Tende voit le bout du tunnelLa CIG franco-italienne en charge de l'amélioration des liaisons transfrontalières dans les Alpes du Sud vient de donner son feu vert au projet de rénovation du tunnel de Tende. Cinq ans de chantier et 209 M€ d'investissement seront nécessaires pour mettre aux normes cet ouvrage construit au XIXe siècle.
L'entrée du tunnel de Tende côté italien (photo DR)
FRANCE / ITALIE. La Commission intergouvernementale pour l’amélioration des liaisons franco-italiennes dans les Alpes du Sud vient de donner son feu vert définitif au projet de modernisation du tunnel de Tende.
L’annonce en a été faite ce mardi 10 février 2009 par le ministre italien des infrastructures et des transports Alberto Matteoli. Celui-ci a précisé que l’ANAS, le service de l’Equipement transalpin maître d’ouvrage du projet lancerait les premiers appels d’offres au mois de mars. Le chantier, d’une durée de cinq ans, nécessitera un investissement de 209 M€, pris en charge par la France (41,6%) et l’Italie (58,4%). Il portera sur la réalisation d’un second tunnel monodirectionnel de 6,50 mètres de large et 3 kilomètres de long dans le sens Italie-France à côté du tunnel actuel qui date du XIXe siècle. Cet ouvrage qui ne répond plus aux normes de sécurité sera quant à lui entièrement rénové. Un des plus vieux tunnels français...
Construit en 1882, d’une longueur de 3,186 km, dont 1,487 km en France, le tunnel de Tende connaît un trafic moyen journalier de 3.400 véhicules par jour, mais cette moyenne est annuelle.
Le trafic estival est beaucoup plus important – jusqu’à 9.000 véhicules/jour - avec de très nombreuses caravanes et camping cars. Ce tunnel est particulièrement inadapté à ce genre de trafic, encore plus à celui des poids lourds… les derniers lacets étant à très faible rayon. Considéré en 2000 comme l’un des trois ouvrages français nécessitant une intervention en urgence par un rapport parlementaire réalisé par le député Ump Christian Kert, ce tunnel défie chaque jour les règles les plus élémentaires de sécurité. ... et l'un des plus dangereux
La route du col de Tende, versant français (photo ©DRE)
Depuis 1999, de timides mesures de prévention ont bien été mises en place comme l’interdiction du transport des matières dangereuses et un alternat pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes et ceux tractant une remorque. Mais l’automobiliste croisant un camion dans ce boyau sous-éclairé n’a souvent pas d’autre alternative que de s’immobiliser pour éviter un accrochage.
Une précaution pas vraiment superflue tant les moyens d’intervention semblent dérisoires. Christian Kert relevait qu’en cas d’alerte, "les quelques postes d’appel d’urgence aboutissent au détachement de gendarmerie de Nice, qui relaie vers le centre d’incendie et de secours de Breil (30 km, soit 35 minutes pour intervenir) ou le centre d’exploitation de l’équipement à Tende (9 km, soit 15 minutes environ) ; ces délais excluent quasiment toute intervention sur feu naissant, et il n’existe pas de réseau d’eau de lutte contre l’incendie dans le tunnel". William Allaire
Mercredi 11 Février 2009
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