partager partager

Tourisme durable en Méditerranée : il reste beaucoup à faire

La concentration saisonnière et spatiale des activités touristiques en Méditerranée accentue l’impact sur l’environnement avec pression sur les ressources en eau, augmentation des déchets et risques pour la biodiversité marine.


80% de la fréquentation touristique en Méditerranée est concentrée sur le littoral, ici la ville nouvelle de Dubrovnik, en Croatie (photo DR)
80% de la fréquentation touristique en Méditerranée est concentrée sur le littoral, ici la ville nouvelle de Dubrovnik, en Croatie (photo DR)
MEDITERRANEE. Les pays riverains de la Méditerranée attirent environ 30% des arrivées touristiques internationales. De 58 millions en 1970, le nombre de visiteurs est passé à 279 millions en 2009, et devrait atteindre 637 millions à l’horizon 2025, selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), dont 312 millions pour les seules régions côtières.

Cette activité représente plus de 200 mds$ de chiffre d’affaires (143,8 mds€) et un réservoir d’emplois qui contribuent au dynamisme de l’économie régionale.

Concilier cette croissance avec un développement maîtrisé fait partie des sept priorités arrêtées par la convention de Barcelone, qui a défini en 2005 une "Stratégie méditerranéenne pour le développement durable". Les experts du Plan Bleu (observatoire et centre d’activités régionales du Programme des Nations Unies pour l’environnement/Plan d’action pour la Méditerranée) à Sophia Antipolis, dans le Sud-Est de la France, ont pour mission de fournir les éléments d’informations nécessaires à la mise en œuvre de cette stratégie.

Un premier rapport, publié en 2008, soulignait l’importance des enjeux.

Favoriser la diversification des activités touristiques

Avec 46 000 km de côte, la fréquentation touristique dans le bassin méditerranéen est concentrée à 80% sur le littoral.

Cette concentration est porteuse de dangers pour l’environnement. Elle fragilise la biodiversité d’une des mers les plus riches du monde : la Méditerranée, qui ne représente que 0,7% de la surface totale des océans, accueille 7,5% des espaces animales et 18% de la flore marines. Le développement de la plaisance, avec la création de nouveaux ports et marinas, accentue l’artificialisation des côtes, sans oublier les problèmes de gestion de déchets et de pénurie d’eau douce.

La diversification des activités fait partie des pistes explorées avec le développement de nouvelles formes de tourisme : culturel, urbain, rural, écotourisme.

Une diversification qui peine à se réaliser, constatent les experts du Plan Bleu dans le dernier rapport sur l’état de l’environnement et du développement en Méditerranée paru en novembre 2009.



Christiane Navas


Lundi 1 Février 2010



Lu 2716 fois
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


Publicité




avis d'expert
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Dr. Christian Averous Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version

Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Jean-François Coustillière Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.

Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Michel Roche Par Michel Roche, consultant
Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.