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« Productivité et technologie, quand les entreprises égyptiennes ont les clés pour exporter »




Mohamed Chaffai, professeur à la faculté des Sciences économiques et de gestion de l’Université de Sfax en Tunisie est coauteur d’une étude sur le secteur manufacturier en Égypte : « Quel rôle joue la technologie dans la capacité d’une entreprise à exporter ? ». Il a présenté en avant-première les résultats de ses travaux, le 6 octobre 2015, lors du premier séminaire international sur « les entreprises et la globalisation » organisé à Aix-en-Provence par le Femise, le CERDI, AMU, AMSE et le Greqam (*).



Mohamed Chaffai a présenté en avant première les résultats de ses travaux, le 6 octobre 2015, lors du premier séminaire international sur « les entreprises et la globalisation » organisé à Aix-en-Provence par le Femise, le CERDI, AMU, AMSE et le Greqam. (Photo N.B.C)
Mohamed Chaffai a présenté en avant première les résultats de ses travaux, le 6 octobre 2015, lors du premier séminaire international sur « les entreprises et la globalisation » organisé à Aix-en-Provence par le Femise, le CERDI, AMU, AMSE et le Greqam. (Photo N.B.C)
Existe-t-il un lien entre la productivité d’une entreprise et sa propension à exporter ?


Mohamed Chaffai : En Égypte comme dans plusieurs pays, les travaux existants mettent en évidence la corrélation entre la productivité et l’export dans plusieurs industries. Toutes les études empiriques démontrent que plus les entreprises exportent, plus elles sont productives, c'est ce que l'on appelle la prime à l'export. 
 
 
Quel écart de performance constatez-vous entre une entreprise qui exporte et une qui n’exporte pas ?
 
En Égypte, l’écart de productivité, la prime à l’export est de 10%.  Le textile, la confection et la chimie dans une moindre mesure sont les secteurs les plus dynamiques à l’export. Résultats obtenus pour cinq industries : textile, confection, agroalimentaire, industrie des métaux et chimie.
 

Mohamed Chaffai professeur à la Faculté des Sciences économiques et de Gestion de l’Université de Sfax en Tunisie et responsable de l'Unité de Recherche en Econométrie de la Production. (Photo N.B.C)
Mohamed Chaffai professeur à la Faculté des Sciences économiques et de Gestion de l’Université de Sfax en Tunisie et responsable de l'Unité de Recherche en Econométrie de la Production. (Photo N.B.C)

Pourriez-vous détailler les méthodes de production ?
 
La Banque mondiale a réalisé un sondage sur la période 2003-2008 à trois reprises auprès de 1 830 sociétés. 80% d’entre elles font appel à des technologies peu productives employant beaucoup de main-d’œuvre. Nous les opposons à celles ayant accès à des techniques plus avancées disposant d’une meilleure utilisation du facteur capital. Il faut également tenir compte de la taille des entreprises, la zone industrielle, la qualification des collaborateurs, l’expérience managériale…
 
En 2015, l’analyse demeure toujours valable ?  
 
Le tissu industriel reste le même, les process industriels ne changent pas avec le régime politique. Cependant, la productivité baisse en raison de la chute de la demande étrangère ou domestique. 
 
Quelles recommandations feriez-vous en terme de politique économique ?
 
Le gouvernement égyptien doit inciter les entreprises à exporter davantage, à utiliser les meilleures technologies de production et orienter sa politique vers une ouverture des marchés à la concurrence. En matière d’incitation fiscale, je citerai l’exemple de la Tunisie où les entreprises du secteur textile bénéficient de d'avantages fiscaux si elles s’engagent à exporter.
La littérature considère que toutes les entreprises sont en capacité d’exporter. Or notre étude démontre qu’il ne s’agit pas de la seule variable clé. D’autres facteurs entrent en considération tels que les choix technologiques. En Égypte, certaines entreprises bénéficient d’un bon process sans exporter et d’autres disposent d’une productivité inférieure mais parviennent à se positionner à l’étranger.
Il faut inciter les entreprises à accéder aux techniques les plus récentes et les plus productives. Les gouvernements doivent agir sur deux leviers : le soutien à l’export et l’accès à la bonne technologie. Certains critères permettent d’y accéder comme par exemple, la certification ISO, l’octroi d’une licence étrangère, la promotion de nouveaux produits…  Les sociétés s’inscrivant dans cette démarche devraient alors bénéficier d’incitations fiscales ou d'investissement par exemple.
 
 
Propos recueillis par Nathalie BUREAU DU COLOMBIER
 
(*) Forum euro-méditerranéen des Instituts de sciences économiques (FEMISE), le Centre d'Etudes et de Recherches sur le Développement International (CERDI), Aix-Marseille Université (AMU), Aix-Marseille School of Economics (AMSE) et le Groupement de Recherche en Économie Quantitative d'Aix-Marseille (Greqam).
 



Lundi 19 Octobre 2015




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Razika Adnani, philosophe et écrivaine. Associée au groupe d'analyse de JFC Conseil.