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Qu’apportent les aires marines protégées à leurs territoires ?



En accord avec une initiative lancée par le Fonds Mondial pour l’Environnement, dans le cadre d’un Partenariat Stratégique pour le Grand Ecosystème Marin Méditerranéen, une étude du Plan Bleu pour la Méditerranée, soutenue par le Fond Français pour l’Environnement Mondial, fixe des critères d’évaluation pour les aires marines protégées. Il s'agit de déterminer leurs apports aux collectivités concernées.



Au sud ouest d'Antalya, le littoral lycien est protégé en Turquie, sa biodiversité marine profite aux pêcheurs (photo MN)
Au sud ouest d'Antalya, le littoral lycien est protégé en Turquie, sa biodiversité marine profite aux pêcheurs (photo MN)
12,2% de la surface terrestre est constituée d’aires protégées. 120 000 sont repérables sur un planisphère spécialisé. Idem pour 5,9% des eaux territoriales, mais seulement 0,5% de la haute mer. En fait, plus près de nous, la protection touche 4% de la Méditerranée. Pour l’essentiel il s’agit de la réserve Pelagos, dédiée à la protection des cétacés, qui résulte d’un traité entre la France, l’Italie, moteur de l’initiative, et la Principauté de Monaco.
 
Toutefois le plateau continental, et ses 200 m de profondeur maximale est le plus exposé à la dégradation environnementale. Au nord de la Méditerranée, 70%, parfois, du littoral s’artificialise ; au sud, le phénomène est moins marqué, mais la tendance est bien là, l’urbanisation littorale progresse.
 
Face à de puissants enjeux économiques pour le BTP, le tourisme, le bâtiment ou le transport maritime, comment évaluer les bénéfices tirés de ces écosystèmes marins méditerranéens pour les territoires concernés ?
 « Des travaux existent et aident à réaliser ces évaluations, mais elles concernent le milieu terrestre, forestier surtout » souligne Anaï Mangos, coordinateur de l’étude du Plan Bleu . « Mais bien peu de choses existent concernant le milieu marin. » C’est donc à un travail de défrichage que s’attellent six économistes dans divers pays du pourtour méditerranéen.
 
Ils évaluent actuellement plusieurs sites. En Algérie, le projet de protection du Mont Chénoua et des anses de Kouali concerne une zone bénéficiant d'une forte biodiversité, mais soumise à une fréquentation estivale en hausse. Sur la cote catalane espagnole, le Parc Naturel de Cap de Creus isole en pleine Costa Brava 30 km de littoral autour d'un vertigineux rocher. Les études portent également sur les retombées du Parc marin de Zakynthos, en Grèce, de l’aire protégée des îles Kuriat, en Tunisie, ou encore de l’aire spécialement protégée de Kas Kekova, en Turquie.

Risques importants pour les cétacés

Le transport maritimes y fait son chiffre d'affaires, mais quid de l'intérêt économique à très long terme d'une biodiversité importante mais en danger ? (photo XDR)
Le transport maritimes y fait son chiffre d'affaires, mais quid de l'intérêt économique à très long terme d'une biodiversité importante mais en danger ? (photo XDR)
L'étude consacrée au sanctuaire Pelagos fait figure de cas particulier, en adéquation avec les particularités de cette aire marine protégées qui couvre une vaste zone (le triangle Var, Corse, Gênes), gérée par 3 autorités gouvernementales, dont le littoral est fortement urbanisé et où les activités maritimes caractéristiques reposent peu sur la qualité environnementale. En effet, « la pêche et une part des activités touristiques sont dépendantes des services écologiques rendus alors que le transport maritime, très intense dans cette zone, impose des perturbations écologiques et fait peser d’important risque de collision avec des cétacés et de pollution par hydrocarbures » explique Anaï Mangos. Dans ces conditions, la démarche d’évaluation s’est concentrée sur l’évolution institutionnelle du sanctuaire Pelagos et ses effets sur le comportement des usagers de l’espace marin et littoral (publication à paraître : (« Analyse de la protection du milieu marin méditerranéen : cas du sanctuaire Pélagos »).
 
Elle poursuit. « Le message du développement durable s'inscrit sur le long terme. Mais il faut pouvoir l’étayer, et parler prospective, valeurs d’avenir. Pour entendre cela les décideurs ont bien sûr besoin de critères solides, et de chiffres fiables. Nous essayons de construire les uns, et d’amener à la discussion des données fiables ».

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Article réalisé en partenariat avec Plan Bleu

Michel Neumuller

Mercredi 9 Mai 2012


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