Résistance des investissements étrangers en Méditerranée
Les pays de la Méditerranée devraient draîner une cinquantaine de milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2008. Ils font preuve d’une bonne résistance à la crise grâce à un avantage concurrentiel par rapport à l’Asie en matière de délocalisation et attirent toujours les capitaux des pays du golfe.
Pour Bénédict de Saint Laurent, délégué général d'Anima, la Méditerranée pourrait constituer une zone refuge
MEDITERRANEE. En dépit de la crise actuelle, le flux d'investissements directs étrangers (IDE) vers la Méditerranée fait preuve d’une belle résistance, comme en 2007. En effet, les prévisions de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement) comme d’ Anima, tablent sur une baisse globale des IDE de seulement 8 à 10%. Les pays de la rive sud de la Méditerranée continueraient à bénéficier du repli des Fonds souverains et investisseurs du Golfe sur leur voisinage méditerranéen, avec pour filières phares, le tourisme, l’agroalimentaire, l’énergie et les industries extractives.
Selon la CNUCED qui a réalisé une enquête sur les perspectives des IDE sur la période 2008-2010, 75% des dirigeants interrogés n’ont pas l’intention de changer leurs projets en Afrique du Nord. 20% environ pensent augmenter modérément leurs investissements dans cette région et 3% préparent des augmentations importantes.
Le réseau ANIMA a, pour sa part, recensé, depuis le début de 2008, 565 projets d’investissements étrangers dans les pays méditerranéens, y compris la Turquie, Chypre, Malte et la Libye. « Nous pensons que nous aurons un nombre de projets proche des 800 comptabilisés en 2007, ce qui correspondra à un montant global d’une cinquantaine de milliards de dollars, contre 55 Mds$ en 2007 et 59 Mds$ en 2006», commente Bénédict de Saint-Laurent, délégué général d’Anima. Pour ce dernier, « les pays méditerranéens ne pourront pas être épargnés par la crise mais ils constitueront une zone refuge pour les grands groupes qui cherchent à produire moins cher, plus près des marchés de consommation et des sources d’énergie ».
Même pronostic de la CNUCED qui souligne que les pays méditerranéens devaient bien résister en 2008 grâce « aux pressions compétitives accrues pour les entreprises européennes, avec une accélération du redéploiement des chaînes de valeur, le développement du "near-shoring" et la recherche de nouveaux gisements de croissance sur des marchés plus dynamiques ».
Logique d'intégration régionale
Les pays Méditerranéens bénéficieraient, selon la CNUCED, d’une logique d’intégration régionale, notamment l’Euro-Med, de la volatilité des coûts de transport, du caractère risqué des chaînes logistiques asiatiques et du retour des investisseurs vers des marchés connus.
L’année 2008 a été riche en annonces de projets : cluster automobile de Tanger-Med autour de Renault-Nissan, pôle métallurgique de Bellara en Algérie (AFV Beltrame, ArcelorMittal, Al Ezz), usine Airbus en Tunisie, projets high tech pour la Jordan Valley israélienne, BTP en Palestine, projet Areva en Jordanie (uranium), Lafarge-Orascom et BinLaden en Syrie (matériaux de construction), retour des investisseurs du Golfe au Liban…
La principale destination des IDE a été la Turquie suit. Elle attend 15 Mds$ d'investissements étrangers en 2008 (22 Mds$ en 2007).
L’Egypte suit. Le pays a enregistré sur les 3 premiers trimestres 2008 plus de 11 Mds$ d’IDE, supérieur au total annuel 2007.
En Israël, les IDE devraient baisser fortement par rapport aux 10 Mds$ de 2007, en raison de la crise aux États-Unis, principal investisseur dans ce pays.
Le Maroc a annoncé 9Mds$ de projets qui s’étaleront sur trois ans (2,57 mds en 2007). La Tunisie qui avait accueilli 2 mds$ d’IDE en 2007 en a enregistré 1 md au cours des trois premiers trimestres, tout comme l’Algérie (1,66 md en 2007).
Mercredi 12 Novembre 2008
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