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Pétrole off shore, la Grèce menace la candidature de l'Albanie à l'UE


La Grèce entend mettre sous son contrôle quelque 344 km² d'eaux internationales, interprétant ainsi en sa faveur la Convention UNCLOS sur le droit maritime, heurtant les intérêts de l’Albanie voisine. Un premier accord entre les deux gouvernements n’a pas été ratifié, mais Tirana craint un veto grec pour sa candidature à l’UE.



Carte du detroit de Corfou, préparée par les experts grecs visant la mise sous contrôle d'un "triangle" de quelques 344 km² ( Photo: Ministère grec de la Defense)
Carte du detroit de Corfou, préparée par les experts grecs visant la mise sous contrôle d'un "triangle" de quelques 344 km² ( Photo: Ministère grec de la Defense)
ALBANIE / GRÈCE. Une tentative, jusqu'ici sans succès, pour déterminer la frontière maritime entre l'Albanie et la Grèce au détroit du Corfou et au nord de l'île, peut devenir un obstacle majeur à la demande de candidature du «pays des aigles" à l'Union Européenne.

D'autres exemples similaires existent comme le litige frontalier entre la Croatie et la Slovénie qui barrait depuis de nombreuses années l'entrée de la Croatie dans l'UE  (lire : Le golfe de Piran, enjeu territorial entre la Croatie et la Slovénie).

La frontière maritime entre la Grèce et l’Albanie n'est pas encore définie selon la Convention de Montego Bay (Jamaïque) du droit maritime (UNCLOS - Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, 1982), signée par les deux pays. Toutefois, cela n'empêche pas la libre circulation du trafic maritime dans le détroit de Corfou.
Mais en 2009, le gouvernement grec a demandé avec une hâte inhabituelle, la définition de la frontière. Avec comme traduction un accord conclu entre les deux gouvernements, signé par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, mais non ratifié par les Parlements.

En Albanie, l'opposition politique, sur les considérations de certains experts locaux du droit international et de la mer, a demandé à la Cour constitutionnelle d'étudier ce cas.
Un soupçon pèse sur le fait que la partie grecque connaissait les importantes réserves de pétrole et de gaz dans la zone marine concernée et que, en interprétant la Convention maritime à sa manière, voudrait «conquérir»  ces 334,4 km² riches en hydrocarbures.

L’interprétation, selon les experts, s'avère erronée, puisque la baie de la ville de Saranda (sud du pays) vient d’être considérée comme zone d’eaux territoriales et donc n'entre pas dans les eaux intérieures de l'Albanie. Cette affirmation repousse la frontière vers l'Albanie de plusieurs miles. De même, le projet d'accord rédigé par Athènes comptait comme point de référence une falaise (Barchetta) inhabitée, sans aucune activité économique, que les Grecs qualifient d'île. 

La Cour constitutionnelle albanaise a rejeté unanimement l'accord, en s'appuyant sur l'illégalité de la procédure suivie pour nommer les représentants albanais, qui devaient bénéficier de l'approbation du Président de la République.

Mais, comme la Grèce se trouve dans l’œil du cyclone de la crise, elle insiste sur l’approbation de l’accord. Ces jours-ci, les diplomates albanais entament de nouvelles négociations avec la partie grecque sur la question. Les explications données par les fonctionnaires de l’État restent confuses, vagues et contradictoires.

Répercussions économiques

La Grèce, de plus en plus dépendante des importations d'hydrocarbures, espère pouvoir utiliser les zones pétrolifères de la mer Ionienne et de la Méditerranée, en particulier dans les zones autour des îles de Corfou et de Crète. Comme annoncé ces jours-ci à Athènes par le journal "Imerisia", le ministère grec de l’Énergie vient d'octroyer, à la compagnie norvégienne Petroleum Geo-Services ASA (PGS), le droit d’effectuer des recherches sismiques pour le gaz et le pétrole dans cette région.
Selon les données non confirmées publiées dans la presse grecque, les réserves de hydrocarbures de la mer Ionienne pèseraient environ 450 mrds €.

Cependant, en juin 2012, les autorités albanaises accordaient à la société "Emanuelle Adriatic Energy Ltd.", enregistrée à Chypre et filiale de l'ILDC israélienne, une concession de recherche et d'exploitation des hydrocarbures dans une large zone de 5,070 km² dans partie sud de la mer Adriatique.

Selon le quotidien israélien  "Globes", le succès des puits de pétrole dans la région devrait être garanti.

Solution politique

En plus de l'utilisation des ressources naturelles marines, la Grèce entend aussi devenir un troisième acteur dans le détroit d'Otrante, avec l'Italie et l'Albanie.

Un possible accord avec l’Albanie créerait un nouveau triangle supplémentaire d’eaux territoriales grecques le permettant. L'Italie reste muette jusqu'à présent et ne se prononce pour aucune des parties.

Le gouvernement albanais poursuit une politique prudente pour éviter une impasse à sa candidature à l'Union européenne. À l’occasion du 100e anniversaire de la proclamation de l'indépendance du pays (28 novembre 1912) et à la veille des élections législatives de 2013, l'exécutif albanais chercherait à se cacher derrière des institutions telles que la Cour constitutionnelle afin de limiter tout problème avec la Grèce.

Le gouvernement albanais peut également demander une interprétation par un tribunal international, mais un «non» à l'accord signé se traduirait par un feu rouge automatique pour les prochaines étapes du processus d'adhésion à l'UE. La Grèce disposant du droit de veto.




Mardi 11 Septembre 2012



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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