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Tourisme durable : vers un cadre stratégique régional en Méditerranée


   


Première destination touristique au monde, la région Méditerranée a besoin d’un cadre de référence pour concilier développement durable et montée en puissance du nombre des visiteurs.



Les Vénitiens se plaignent de l'arrivée de hordes de croisiéristes qui ne restent qu'une heure en ville (photo : F.Dubessy)
Les Vénitiens se plaignent de l'arrivée de hordes de croisiéristes qui ne restent qu'une heure en ville (photo : F.Dubessy)
Si le tourisme est porteur de croissance - il pèse en Méditerranée 11 % du PIB de la région et  génère 11 % des emplois -  il s’accompagne d’épuisement des ressources naturelles, de pollution accrue, de dégradation du patrimoine culturel  ou encore d’une distribution des revenus qui ne profite pas toujours aux populations locales. Proclamée année internationale du tourisme durable par les Nations Unies, 2017 donne donc l’occasion de lancer plusieurs chantiers.

Avec plus de 300 millions d’arrivées chaque année, 500 millions prévues à l’horizon 2030, la Méditerranée est devenue la première destination touristique au monde. Dans un rapport publié en mai 2017, le Plan Bleu dresse un état des lieux. Il propose des orientations stratégiques pour inscrire le développement de ce tourisme dans une démarche soutenable. Les protestations des Vénitiens ou des Croates de Dubrovnik contre le débarquement en masse, pour quelques heures, de milliers de croisiéristes soulignent les limites rencontrées aujourd’hui. Les problèmes de sécurité, liés au terrorisme ou à l’instabilité politique, constituent un autre enjeu majeur.

Promouvoir un tourisme durable ne constitue pas une préoccupation nouvelle. De multiples textes ont déjà été adoptés, tant à l’international (Nations Unies, OMT …) qu’aux niveaux régionaux (Convention de Barcelone avec notamment la SMDD 2016/2025, Union européenne …)  et nationaux. Pourtant, précise Jean-Pierre Giraud, secrétaire général délégué du Plan Bleu,  « il n’existe pas de dispositif régional dédié au tourisme durable pour la région Méditerranée. Notre rapport vise à apporter de la cohérence et proposer des axes de travail déclinés autour d’objectifs et d’actions que pourront porter différents acteurs ». 

Partager une vision commune

Support de ce cadre stratégique régional, le rapport du Plan Bleu propose une vision commune du tourisme durable : « … permettre aux visiteurs et aux accueillants d’établir des relations équilibrées, respectueuses et fructueuses, valorisant le patrimoine environnemental, humain et culturel unique de la région méditerranéenne … ».

Cinq objectifs sont identifiés : l’intégrité environnementale, le progrès social, un meilleur équilibre entre les secteurs économiques, la protection et la valorisation du patrimoine, enfin une gouvernance partagée pour une plus grande efficacité et transparence. Pour les atteindre, un programme d’actions concrètes est décliné. Tous les acteurs concernés, publics comme privés, peuvent devenir parties prenantes. Reste à mettre en place des outils de mesure et de suivi qui, jusqu’ici, ont fait défaut. Le rapport donne enfin des pistes concernant le financement en soulignant la nécessité de concilier investissements publics et privés.



Mardi 25 Juillet 2017




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avis d'expert

Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil