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Sur le front économique, la marge de manœuvre est étroite pour le PJD au Maroc


Parvenus aux affaires pour la première fois, les islamistes du Parti Justice et Développement devront répondre à une demande sociale forte, dans un contexte difficile au Maroc marqué par la crise en Europe.



Ville de Meknes (Christelle Marot)
Ville de Meknes (Christelle Marot)
MAROC. Une semaine après la nomination de son gouvernement, la déclaration de politique générale du nouveau premier ministre issu du Parti Justice et Développement (PJD) Abdelilah Benkirane se fait attendre.

D’ici là, c’est Mustapha El Khalfi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, qui s’y colle. Pour ce dernier, le nouveau gouvernement prendra des mesures d’urgence dans les secteurs sociaux pour « répondre à un minimum d’attentes des citoyens ».

Dans une intervention télévisée, le ministre a expliqué que ces mesures concerneront la lutte contre la corruption, la pauvreté, le chômage, l’instauration de la justice sociale, la promotion de la santé, l’éducation et l’habitat ; des secteurs hautement prioritaires pour lesquels ce gouvernement a été élu ».

Alors que les attentes sont énormes, quelle sera la marge de manœuvre pour le gouvernement Benkirane ?

Le PJD a fait campagne sur la lutte contre la corruption, la hausse du Smig à 3 000 dirhams (contre 2 300 actuellement), le renforcement des moyens consacrés à la santé et l’éducation, la baisse de l’impôt sur les sociétés de 30 à 25%... tout en promettant de ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB, contre 6% actuellement.

Le parti de la Lampe ambitionne de réduire le taux de chômage de deux points et souhaite par ailleurs doubler la construction du logement social.

Le PJD table par ailleurs sur une croissance de 7% en 2012.

Au regard de la crise qui sévit en Europe, premier partenaire commercial du Maroc, les hypothèses semblent bien optimistes.

La récession en Europe risque de restreindre les flux de transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE), pourvoyeurs d’environ un tiers des devises du royaume. Le tourisme est en berne et les investissements directs étrangers à la baisse (-13,9% entre janvier et novembre 2011, selon l’Office des changes marocain).

L'économie marocaine très dépendante de l'Europe en crise

Les dépenses de la Caisse de compensation ont explosé pour maintenir les prix de l’énergie et de certaines denrées alimentaires à un niveau stable.

« Tabler sur une croissance de 7% par an au cours des cinq prochaines années, ce n’est pas réaliste. Pour des raisons objectives. Nous avons un secteur agricole, qui emploie encore aujourd’hui 40% de la main-d'œuvre et contribue au PIB à hauteur de 15%. La croissance de ce secteur, soumis aux conditions climatiques, est volatile. L’économie marocaine est par ailleurs très dépendante de l’Union européenne, pour deux tiers de ses exportations et l’essentiel des transferts des migrants. Or l’Europe est en crise. Et les études montrent que la croissance du Maroc, hors secteur agricole, est fortement corrélée à la croissance européenne », indique Lahcen Achy, économiste et chercheur à l’institut Carnegie du Moyen Orient.

« L’engagement de relever le Smig à 3 000 dirhams semble par ailleurs difficile à tenir. Le Maroc connaît un problème de compétitivité. Deux tiers de la population active n’ont aucun diplôme. C’est une contrainte. On ne peut pas augmenter les salaires s’il n’y a pas d’augmentation de la productivité. Il faudrait injecter du capital humain, c'est-à-dire faire de la formation professionnelle, mais cela prend du temps », ajoute l’économiste.

Reste la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance.

Là encore, les changements prendront du temps et exigent de ce nouveau gouvernement un réel courage politique, tant le clientélisme et l’économie de rente gangrènent la société et l’économie marocaine.




Jeudi 12 Janvier 2012



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