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Sète taille des croupières à Marseille

Après l’israélien Agrexco qui a quitté le port phocéen pour Sète, c’est au tour de l’armateur italien Grandi Navi Veloci de s’implanter dans le port héraultais pour le relier au Maghreb.


Les navires de Grandi Navi Veloci vont s'installer l'automne prochain à Sète (photo DR)
Les navires de Grandi Navi Veloci vont s'installer l'automne prochain à Sète (photo DR)
FRANCE/MAGHREB. Même si la taille des ports de Sète et de Marseille ne sont pas comparables, 3 millions de tonnes transitant par le premier contre 96 millions par le second, l’implantation de l’armateur italien Grandi Navi Veloci (GNV) dans le port héraultais pour y desservir le Maghreb, à partir de cet automne, est une mauvaise nouvelle pour le port phocéen.

GNV, qui est à la tête d’une flotte de 10 navires et qui gère douze lignes internationales en Méditerranée, pourrait desservir, à partir de Sète, le Maroc, dans un premier temps, puis l’Algérie, mais la destination et les tarifs ne sont pas encore totalement déterminés.

On sait seulement que les navires qui partiront de Sète mesureront entre 188 et 214 m et pourront accueillir 2 000 à 3 000 passagers avec leurs véhicules ainsi que 1 800 à 2 500 m linéaires de fret.

Les grèves repoussoirs de Marseille

GNV voulait s’implanter dans le sud de la France depuis longtemps. Il avait annoncé, en avril 2008, son intention de s’installer à Marseille pour créer et exploiter un terminal réservé aux navires mixtes passagers-marchandises. Il avait annoncé des objectifs de trafic de 40 000 remorques et de plus de 100 000 passagers.

Mais finalement, en juin 2008, il avait renonçait. La raison : « des motifs de gestion de sa flotte et d'équilibre financier de son exploitation », avait indiqué le port de Marseille.

Il semble que les grèves qui ont perturbé l’exploitation du premier port français depuis l’annonce de la réforme portuaire soit la véritable raison de ce renoncement puisque GNV rebondit aujourd’hui à Sète.

Il est bien accueilli par la Région qui a décidé d’investir près de 30 ME dans une adaptation des quais, des parkings et une gare avec l’ambition d’atteindre un trafic annuel de 600 000 à 900 000 passagers.

"Compte tenu de la conjoncture, nous allons faire d'abord l'adaptation des quais et les parking. Pour la gare, elle même, nous attendrons de voir l'évolution des trafics mais nous la construirons d'ici 2013-2014", indique Jean-Loup Berthet, directeur du port de Sète.

Nouveau concurrent pour la SNCM

C’est vraisemblablement également par lassitude des grèves à répétition que l’exportateur israélien Agrexco (200 000 tonnes de fruits et légumes par an) a délaissé Marseille au profit de Sète dont il a décidé de faire « la porte d’entrée vers l’Europe de ses produits ».

C’est une récompense pour la Région Languedoc Roussillon, propriétaire du port, qui a décidé d’y investir 200 M€ sur 10 ans. Cette somme sera complétée par plus de 110 M€ d’investissements privés.

GNV va venir concurrencer les bateaux de la Comarit, seule compagnie opérant à Sète pour des liaisons avec Tanger et Nador. La Comarit était déjà concurrencée par des compagnies au départ de Gibraltar, mais aussi de Barcelone et de Gênes.

La SNCM qui relie Marseille à Alger avait tenté entre octobre 2008 et mai 2008 de desservir trois ports algériens à partir de Sète mais les plus de 5 M€ de pertes enregistrées l’avaient incité à jeter l’éponge.

Après Corsica Ferries à Toulon, la SNCM devra désormais également compter avec GNV.


Aliette de Broqua


Vendredi 12 Juin 2009



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