partager partager

Réchauffement : la Méditerranée peut mieux faire selon le Plan Bleu


MEDITERRANEE. Si les effets du réchauffement climatique attendu sont prévisibles en Méditerranée – baisse de la pluviométrie, hausse conséquente de la température de l’air et du niveau des eaux, les réponses elles sont minimales, ainsi que le souligne le Plan Bleu   dans son « Etat de l’environnement et du développement 2009 », un document publié le 24 novembre 2009, à l’occasion du sommet de Coppenhague.
 

 

Le Plan Bleu (Sophia-Antipolis, France Sud) représente pour la Méditerranée, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement.
 

 

« La Méditerranée peine à mobiliser la finance carbone » regrette le rapport. Six pays seulement au sud méditerranée ont émis des crédits d’émission carbone, représentant 0,2% de l’ensemble mondial. Encore Israël porte t’elle la moitié (16) de ces projets, enregistrés dans le cadre du Mécanisme pour un Développement Propre.
 

 

Un micro Etat tel que Chypre en porte 5, alors que la Syrie n’en a qu’un et la Tunisie 2.  Le géant Egypte n’en porte que 5 et le Maroc 4. Et c’est tout.
 

 

C’est que, estime le rapport du Plan Bleu, la plupart des pays concernés sont dans une logique d’adaptation plus que d’atténuation.
 

 

La méconnaissance des effets possibles aux niveaux nationaux, l’absence de modèles climatologiques permettant de renseigner les gouvernements sur ce point n’aident pas ceux-ci à réagir.
 

 

Pourtant la croissance extraordinaire des besoins énergétiques des pays de la zone devrait les alerter, souligne le document, qui note que « la croissance de la demande en électricité est beaucoup plus rapide que celle du PIB », 94% des sources d’énergie au sud étant d’origine fossile (et 75% au nord méditerranée).


Tourisme et incendies facteurs aggravants

L'activité touristique croissante est un des responsables d'émissions croissantes de gaz à effet de serre en Méditerranée (Photo MN)
L'activité touristique croissante est un des responsables d'émissions croissantes de gaz à effet de serre en Méditerranée (Photo MN)

Tendanciellement l’activité touristique, en croissance durable dans tous les pays méditerranéens, explique pour une part l’émission croissante de gaz à effet de serre. 30% des arrivées touristiques au plan mondial ont lieu en Méditerranées, où les touristes viennent en avion (40% en 2006) et en auto (52%). De façon générale 30% des activités réclamant de l’énergie sont liés aux déplacements au sud méditerranéen.
 

 

Les pays concernés ont cependant les capacités théoriques potentielles de capter le carbone émis, jusqu’à 15 millions de tonnes par an « pour l’ensemble du bassin », grâce à leurs espaces naturels. Encore faut-il que les incendies de forêts, aux conséquences croissantes au nord (600 000 ha touchés en 2007), plus limitées au sud mais en constante augmentation (61 000 ha en 2005, 80 000 ha en 2008).

 

« Des efforts considérables restent à faire … pour anticiper les effets du changement climatique…favoriser les modes de production et de consommation véritablement propres » conclut le Plan Bleu.
 

 

Mais il souligne surtout à quel point le manque d’études sur la question fragilise les « exercices de prospectives » en la matière.

resume_executif_soed2009_fr.pdf Resume-executif_SoED2009_FR.pdf  (1.26 Mo)



Michel Neumuller


Jeudi 26 Novembre 2009



Lu 1276 fois
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


Publicité




avis d'expert
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Dr. Christian Averous Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version

Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Jean-François Coustillière Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.

Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Michel Roche Par Michel Roche, consultant
Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.