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Pour une nouvelle espérance de la Méditerranée

Par Salah Ghrairi, consultant pour la Méditerranée




Pour une nouvelle espérance de la Méditerranée

La Méditerranée, lieu ancestral d’antagonismes, constituée de pays venus de la profondeur de l’histoire, berceau de grandes civilisations et de réalités universelles est aujourd’hui la région du monde ou se concentrent des enjeux, des tensions, des conflits et des intérêts.

 

L’accélération du mouvement de l’histoire particulièrement dans cette région témoigne de réalités nouvelles, des instabilités plus nombreuses et des incertitudes qui accentuent ces mutations d’une complexité grandissante et interpelle le raisonnement géopolitique.

 

Les questions qui s’imposent d’elles-mêmes sur ces mutations qui traversent cette région, font de la Méditerranée un des principaux points chauds de la planète.


L’histoire est plus friande de tragédie que de rationalité, force est d’admettre que ces convulsions multiples continuent d’agiter l’espace arabo-méditerranéen. Leurs causes tout aussi complexes que nombreuses sont variées et multiples et teintées d’un voile épais d’incertitudes.

 

Si ces incertitudes rendent périlleuse les tentatives d’appréhender cette nouvelle donne, le jeu complexe des relations internationales et les rivalités d’influences dans cette région et donne de l’épaisseur aux questions saillantes nées de ces mutations. Elles imposent fatalement l’urgence de bloquer et de renverser les tendances dominantes à la guerre et à l’injustice et de répondre aux aspirations des peuples.

 

Les révolutions d’aspiration à la liberté , à la dignité et à la démocratie qui ont traversé l’espace méditerranéen ont été le réel détonateur d’un nouveau mode de gouvernance pour offrir un meilleur partage des richesses, un meilleur équilibre des régions, de l’emploi aux jeunes et une équité sociale.


La question méditerranéenne est une question d'avenir

L’adoption de la dénomination « printemps arabe » est plutôt romantique et surtout englobante. La réalité est en effet plus complexe et plus hétérogène.
 

Observons brièvement :


La transition en Tunisie est en marche malgré la complexité de l’actualité politique, la colère sociale qui ne s’apaise pas et la vivacité du jeu démocratique. C’est le pays qui a le plus de possibilités d’asseoir une démocratie durable.


Les mouvements en Algérie, au Maroc, en Jordanie ont été apparemment jugulés en échange de promesses de progrès démocratique.

Cependant une situation figée prévaut en Mauritanie alors qu’en Égypte la transition peine dramatiquement. Une situation de guerre civile caractérisée par une macabre évolution et dont l’issue est incertaine, règne en Syrie. Quant à la Libye, l’évolution de sa situation transitoire inquiète et le futur demeure incertain en raison, entre autres, des divisions politiques, régionales et tribales.

 

La question méditerranéenne demeure à l’évidence une question d’avenir et sans nul doute, elle est appelée à rester longtemps sur l’agenda de la géopolitique internationale, mais pour quel nouveau devenir pour le monde méditerranéen ? Et pour quelle place exacte de la Méditerranée dans le système mondial ?

 

Le rapport à la Méditerranée est un ancrage stratégique aussi bien pour l’Europe que pour les États-Unis. Pas seulement pour des raisons militaires, d’influences, énergétiques et économiques, mais parce que la gestion de l’espace humain méditerranéen conditionne en grande partie l’avenir même de l’idée européenne.


La mise en place d’une politique de voisinage européenne qui est dans l’esprit de ses fondateurs, une stratégie à « destination des voisins » devrait constituer un cadre relationnel basé sur l’unité européenne. Très vite se dessinait un amollissement de l’efficacité de cette politique au fur du temps et bousculée de surcroît par les effets des révolutions arabes et par la quête malencontreuse à la différence et au clivage géographique.

 

La création d’un « cercle d’amis » est importante certes pour l’Europe. C’est dans cet esprit que cette politique à été revue et corrigée par les européens en mai 2011 au regard particulièrement des développements post-révolutionnaires. Au même moment des bien-pensant se sont évertué à promouvoir plutôt « une philosophie de voisinage amical » ou même de voisinage « sur » qui pourrait régenter les rapports entre l’Europe et sa frontière méridionale et même orientale.
 

La question du «  voisinage » se pose-t-elle en ces termes ? Alors que les régimes des pays concernés par ce voisinage européen sont aujourd’hui plus démocratique et plus ouvert.


Beaucoup de coûts et peu de gains

Le processus européen pris dans son ensemble est porteur certes d’une dynamique même si elle apparait contradictoire. L’Europe est malgré tout le leader du processus de régionalisation en méditerranée.

Le rôle envahissant des États-Unis et ses initiatives dans cette région ont sans doute provoqué le réveil des Européens.

 

Même s’il ne s’agit pas ici de retracer l’historique des politiques publiques européennes, on peut dire que l’acte fondateur du partenariat euro-méditerranéen a été lancé à Barcelone en 1995. Il est venu avec l’ambition d’enclencher une nouvelle dynamique dans une époque où la bipolarité est révolue et à un moment où l’articulation progressive du monde gravite autour de grands pôles régionaux, s’est imposée dans l’agenda international.

 

Malgré ses faiblesses, nous y reviendrons plus loin, cet acte fondateur constitue sans nul doute une grande avancée vers une gestion pacifique des relations euro méditerranéennes internationales.


Le bilan de ces politiques publiques européennes : les déceptions l’ont souvent emporté sur l’optimisme. Les difficultés de l’Union européenne et les divergences d’intérêts des pays européens, mais aussi des pays méditerranéens ont accentué les effets négatifs de ces déceptions.

 

Sur le plan économique, les bilans font apparaître certes des avancées, mais aussi des écarts de richesse entre les deux rives. Sur les plans politique et culturel, trop peu a été fait.
 

Ce partenariat n’a pas changé au fond la caractéristique fondamentale des relations méditerranéennes peut-être parce qu'il existe pour les Européens beaucoup de coûts et peu de gains


L’exaspération des crises, des conflits latents au Proche-Orient et le non-règlement du conflit palestinien qui n’a permis de dépasser le désespoir ont bloqué de façon significative toute avancée du partenariat euroarabe.

 

Le caractère hautement complexe de ces conflits et l’introduction des belligérants dans le champ du projet européen n’ont pas permis la concrétisation de cette paix qui aurait pu être le test le plus éprouvant, mais aussi le grand acte historique de l’Union européenne.

 

Penser que les États-Unis auraient dû déminer le terrain du Proche-Orient pour laisser l’essentiel des conséquences positives du développement de cette zone à l’Europe est illusoire.
 

En tout état de cause, il est invraisemblable pour l’Europe d’abandonner un tel partenariat et un tel voisinage. Néanmoins le temps d’une approche sous la forme globale est sans doute révolu.


La nouvelle espérance passe par la prospérité en Méditerranée

Si la Méditerranée s’interroge dans ses différentes composantes pour savoir dans quelles conditions, elle peut reconstruire ses liens naturels ébréchés et brisés avec l’Europe.

 

Il appartient à celle-ci d’imaginer des nouveaux outils adaptés à la nouvelle situation et de proposer de véritables accords à la mesure des défis, des attentes, et de l’ampleur des problèmes posés.

 

C’est en Méditerranée que l’Europe est la mieux à même de mettre en œuvre sa vision de solidarités internationales et à œuvrer pour une Méditerranée pacifiée.

 

Dans cette quête pour un nouveau modèle, les enjeux sont énormes. Ils sont ceux de la paix, de la liberté de la stabilité et d’une nouvelle espérance de la Méditerranée.

 

Cette nouvelle espérance passe par la prospérité en Méditerranée.

 

Dans une Europe sortie meurtrie du conflit mondial, certains hommes n’ont ils pas déployé la vision d’une Europe de la paix qui passerait par une prospérité partagée.

 

Elle permettra d’éradiquer la misère humaine qui se transforme en menace pour la sécurité et en problèmes d’instabilité qui secouent les frontières, elle permettra de combattre aussi cette guerre des cultures et la vision antagonistes des rapports de l’Europe avec le monde arabo-musulman.

 

Dans le temps et dans l’espace, les hommes sont animés d’un esprit de conquête.


Salah Ghrairi, consultant pour la Méditerranée

Mardi 1 Octobre 2013




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