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Pas de «printemps arabe» en Algérie


Si l’expression «printemps arabe» désigne un soulèvement de la population contre les régimes politiques dictatoriaux ou autoritaires des pays de la région dans l’intention d’instaurer un régime démocratique, on peut affirmer que l’Algérie ne connaît pas, en cette année 2011, de «printemps arabe».



Alger vit à l'heure du patriotisme économique (photo AB)
Alger vit à l'heure du patriotisme économique (photo AB)
ALGÉRIE. Le premier semestre a connu une multitude de mouvements de grèves touchant tous les secteurs de la vie économique et sociale. De nombreuses catégories – des ouvriers aux médecins spécialistes en passant par les étudiants et autres chômeurs – ont initié des grèves et autres manifestations de rue pour se faire entendre.

La situation financière du pays étant solide, du fait de la hausse des prix du pétrole, les autorités n’ont pas regardé à la dépense pour satisfaire la quasi-totalité des revendications : augmentations de salaires, relogements, mesures en faveur de la création de petites entreprises…

Parallèlement au désamorçage financier de la contestation sociale, les autorités ont veillé à entraver les efforts de ceux des opposants qui prônaient une dynamique à la tunisienne ou à l’égyptienne sous les auspices du fameux slogan : «Dégage !»

Le gouvernement fera preuve de souplesse (abrogation de l’état d’urgence en vigueur depuis 19 ans, lancement d’un «dialogue politique avec les partis et la société civile», annonce de «réformes politiques profondes»…) tout en restant ferme sur le fond. Le droit de manifester reste interdit dans la capitale alors que les médias lourds et le processus de réforme politique sont entièrement sous le contrôle des autorités.

Poursuite de la coopération internationale

Dans ce contexte, la situation économique est toujours marquée par le tournant vers le «patriotisme économique» effectué depuis 2008 pour faire face aux effets de la crise financière mondiale. Considérant que l’ouverture tous azimuts menée depuis des années était un échec, le gouvernement de M. Bouteflika a décidé de privilégier les acteurs économiques algériens publics et privés et de limiter les importations afin d’éviter un déséquilibre de la balance commerciale.

La loi de Finances complémentaire de 2009 permettra dans un premier temps de limiter les importations, avant que la tendance ne reparte à la hausse dès l’année suivante.

L’appareil industriel ayant connu un énorme recul – 5% du PIB en 2010 contre plus de 25% dans les années 1980 – l’Algérie importe énormément grâce à ses énormes ressources tirées des hydrocarbures. Un plan quinquennal 2010-2014 d’un montant de 286 mds $ est dédié en grande partie au développement des infrastructures du pays (routes, métros, tramways, barrages…).
Les échanges avec l’étranger restent très denses et la France reste en tête des partenaires bien que sa position s’érode.

Dans un entretien publié le 25 août 2011 par le quotidien El Watan, Xavier Driencourt, Ambassadeur de France à Alger, déclarait : «En 2010, la part de la France était de 15,1% contre 16,8% en 2007. La Chine est à 11%, l’Italie à 9,7%. Entre 2003 et 2007, notre part de marché a perdu 7 points.»

Les autorités tentent de contrôler la situation

L'assmblée populaire nationale (photo CC-Magharebia)
L'assmblée populaire nationale (photo CC-Magharebia)
En cette rentrée sociale, la situation ne devrait pas connaître de grands changements. En dépit d’une baisse relative du prix des hydrocarbures sur le marché mondial, l’Algérie continue d’engranger des bénéfices. Ses réserves de change ont atteint 173,91 mrds $ à fin juin 2011.

Sur le plan social, tous les indicateurs démontrent que les questions salariales, du logement et de l’emploi continuent d’alimenter une contestation multiforme à laquelle les autorités tentent de répondre : relogement massif, augmentation de salaires…

Sur le plan politique, les observateurs et autres partis politiques d’opposition considèrent que les  différents projets de textes de loi adoptés jusqu’ici par le gouvernement (projet de loi électorale, nouveau code de l’information…) ne constituent pas une véritable ouverture politique. Des élections communales et départementales sont prévues en 2012 ainsi que des législatives. Mais les rapports de force ne devraient pas changer. Une éventuelle révision de la Constitution pourrait entrainer la tenue d’un référendum.

L’Algérie, comme le reste du monde, n’est bien entendu pas à l’abri d’une accélération de l’histoire qui verrait la contestation sociale fusionner avec la contestation politique. Nous n’en sommes pas là aujourd’hui. Cherchant à se préserver dans un environnement des plus instables, les pouvoirs publics devraient continuer à satisfaire la demande sociale et poursuivre leur politique d’investissements massifs tout en ouvrant lentement le système politique. La volonté affirmée de défense de l’économie nationale ne semble pas, à ce stade, remettre en cause la transition à l’économie de marché engagée il y a trois décennies maintenant.

L’ouverture est un choix stratégique des autorités. Mais le gouvernement algérien voudrait éviter que les relations avec ses partenaires étrangers ne se réduisent à des relations strictement commerciales.


A. Belkessam, à ALGER


Mardi 13 Septembre 2011



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