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Rien ne va plus entre Orascom Télécom et les autorités algériennes

Le groupe égyptien n’a pas reçu l’autorisation des autorités fiscales algériennes lui permettant de transférer ses dividendes vers l’étranger. Des incohérences sont évoquées dans les montants investis par le groupe de télécom.


De 2002 à 2004 l'egyptien Orascom avait été localement en situation de quasi monopole en Algérie (photo Orascom).
De 2002 à 2004 l'egyptien Orascom avait été localement en situation de quasi monopole en Algérie (photo Orascom).
ALGERIE. La lune de miel entre le groupe Orascom Télécom et les autorités algériennes est terminée.
 
Certains titres de la presse privée en Algérie et nombre de spécialistes avaient voici quelques mois reproché aux autorités d’avoir sciemment bridé l’opérateur public Mobilis afin de permettre à Djezzy , marque commerciale d’Orascom, de se retrouver, à partir de son lancement en 2002, en situation de quasi monopole sur le marché algérien, durant deux années entières.

Mais depuis 2007, date de la vente de ses cimenteries algériennes au groupe français Lafarge, Orascom n’est plus en odeur de sainteté auprès des pouvoirs publics. Les négociations avec des groupes étrangers (France Télécom puis Vivendi ) pour la vente de Djezzy ont certainement contribué à détériorer davantage son image de marque.

L’étiquette de groupe spéculateur lui colle désormais à la peau. Il lui est reproché de rapatrier systématiquement tous ses bénéfices et d’avoir considérablement réduit ses investissements dans le pays depuis deux années. Les profits du groupe en Algérie sont pourtant considérables.

En 2008 il a réalisé un bénéfice de plus de 580 M$(406,724 M€). Son chiffre d’affaires a atteint 1,5 milliard $ (1,05195 mds€) au troisième trimestre 2008, pour 1,3 milliard$ (0,911710M EUR) au cours de la même période de 2007. Cela représente une hausse de 17,3%. Il n’est pas inutile de rappeler que le chiffre d’affaires d’OTA (Orascom Télécom Algérie) représente 37,5% du chiffre d’affaires total du groupe Orascom Télécom Holding (OTH).

Mais pour la première fois depuis son installation en Algérie, le groupe n’a pu transférer ses dividendes vers l’étranger. La nouvelle instruction 01-09 du 15 février 2009 subordonne désormais l’opération du transfert réalisée par la banque à l’obtention d’une attestation fiscale de décharge (quitus fiscal) délivrée par l’administration des impôts.

La situation est donc bloquée.

L’erreur de trop

Certains observateurs considèrent même qu’elle pourrait se corser à la suite des dernières déclarations du Directeur général d’Orascom Télécom Algérie (OTA), Thamar Al-Mahdi.

Lors d’une conférence de presse tenue à Alger le 23 août, il affirmait que son groupe avait investi 500 M$ (350,650 M€) en Algérie depuis le début de l’année. Or, ces chiffres sont en contradiction avec ceux déclarés par la maison mère OTH, propriété de l’égyptien Naguib Sawaris, deux jours plus tard.

Selon les données d’OTH, en 2009, Djezzy a réduit ses investissements de 39% au premier trimestre et de 54,7% au deuxième trimestre. Cette tendance confirme l’évolution constatée au troisième trimestre de 2008 où OTA a investi 166 M$ (116,417M€), contre 222 M$(155,691 M€) au cours de la même période de 2007. Cela représente une baisse de 49%.

Selon certains experts financiers, l'administration fiscale algérienne est en droit d’exiger des explications sur ces contradictions, car le montant des investissements déclaré par Thamer El Mahdi ne refléte pas le contenu du bilan de l’entreprise.

En attendant, Djezzy conserve sa première place sur le marché algérien avec 63,7% de parts de marché, mais le groupe éprouve des difficultés à élargir sa clientèle alors que le revenu moyen par client (ARPU) poursuit sa chute de – 10%.


Amal Belkessam, à ALGER


Jeudi 27 Août 2009



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