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Patrick Daher, nouveau pilote du Grand Port Maritime de Marseille

Son nom était susurré depuis quelques semaines déjà. Patrick Daher, Pdg du groupe éponyme, a officiellement pris la barre du Grand port maritime de Marseille (GPMM), en tant que président du Conseil de surveillance, le 23 janvier 2009, jour de la séance constitutive. Epaulé par Jacques Truau, vice-président, l’homme d’affaires aux racines marseillaises, s’est fixé un cap pour son mandat quinquennal: « mener la réforme à son terme » et servir les clients du port au « meilleur coût ».


De g.à dte: Jean-Caude Terrier, Patrick Daher et Jacques Truau, les trois hommes clé du GPMM (Photo NBC).
De g.à dte: Jean-Caude Terrier, Patrick Daher et Jacques Truau, les trois hommes clé du GPMM (Photo NBC).
FRANCE. Après moult hésitations, dues à ses fonctions de patron d’une entreprise de sous -traitance aéronautique de 7.000 personnes, il a fini par « céder à la pression » en acceptant le poste pour « servir les intérêts de Marseille », berceau du groupe Daher au 19ème siècle.

Ainsi s’est présenté pour la première fois à la presse, le président du Conseil de surveillance à l’issue de son assemblée constitutive, le 23 janvier 2009. Assemblée où siégeaient 17 membres parmi lesquels 5 représentants de l’Etat, 5 personnalités qualifiées, 4 représentants des collectivités territoriales et 3 représentants des salariés.

Au rang des toutes premières décisions prises par cette assemblée : les nominations de Patrick Daher comme président, de Jacques Truau, vice-président, et l’avis favorable émis à la désignation de Jean-Claude Terrier, ex-directeur général du port, comme président du directoire.

Ce dernier doit désigner à son tour, dans les tous prochains jours, les trois personnes qui composeront l’organe exécutif du port avant de soumettre leurs noms à l’approbation du Conseil de surveillance en février.

Deux missions : finaliser la réforme et avoir une vision à long terme

Patrick Daher (Photo NBC)
Patrick Daher (Photo NBC)
« Nous avons deux missions : Finaliser la réforme portuaire et avoir une vision à long terme, à 10/ 20 ans, qui dépasse ma simple mandature. Le Conseil de surveillance doit, entre autres, adopter le plan stratégique, nommer les membres, approuver les investissements », explique Patrick Daher qui se pose en « médiateur »

. Jacques Truau jouera de son côté un rôle de "facilitateur ». L’ancien président du port et président fondateur du Club de la Croisière, entend mettre à profit son expérience de la gestion « des conflits sociaux » ou l’organisation des « départs anticipés des dockers dans le cadre du plan amiante » au service du GPMM.

Les trois nouveaux hommes clé du port de Marseille-Fos ont détaillé la chronologie de la mise en place du projet stratégique : « Nous devrons déposer une première version du projet au Conseil de développement portuaire qui sera désigné par le Préfet.

Le Conseil de développement devra rendre son avis au bout d’un mois. Après nouvel examen par le Conseil de surveillance mi-février, le projet stratégique sera arrêté au mois d’avril
», explique le nouveau président du directoire, Jean-Claude Terrier. Beaucoup de procédures, de navettes destinées à finaliser le carnet de route du port.

Meilleure route et accidents de parcours

Le projet stratégique, « fixe les grandes orientations » et « définit les objectifs financiers », il doit déterminer quels seront les « métiers qui resteront au port » et ceux qui seront transférés aux opérateurs privés.

Pragmatique, Patrick Daher s’est plu à comparer le projet stratégique à un GPS, outil de pilotage chargé d’« indiquer la meilleure route en tenant compte des incidents de parcours ».

Premier obstacle sur ce qui ressemble davantage à un chemin vicinal qu’à une autoroute, le départ en ce début d’année du groupe israélien Agrexco et de ses 200.000 palettes de fruits et légumes vers le port de Savone Vado.

« Cela démontre que ce n’est pas le port qui choisit ses clients mais l’inverse. Avec une escale hebdomadaire, ce trafic présentait une certaine fragilité.

Le client n’a pas trouvé auprès de son manutentionnaire les conditions économiques qui permettaient son maintien à Marseille. Lorsqu’il y a des investissements lourds ce n’est pas illégitime que de demander à son client des investissements sur le long terme
», indique Jean-Claude Terrier qui doit rencontrer les dockers, durement touchés par la perte de ces trafics avec 12 à 14.000 journées de travail en moins.

Lire aussi: Fruits : Agrexco quitte Marseille pour Savone Vado


Nathalie Bureau du Colombier


Vendredi 23 Janvier 2009



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