Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

Rassemblez-vous, Coopmed vous aidera !



Crise oblige et volonté après le Printemps arabe de rebâtir une nouvelle économie modernisée et diversifiée, les pays du sud de la Méditerranée cherchent à se développer autrement. L'initiative CoopMed arrive à point nommé pour faciliter l'émergence d'une finance solidaire destinée à aider les PME et favoriser la création d'emplois.



Les grands projets n'ont pas d'impact sur les PME locales (photo F.Dubessy)
Les grands projets n'ont pas d'impact sur les PME locales (photo F.Dubessy)
MEDITERRANEE. "Toute l'économie est basée sur la confiance.  Quand l'incertitude règne, les investissements cessent"  lance Henry Roux-Alezais, président de l'Institut de la Méditerranée.

Les leçons de l'histoire peuvent être source d'avenir. "Depuis la seconde guerre mondiale, l'économie sociale s'est développée en Europe puis en Amérique du sud et en Asie. Elle a pour objectif d'aider les petits opérateurs. Elle n'est pas arrivée dans les pays du sud" constate-t-il. Au sud de la Méditerranée, le choix s'est porté sur l'exportation ou les grands travaux. Autant de domaines qui créent de l'activité en Europe mais qui n'enracinent rien sur place et laissent peu de place aux petites entreprises. Les grands projets n'ont ainsi aucun effet structurant pérenne dans ces pays. Or, comme l'explique Henry Roux-Alezais, "l'économie sociale était perçue dans les pays du sud de la Méditerranée comme un faux nez de l'économie libérale. Depuis, la micro-finance, qui permet de s'adresser aux pme avec des circuits plus courts et sans garantie avec des relations très fortes entre les emprunteurs et les bailleurs, s'est beaucoup développée."

"L'urgence au sud réside dans la création d'emplois ! Nous avons la grande ambition de développer cette économie sociale et solidaire dans le sud de la Méditerranée car il est impossible de faire de l'économie sans faire de crédits. Il ne s'agit pas d'assistanat, mais exactement du contraire" précise le président de l'Institut de la Méditerranée. L'objectif est de regrouper plusieurs entreprises du même secteur avec un financier pour leur proposer un crédit de court terme d'un à deux ans maximum à un taux compris entre 8 et 9%. "Il faut imméditatement valoriser les points forts de ces pays." Avec comme idée de copier Coopest, lancé en 2005 au moment de l'adhésion de pays de l'Europe de l'est et centrale à l'Union européenne.

20 M€ pour CoopMed

Coopest dispose d'une petite structure en Belgique de moins de dix personne donc très réactive pour faciliter le crédit des microentreprises et PME par le financement d'intermédiaires financiers (institutions de microfinance, crédit unions, banques coopératives).

Sur ce modèle, Coopmed  s'est créé officiellement le 8 juin 2011 et sera basé à Bruxelles sous forme d'une société anonyme de droit belge. L'Institut de la Méditerranée implanté à Marseille assurera le front office. "Il faut aller vers eux, trouver des relais, créer des emplois durables sur de l'économie durable. Tout le contraire des emplois aidés. Nous allons créé un pipeline d'opportunités !"

S'appuyant sur la FEBEA (Fédération Européenne de Finances et Banques Ethiques et Alternatives) qui regroupe le Crédit Coopératif (France), la Caisse Solidaire du Nord Pas-de-Calais (France), Crédal (Belgique), Hefboom (Belgique), la Banca Etica (Italie) et la TISE (Pologne), CoopMed disposera d'une première tranche de 20 M€s. Elle se répartira comme suit : 25% en capital, 25% en dettes mezzanine (remboursement subordonné à la dette senior) et 50% en dettes senior. Les pays cibles sont le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, l'Egypte, Israël, la Palestine, la Jordanie, le Liban, la Syrie et la Turquie.

Le dispositif sera dévoilé officiellement le 15 octobre 2011. Mais, Coopmed est actif depuis août 2011 et recherche déjà sur le terrain les bénéficiaires potentiels pour constituer un premier volet à 5 M€ avec trois opérations sur deux pays minimum. Au premier semestre 2012, les premières signatures devraient intervenir. "Nous allons essayer de relever les projets de junior entreprises pour amorcer la pompe et entrer dans le système bancaire. C'est actuellement en discussion" dévoile Henry Roux-Alezais.

English version

Lire aussi : L'Institut de la Méditerranée appuie Coopmed

Article réalisé en partenariat avec l 'Institut de la Méditerranée


Mercredi 14 Septembre 2011




Lu 2562 fois


Les articles qui devraient vous intéresser
< >

Mardi 12 Février 2013 - 14:37 L'Institut de la Méditerranée, vingt ans après
















Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA




RÉflexions

Réflexion

Finance islamique : l'Algérie dans les starting blocks


avis d'expert

Ezzedine Ghlamallah, fondateur et directeur du cabinet de conseil Saafi