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Port de Marseille : accord avec les sociétés de manutention

Le Grand port maritime de Marseille qui doit, comme les autres ports français, se désengager des activités de manutention, vient de trouver un accord avec les manutentionnaires historiques des terminaux. Ces accords doivent encore être soumis au conseil de surveillance, puis à la commission nationale d’évaluation.


Le terminal à conteneurs de Mourepiane est bloqué depuis le 12 juin 2009 par les salariés CGT du port qui refusent d'être transférés au privé (photo GPMM)
Le terminal à conteneurs de Mourepiane est bloqué depuis le 12 juin 2009 par les salariés CGT du port qui refusent d'être transférés au privé (photo GPMM)
FRANCE. Lentement mais sûrement, la réforme portuaire entre dans les faits à Marseille. Le Grand port maritime (GPMM) a très discrètement signé, lundi 29 juin 2009, des pré-protocoles d’accord avec les opérateurs historiques des terminaux portuaires concernés par la loi du 3 juillet 2008.

Les entreprises sont Intramar (filiale indirecte de CMA CGM et de P&O Ports ) qui opère sur le terminal à conteneurs de Mourepiane à Marseille, Eurofos (également filiale de CMA CGM et de P&O Ports) et Seayard, manutentionnaires du terminal à conteneurs de Fos, et Carfos (groupe SeaInvest) qui est l’opérateur du terminal minéralier de Fos.

Il a été convenu la cession des grues et le transfert des personnels de conduite et de maintenance.

Ce pré-protocole doit être approuvé par le conseil de surveillance du GPMM le 6 juillet 2009, puis il sera soumis à la commission nationale d’évaluation chargée de se prononcer sur le prix d’acquisition proposé par les opérateurs.

"La réforme s'appliquera à Marseille"

Le GPMM disposait d’un délai de trois mois pour finaliser cette négociation de gré à gré. Ce délai expire le 3 juillet 2009. Lundi, le GPMM a informé les représentants syndicaux que les personnels concernés allaient être transférés aux entreprises privées de manutention.

La réaction ne s’est pas faite attendre : une quarantaine de personnes en tenue de travail du port, dont une dizaine cagoulées et armées de haches et de barres de fer, a saccagé le bureau du directeur général du port.

« La réforme s’appliquera à Marseille comme dans les autres ports », ont aussitôt répondu Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports, et Jean-Claude Terrier, président du directoire du GPMM.

La CGT, pour sa part, a dénoncé « le chantage et les menaces d’un transfert systématique décidé unilatéralement par la direction du port », jugés « irresponsables et inacceptables ». Le syndicat a pourtant signé le 30 octobre 2008 un accord cadre prévoyant des conditions améliorées pour l’application de la réforme portuaire !

« Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est le caractère obligatoire du transfert de personnel. La CGT du port veut que ce soit sur la base du volontariat », commente Mireille Chessa, secrétaire générale de l’Union départementale CGT.

Négociations bloquées

Le port, une fois le pré-protocole de cession approuvé par son conseil de surveillance et les valorisations acceptées par la commission d’évaluation, établira une liste de personnel transférable et mènera alors des négociations individuelles pour signer un nouveau contrat de travail tripartite (salarié-GPMM-opérateur).

A Mourepiane, la cinquantaine de salariés qui bloquent, à tour de rôle, le terminal depuis le 12 juin 2009, peuvent encore refuser de signer ce nouveau contrat de travail.

« Les négociations avec la CGT ont très vite été bloquées. Le syndicat a refusé systématiquement toutes nos propositions. Il n’a cédé sur rien et nous a fait des propositions non-conformes à la loi, ne correspondant pas à nos demandes et incluant des opérateurs qui n’ont rien demandé », commente Michel Henry, patron d’Intramar, qui s’attèle désormais au chantier de la rédaction de la convention de terminal.


Aliette de Broqua


Mardi 30 Juin 2009



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