Ryanair dit "bye bye" à sa base marseillaiseLa compagnie Ryanair annonce la fermeture de sa seule base française à Marseille au 11 janvier 2011. Une annonce pénible pour les dirigeants de l'aéroport Marseille Provence mais qui ne remet pas en cause le modèle à succès de son terminal low cost mp².
FRANCE. Ce n'est peut être qu'un au revoir, mais pour l'instant c'est bien un "bye bye" qu'est venu adresser Michael O'Leary à sa base de l'aéroport Marseille Provence mercredi 13 octobre 2010.
Le pdg de la compagnie aérienne a annoncé officiellement la fermeture de cette base, la seule française de Ryanair, au 11 janvier 2011. "La base de Ryanair à Marseille et ses membres d'équipages sont en pleine conformité avec la directive européenne sur les travailleurs des moyens de transports qui permet à tous les travailleurs mobiles de l'industrie des transports de payer des impôts et cotisations sociales dans le pays où il travaillent, où leur employeur est résident et où ils sont physiquement payés., ce qui est l'Irlande dans le cas de Ryanair. Les autorités françaises souhaitent avoir un avis différent et affirment que ces travailleurs mobiles (Irlandais) doivent payer des impôts et des cotisations sociales en France, plutôt qu'en Irlande, même si cela est contraire aux règlements de l'UE" déplore Michael O'Leary. Mis en examen à Aix-en-Provence notamment pour travail dissimulé, le pdg a engagé une procédure judiciaire devant les tribunaux européens contre le décret français de février 2007 obligeant Ryanair à changer sa méthode et à domicilier en France ses employés. "Nous sommes très déçus de cette décision des autorités françaises d'engager des poursuites contre la base de Ryanair à Marseille. Malheureusement, la perte de ces quatre avions, 200 emplois et 13 lignes est le prix fort à payer pour démontrer que ces travailleurs sont mobiles irlandais" précise-t-il. Cette fermeture se traduit donc par le déplacement des quatre avions qui "dormaient" à Marseille et des deux cent pilotes et membres d'équipages de la compagnie. Les avions se redéploieront vers d'autres bases en Espagne (Malaga ou Barcelone), Italie (Milan-Bergame ou Bari ou Brendisi) et Lituanie (Kaunas). Quant aux pilotes ils auront le choix de rejoindre leur nouvelle affectation ou de ne plus travailler pour Ryanair. Cette notification leur a été faite mercredi 13 octobre 2010 à Marseille lors d'une réunion dans l'enceinte de l'aéroport phocéen.
Ryanair développera d'autres lignes sur Marseille
Michaël O'Leary affirme regretter cette décision imposée par la législation française (photo F.Dubessy)
Michael O'Leary, très calme contrairement à son habitude, a semblé sincèrement regretter cette décision et affirmé plusieurs fois qu'il ne s'agissait en aucun cas d'un chantage envers l'Etat français. "Sinon nous aurions retiré tout nos vols en France" assure-t-il.
"C'est un jour très décevant pour nous mais nous n'avions pas le choix. Nous ne pouvions pas attendre que le décret change et tant qu'il ne sera pas modifié nous ne réimplanterons pas une base en France ! Si ce pays s'aligne avec la législation européenne, nous rouvrirons notre base à Marseille. Malheureusement les grands perdants dans cette affaires seront l'aéroport, le tourisme ainsi que l'emploi dans la région de la Provence" complète le pdg de Ryanair. C'est seulement la troisième fois de toute son histoire que Ryanair ferme une base. La première l'avait été voici deux ans à Valence (Espagne) après un litige sur des engagements de l'aéroport mais avait rouverte quelques mois après. La compagnie s'est par contre désengagé définitivement de sa base de Belfast. Ryanair reste cependant bien présente sur la plate-forme et son terminal dédié au low cost mp². Car, si treize lignes ferment (Agadir, Brest, Eindhoven, Lille, Marrakech, Nador, Nantes, Palerme, Paris-Beauvais, Tanger, Tenerife, Tours, Venise), dix resteront opérationnelles (Bruxelles- Charleroi, Düsseldorf, Fès, Londres, Madrid, Malte, Porto, Rome, Séville, Valencia) après le 11 janvier 2010. En fait, Ryanair conserve les destinations où elle dispose d'une base à l'autre bout et annule toutes les autres qui ne devaient leur raison d'être qu'au fait de la présence de la base marseillaise. "Nous connecterons nos nouvelles bases avec Marseille et nous espérons bien développer de nouvelles lignes" poursuit Michael O'Leary. Fidèle à sa réputation il a toutefois qualifié, en référence à la fameuse main qui avait empêché l'équipe d'Irlande de participer à la dernière coupe du monde, le décret français causant son départ de "décret Thierry Henry". Le pdg a également enfoncé le clou en dévoilant qu'il avait prévu de positionner un cinquième avion à Marseille dès l'été 2011 en prévision de développement de nouvelles destinations. L'aéroport perdra provisoirement un million de passagers
Les avions de Ryanair continueront à toucher le tarmac phocéen (photo Aéroport de Marseille
Créée en novembre 2006, il s'agissait de la seule base française de la compagnie irlandaise. En France, Ryanair transportait près de 3 millions de passagers en 2004 et devrait afficher un trafic de 8,5 M de passagers en 2010 avec 147 lignes exploitées sur vingt-six aéroport dans l'hexagone. La plateforme phocéenne représentait 1,7 million de passagers. Marseille devrait perdre environ 1 million de passagers à cause de la fermeture des destinations de Ryanair. Mais ceci ne semble pas inquiéter plus que ça les responsables de l'aéroport qui restent confiant dans l'aptitude de mp² à attirer d'autres compagnies sur les destinations laissées libres et notamment sur le Maroc. "Il n'est jamais positif de recevoir une telle annonce mais ce départ, du à un phénomène exogène ne remet pas en cause notre modèle de terminal low cost. Il existe une vingtaine de compagnies low cost en Europe. Certaines se sont déjà manifestées auprès de nous et nous irons en chercher d'autres" souligne Pierre Régis, directeur général de l'aéroport. Aucune remise en cause donc mais ce départ de Ryanair apporte un enseignement primordial dans le devenir de mp². "Nous pensions que créer une base était le moyen de pérenniser un opérateur. Nous voyons que finalement ces marchés sont volatiles." Et de confier à econostrum.info qu""il n'y aura pas forcément une nouvelle base à Marseille. Il faut être opportuniste et ne pas penser en terme de modèle pré-établi." Reste que disposer de quatre avions sur place permettait tout de même d'optimiser les infrastructures en utilisant les pistes et les installations le matin de bonne heure. Michaël O'Leary a lâché à Marseille qu'il pourrait bien ouvrir une base au Maroc. Ceci favoriserait incontestablement le développement de nouveaux vols vers la cité phocéenne. Frédéric Dubessy
Mercredi 13 Octobre 2010
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