC-Que Choisir, l'euro n'est pas le seul responsable de la hausse des prix. L'étude montre que la plupart des prix alimentaires a bien augmenté en dix ans (+27% pour la baguette de pain, +47% pour le poulet label rouge...) mais qu'en parallèle, les tarifs des voitures, télévisions et matériels électroniques ont fortement baissé. Selon UFC-Que Choisir, les prix de la plupart des produits de consommation courante ont "grimpé nettement plus vites que l'inflation" mais "le temps de travail nécessaire à l'acquisition de ces produits a plutôt diminué."  Il faudrait ainsi travailler vingt secondes de moins qu'il y a dix ans pour se payer une baguette de pain et sept mois au lieu d'un an pour une Clio pour un Smicard. Travailler moins pour dépenser plus ? Anecdotique il est vrai ! D'autant plus que pour s'acheter le fameux poulet label rouge, il faudra suer quatre minutes et trente-trois secondes de plus.

Sur les questions de baisse du pouvoir d'achat, le journal invite les Européens à réfléchir sur les nouvelles "dépenses contraintes de plus en plus lourdes" générées depuis dix ans avec, pour ne citer que celles-là, le téléphone portable, mais aussi les abonnements et achats sur Internet.




Lundi 2 Janvier 2012



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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