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Réactions diverses en Méditerranée après l'élection de Donald Trump


Les déclarations officielles se multiplient en Méditerranée après l'élection du 45e président des États-Unis. La plupart des dirigeants méditerranéens de la rive Sud se réjouissent de l'arrivée de Donald Trump. Sur la rive Nord, ils restent plus circonspects.



Donald Trump devient le 45e président des Etats-Unis (photo : DR)
Donald Trump devient le 45e président des Etats-Unis (photo : DR)
MEDITERRANEE. Après l'annonce, mercredi 9 novembre 2016, de l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, les messages de félicitations se multiplient du côté des pays méditerranéens.

Fattah al-Sissi, le président égyptien, aura été le premier chef d'Etat arabe à congratuler Donald Trump en "espérant un nouveau souffle dans les relations entre les deux pays". Interrogé par CNN, il avait déclaré, "je n'ai aucun doute qu'il sera un bon dirigeant." Voilà de quoi renouer avec les États-Unis dont les dirigeants n'avaient pas appréciés la destitution du président islamiste Mohamed Morsi arrivé au pouvoir légalement après la révolution. Et qui fustigeaient les atteintes aux Droits de l'homme, notamment envers les Frères musulmans. Le président égyptien a d'ores et déjà invité Donald Trump au Caire.

Le Maréchal al-Sissi ne se dit même pas inquiet des déclarations d'interdiction des musulmans de territoire américain : "Il faut suspendre, temporairement, l'immigration de certaines des régions les plus dangereuses et les plus instables du monde qui ont une histoire d'exportation du terrorisme". Il baptise ces propos de simples "déclarations de campagne". La polémique avait été déjà éventé lors de leur rencontre à New York, le 19 septembre 2016 en marge de l'Assemblée générale de l'Onu. Trump le rassurait alors affirmant sa "grande estime envers les musulmans pacifiques" et disait comprendre que "des personnes de bonne volonté se sacrifient quotidiennement pour lutter contre la croissance du terrorisme islamique radical".

Donald Trump, qui accuse Barack Obama et Hillary Clinton d'avoir favoriser le développement de Daech (sic), désire mettre en place une conférence internationale sur le sujet à laquelle il conviera ses grands alliés qu'il désigne comme Israël, le roi Abdallah de Jordanie et le président Sissi. Il se méfie en revanche de l'Otan.

Le roi du Maroc Mohammed VI estime que ce résultat "traduit la confiance et la considération dont il jouit auprès du peuple américain, eu égard à l'attention sincère qu'il porte à ses intérêts suprêmes et à la grande expérience professionnelle qu'il a accumulée." Abdelilah Benkirane, premier ministre mais s'exprimant en tant que secrétaire général du Parti islamiste, juge que "cette élection n'aura pas d'impact sur les bonnes relations entre le Maroc et les États-Unis. Trump n'a pas de position hostile à l'égard du royaume."

Un président attendu sur le dossier israélo-palestinien

Béji Caïd Essebsi, président tunisien, soulève ne pas "pouvoir manquer de mentionner le soutien apporté par les États-Unis à la Tunisie dans son processus de transition démocratique. Je suis sûr que notre partenariat, notre coopération, les relations stratégiques et l'amitié bilatérales vont se poursuivre dans la durabilité et demeureront établies grâce à votre appui et au soutien que continuerez d'apporter à l'expérience tunisienne." A la veille de la Conférence internationale sur l'investissement (Tunisia 2020) qui se tiendra à Tunis les 29 et 30 novembre 2016, la Tunisie craint néanmoins un revirement de la politique américaine très favorable jusqu'à présent à la nouvelle démocratie.

Naftali Bennet, ministre israélien de l'Education, constate dans un communiqué que "la victoire de Trump offre à Israël la chance de renoncer immédiatement à l'idée de création d'un Etat palestinien. L'époque de l'Etat palestinien est révolue." Son premier ministre, Benjamin Netanyahu, se veut dithyrambique, qualifiant le 45e président des États-Unis de "véritable ami de l'Etat d'Israël. Je suis impatient de travailler avec lui en faveur de la sécurité, la stabilité et la paix dans notre région." Lors de sa campagne, Donald Trump avait évoqué le déplacement de l'ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Par contre, il réclamait aussi le remboursement de l'aide accordée à ses alliés par son pays. Et Israël vient juste de recevoir 38 mrds$ de Washington au titre d'une assistance militaire.

La présidence palestinienne continue d'y croire. "Nous sommes prêts à travailler avec le président élu sur la base d'une solution à deux États afin d'établir un État palestinien sur les frontières de 1967" précise-t-elle dans un communiqué. Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence de l'Autorité palestinienne, avertit que "l'instabilité continuera dans la région et dans le monde si nous n'apportons pas une solution à la question palestinienne".

La Turquie retrouve un allié

"Je félicite Donald Trump pour la présidence des États-Unis et je lui souhaite le succès" déclarait, dans une allocution télévisée Binali Yildirim. Le premier ministre turc ne s'entendait pas avec l'administration Obama et dit "espérer que (notre) alliance avec les États-Unis va se poursuivre et que notre partenariat et nos relations vont se développer. " Il attend également l'extradition des USA, "le plus vite possible", du prédicateur Fethullah Gülen, en exil outre-Atlantique et accusé par Recep Tayyip Erdogan d'avoir fomenté le putsch raté en juillet 2016.

Au coeur des futures discussions entre les deux pays devrait figurer le soutien de Washington aux milices kurdes dans leur lutte contre Daech, alors que la Turquie, les qualifiant de terroristes, continue à les combattre au même titre que l'Etat islamique en Syrie.

La position officielle de Donald Trump sur la Syrie servira d'ailleurs de test pour sa future politique étrangère. Lors de sa campagne, l'opposition entre lui et son co-listier Mike Pence était apparu au grand jour. Quand l'un voulait "l'usage de la force contre le régime syrien", l'autre, Donald Trump, avouait "je n'aime pas Assad. Mais Assad fait la guerre à l'Etat islamique". Tout en disant soutenir Poutine sur ce terrain, il rétorquait à Hillary Clinton, lors d'un débat télévisé, "elle veut se battre pour les rebelles. Il y a seulement un problème. Nous ne savons même pas qui sont les rebelles !"

Dans son programme électoral en matière de politique extérieure, Donald Trump inscrivait vouloir "travailler avec (nos) alliés et amis arabes au Moyen-Orient dans le combat contre l'État islamique." Mais aussi "d'en finir avec la stratégie actuelle de construction de nation et de changement de régime." Il promettait de "vaincre l'idéologie du terrorisme islamique radical comme nous avons gagné la guerre froide."

Les Européens moins disserts

A l'exception de la Turquie, la rive nord de la Méditerranée s'avère moins enthousiaste après cette élection.
François Hollande s'est contenté d'indiquer que ce résultat "ouvre une période d'incertitude". Pour le président français, "ce qui est en jeu c'est la paix, c'est la lutte contre le terrorisme, c'est la situation au Moyen-Orient, ce sont les relations économiques et c'est la préservation de la planète." Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, assure que la France, "alliée des États-Unis" travaillera avec eux "pour un monde de paix".

En Italie, Matteo Renzi, qui soutenait officiellement Hillary Clinton, s'est contenté de commenter que l'"amitié italo-américaine est solide".

Pour Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, "L'UE va continuer à travailler avec les États-Unis. Les liens UE-USA sont plus profonds que n'importe quel changement politique" tweete-t-elle. Les deux présidents de l'Union européenne, Jean-Claude Juncker, pour la Commission européenne, et Donald Tusk pour le Conseil européen, ont de concert invité Donald Trump à un sommet UE-USA "dès que cela lui conviendra... Cette conversation nous permettrait d'établir le cours de nos relations pour les quatre prochaines années". 
Martin Schulz, président du Parlement européen, se veut moins conciliant : "M.Trump a réussi à devenir le porteur de la colère et des peurs de millions d'Américains... Ces préoccupations doivent maintenant obtenir des réponses avec des politiques et des propositions crédibles."

Un président non COP- compatible

Au Maroc, où se tient actuellement la COP22 (Marrakech du 7 au 18 novembre 2016), les propos du candidat Trump inquiètent. "Je vais annuler l'Accord de Paris sur le climat... Cet accord donne à des bureaucrates étrangers le contrôle sur la façon et la quantité d'énergie que nous, Américains, pouvons consommer dans notre pays" déclarait-il. Le nouvel élu, qualifiant de "canular" les thèses sur le dérèglement climatique imputable à l'homme, entend d'ailleurs relancer l'industrie du charbon et même réduire le budget de l'Agence américaine de protection de l'environnement. Autre projet non COP compatible, la relance de l'oléoduc Keystone XL devant relier le Canada au Golfe du Mexique.

Reste que, selon l'Accord de Paris, la dénonciation ne peut s'effectuer qu'"à l'expiration d'un délai de trois ans à compter de la date de son entrée en vigueur (ndlr le 4 novembre 2016)". La signature américaine ne pourrait être dénoncée que fin 2019 soit quelques mois avant la fin du mandat de Donald Trump. Du coup, mercredi 9 novembre 2016, Patricia Espinosa, responsable climat de l'Onu, n'a pas hésité à annoncer qu'elle avait "hâte de collaborer avec son administration, afin de faire avancer l'agenda climatique pour le bénéfice des peuples du monde." Provocation, ironie ou volonté d'apaisement ?




Mercredi 9 Novembre 2016



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