Photovoltaïque : l’Allemagne veut s’étendre au soleil de la MéditerranéeL’Union pour la Méditerranée est une aubaine pour l’industrie photovoltaïque allemande qui peut partir à la conquête du soleil sous ce label. Déjà, très présente en Espagne, elle prépare ses batteries sur le rivage sud-méditerranéen. Et rêve de poser ses capteurs dans le Sahara.
Le SPEX (Solar Park Extremadura) se déploie sur 195 hectares, soit 390 terrains de football !
ESPAGNE/ALLEMAGNE. En un temps record de sept mois, le plus important parc photovoltaïque double axe du monde vient d’être construit en Estrémadure. Non loin de Mérida aux vestiges romains classés par l’Unesco, le SPEX (Solar Park Extremadura) déploie sur 195 hectares (390 terrains de football !) ses 170 000 panneaux représentant une puissance totale de 30 MW.
Chacun des panneaux fabriqués en Allemagne, E-U ou Japon a une superficie de 130 m2 et possède un dispositif suiveur de trajectoire solaire. La production de ce complexe représente la consommation électrique de 20 à 30 000 foyers. L’Estrémadure qui figure parmi les régions d’Europe à l’indice d’ensoleillement le plus élevé (+ 3200 h/ an), produirait 20% de l’énergie solaire hispanique. La Deutsche Bank au soleil
L’investissement de 250 M€ a été réalisé par Solar Parks of Extremadura, une société formée par le régional Energías del Guadiana et la Deutsche Bank, très impliquée en Espagne. Lors de l’inauguration, Frank Hasselwander, représentant de l’institution financière allemande n’a pas manqué de mettre en valeur l’ampleur de l’équipement et l’exemplarité de la coopération européenne. Son discours n’a fait que confirmer l’intérêt de Berlin pour l'Union pour la Méditerranée (UPM). En effet, la puissante industrie photovoltaïque germanique, la première au monde, rêve de s’étendre sur les rivages ensoleillées du Mare nostrum.
« Les entreprises allemandes et leurs centres de recherche figurent à la première place en matière de savoir-faire technologique. Cependant, vu les conditions climatiques de l'Allemagne, elles trouvent une application très réduite dans le pays », explique pour le quotidien Frankfurter Rundschau l'expert en énergies renouvelables Gerd Eisenbeiß. Avant de poursuivre : « Pour le gouvernement allemand - qui a fortement contribué à établir les compétences allemandes en matière de centrales solaires - l‘UPM offre une opportunité d’accélérer la mise en place de ce savoir-faire ». Le Sahara dans le capteur photovoltaïqueLe quotidien helvétique Le Temps ne tombe pas lui non plus dans le panneau : « C’est d’ailleurs pour protéger les intérêts industriels allemands que la chancelière Angela Merkel a tant insisté pour que l'UPM soit une initiative collective de l’Union européenne. Le plan solaire présenté par l’Allemagne qui vise à valoriser l’immensité désertique saharienne est à ce titre emblématique d’une vision audacieuse et d’une complémentarité exemplaire entre le Nord et le Sud ». C’est que de la Méditerranée et de son soleil, les Allemands n’entendent pas seulement tirer leur bronzage. Ils savent que les pays du Maghreb recèlent un formidable gisement solaire. L’Algérie et l’Allemagne ont ainsi signé, début 2008, un accord de coopération pour la développer. La ville allemande d’Aachen devrait être reliée à la ville algérienne d’Adrar par un câble de 3000 km qui transportera de l’électricité produit par une centrale solaire. Baptisé « clean power from desert », le projet, qui est estimé à 2 Md€, attend des financements. Robert Villena
Lundi 10 Novembre 2008
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