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Transdev ne fait plus de châteaux en Espagne


Echaudé en Espagne par une concurrence qu’il dit trop favorable aux compagnies ibériques en temps de crise, le groupe français de transports investit ses équipes locales au Maghreb, et surtout au Maroc.



Le tramway et les projets ferroviaires des Canaries sont les meilleurs accessits du groupe français (photo Dunouau-Transdev)
Le tramway et les projets ferroviaires des Canaries sont les meilleurs accessits du groupe français (photo Dunouau-Transdev)

ESPAGNE / MAROC / FRANCE. Ces jours ci, Dominique Gauthier, le directeur général Ibéria de Transdev , est optimiste. Sa société est retenue à l’issue de la première étape de l'appel d’offre du tramway de Rabat, au Maroc. Contexte favorable, le projet est ambitieux, dans un pays qui pense en termes de transports urbains.  Véolia, avec qui Transdev discute fusion au plan international, gère le réseau de bus de la ville.
 

 

Ce sont les équipes de Transdev en Espagne et au Portugal qui se sont investies dans la conquête de ce marché. Idem pour celui de Casablanca, qui doit sortir avant l’été. « là-bas ça bouge », commente Dominique Gauthier.  

 

Transdev, sous d’autres climats, prépare aussi une proposition pour l’appel d’offres du tramway de Dublin, tout en restant à l’affût des politiques de transport publics en Algérie.


26 appels d'offres annoncés mais seuls deux sont lancés

Transdev a adopté cette stratégie du richochet par déception. La filiale transports de la Caisse des Dépôts et Consignations pensait pourtant réaliser une percée rapide en Espagne, en 2006, quand la croissance espagnole était la plus belle d’Europe.
 

 

« 26 appels d’offres ont été ou lancés, ou annoncés pour des projets de tramway au moment où nous avons misé sur le marché espagnol » rappelle le DG de Transdev. « la crise de 2008 a tout remis en cause. Mis à part Saragosse et Murcia, aucun n’est sorti, ceux d’Alicante et de Grenade sont sans cesse annoncés, sans cesse reportés ».
 

 

Bref, pour le moment, la compagnie française n’y croit plus vraiment. D’autant que ses écarts de stratégie se sont heurtés à l’absence d’ancrage local. Transdev cherche à entrer sur le marché des lignes de car intercités, sans grand succès. « Il faut être Espagnol ou posséder une société espagnole » estime le DG de Transdev Iberia. Et dans le ferroviaire le marché est plat, mis à part les projets de TGV.


Le CA a été longtemps tiré par l'activité au Portugal

Dominique Gauthier mise désormais sur les marchés d'Afrique du Nord (photo Transdev)
Dominique Gauthier mise désormais sur les marchés d'Afrique du Nord (photo Transdev)

Cependant la société tient le bon bout aux Canaries, où elle emploie 180 personnes dans une société mixte montée avec le gouvernement local. MTSA, gère le tramway, et mène aussi les pré études du système de transports rapides en projet dans le sud de l’île, prévu à l’horizon 2017.
 

 

Parallèlement, Transdev se désengage de Madrid en vendant ses parts dans la société gestionnaire du métro léger, où OHL est majoritaire.
 

 

Avec un CA en augmentation constante, Transdev Iberia semblerait pourtant bien devoir s'ancrer en Espagne : 195 M€ attendus pour 2010, contre 130 en 2009 et 90 en 2008. « Mais notre croissance est surtout due à nos activités au Portugal » nuance immédiatement Dominique Gauthier.


Pas de croissance externe prévue

Au Portugal, Transdev mise prioritairement sur Internorte . L'autocariste gère onze destinations européennes  et réalise 65 M€ de CA,. Mais sur d'autres marchés portugais, malgré des innovations intéressantes comme les systèmes d’auto-partage, ça se passe moins bien. Transdev vient de perdre la concession du métro de Porto, qu’elle exploitait depuis 2002, face au portugais Barraqueiro, allié à Kéolis. Un changement de concessionnaire contesté en justice.


 

Ses équipes redéployées au Maghreb, Dominique Gauthier positive en estimant y avoir trouvé un relais de croissance. Quand à l’Espagne, « nous ne voyons pas de sortie de crise se profiler. » regrette-t-il.

Transdev n'ented pas profiter de la crise pour tenter une croissance externe, notamment dans les transports routiers. « Quand tout allait bien, en 2006, les entreprises étaient trop chères pour être rentables pour l’acheteur" constate-t-il. "Maintenant elles sont dépréciées, mais comme nous n'investissons plus en Espagne…" . La balle reste dans le camp des pouvoirs publics. Sortiront-ils enfin de leurs cartons leurs projets de tramways ?


 






Jeudi 4 Mars 2010



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