Réinventer la MéditerranéePar Philippe de Fontaine Vive, Vice-Président de la Banque européenne d'investissement
Philippe de Fontaine Vive, Vice-Président de la Banque européenne d'investissement
La vague de révolutions qui ébranle la Méditerranée depuis janvier 2011 est un événement sans précédent dans l'histoire contemporaine de la région. À l'instar des événements survenus en Europe à l'automne de 1989, le désormais fameux Printemps Arabe constitue un message d'espoir pour une région jusqu'alors considérée comme condamnée à l'autoritarisme et à l'injustice économique.
De Tunis au Caire, les citoyens ont lancé un appel clair : Ils souhaitent une distribution juste des fruits de la croissance et un état de droit cohérent. Ils souhaitent la fin de la corruption. Ils souhaitent des gouvernements responsables et transparents. Et, tout aussi important, ils souhaitent pouvoir façonner et orienter leur destinée. L'accomplissement de ces aspirations sera certainement plus complexe et erratique que prévu, mais n'oublions pas que ce qui se produit aujourd'hui est une chance d'amorcer, enfin, une ère de démocratie, de prospérité et de paix à travers la région. Depuis son lancement en 2009, le Centre pour l'Intégration en Méditerranée (CMI) a été animé par l'esprit de renouveau et de pensée innovante. Grâce aux efforts conjoints de ses membres fondateurs, il a fait naître un nouveau paradigme de coopération et de développement et a permis de se focaliser sur les questions les plus impérieuses auxquelles sont confrontées les régions, en premier lieu l'emploi et l'enseignement. Avec le recul, le Printemps Arabe confirme la nature visionnaire du CMI, de ses multiples partenaires et de son approche multidimensionnelle, ainsi que la pertinence du soutien qu'il apporte aux pays en transition. Attirer de nouveaux partenaires
En répondant aux nouveaux besoins de ces pays, le CMI doit impérativement renforcer ses efforts, tant au niveau sectoriel que transsectoriel, tout en restant fidèle aux priorités de chaque pays en voie de démocratisation et de la région dans son ensemble. Le CMI doit également attirer de nouveaux partenaires et gouvernements attachés à la réussite de l'intégration économique et de la transformation démocratique.
À événements exceptionnels, actions exceptionnelles. Ceci suppose la ré-invention même de la Méditerranée, non seulement en tant que notion, mais aussi, de manière plus vitale, en tant que réalité. Le Partenariat de Deauville initié par les nations du G8 et leurs partenaires arabes en mai 2011, a été un premier pas décisif en la matière. Avec 38 milliards de dollars engagés lors de la Réunion ministérielle de Marseille, en septembre 2011, pour soutenir la transition de la Tunisie, de l'Égypte, du Maroc et de la Jordanie de 2011 à 2013, le Partenariat de Deauville offre un cadre ambitieux et vaste qui permet de façonner la nouvelle réalité méditerranéenne, celle qui se caractérise par une démocratie, une croissance économique à large assise, des emplois pour des millions de jeunes et l'égalité des chances pour tous. Le CMI est bien placé pour promouvoir cet objectif, notamment grâce à son travail pour une meilleure intégration régionale et pour le renforcement de l'investissement direct à l'étranger, thèmes qui seront débattus à l'occasion du Partenariat de Deauville 2012. Mardi 29 Novembre 2011
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