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PSA et Renault marchent sur des œufs au Maroc et en Algérie


Renault a annoncé l'augmentation de ses achats au Maroc, sur fonds de rivalité Maroc-Algérie, tandis que Renault Truck prévoit la construction d’une usine d’assemblage à Meftah. L’usine PSA en Algérie reste en suspens, dans un contexte tendu entre la France et l’Algérie.



L'usine de Renault à Tanger est dimensionnée pour assembler 350 000 voitures par an contre 25 000 pour son usine d'Oran.
L'usine de Renault à Tanger est dimensionnée pour assembler 350 000 voitures par an contre 25 000 pour son usine d'Oran.
MAROC / ALGÉRIE/ FRANCE. Jeu de billard à trois bandes entre la France, à travers ses deux constructeurs automobiles, le Maroc et l’Algérie. Alors que Renault Truck a signé, dimanche 10 avril 2016 en Algérie, un protocole d’accord pour la construction d’une usine d’assemblage de camions, le groupe avait déjà paraphé deux jours plus tôt à Rabat, une convention pour améliorer le sourcing local de son usine de Tanger. Au même moment la signature d’un accord d’implantation d’une usine PSA en Algérie était reporté « à une date ultérieure ». Entre le Maroc et l’Algérie, les constructeurs automobiles français marchent sur des œufs.

Le 8 avril 2016, Bernard Cambier, directeur des opérations de Renault pour la région Afrique-Moyen Orient-Inde a signé une convention cadre avec Moulay Hafid El Alamy, ministre marocain de l’Industrie et du Commerce pour la création d’un « écosystème Renault ». Selon la communication du gouvernement marocain, le groupe français et ses fournisseurs devrait investir près de 900M€ dans les prochaines années et créer ainsi 50 000 nouveaux emplois.

Excès d'enthousiasme ? Renault, dans son communiqué, ne confirme pas ces chiffres, mais annonce plutôt qu’il compte réaliser 1,8 mrds d'€ (20 mrds de dirhams) de sourcing au Maroc (achats locaux et export) à l’horizon 2023. « L'engagement du groupe Renault est d'atteindre un taux d'intégration de 65% qui passe par une localisation en profondeur ainsi qu'une intégration locale renforcée par les matières et les composants », révèle le constructeur.

Renault Truck à Meftah

Renault truck s'installe en Algérie.
Renault truck s'installe en Algérie.
2 jours plus tard, lors du 3e forum algéro-marocain à Alger et dans le cadre de la visite du premier ministre français, Manuel Valls, Renault Truck signe un protocole d’accord avec le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, pour réaliser une usine d’assemblage de ses camions à Meftah, en joint-venture avec le groupe algérien BSF Soukari. Sa capacité de production pourrait aller jusqu’à 2 000 camions par an. Volvo assurerait la formation des employés, avec comme objectif un début de production en 2017.

En dépit de cette bonne nouvelle, le sommet Algérie-France s’est surtout caractérisée par le report de la signature de l’implantation de la première usine PSA en Algérie. Elle avait été annonce tout à trac le 15 juin 2015 par François Hollande en visite en Algérie. Une semaine plus tard, exactement, Carlos Tavares, président du directoire de PSA, signait un accord industriel avec le ministre marocain du Commerce et de l’Industrie pour l’implantation d’une usine à Kénitra moyennant un investissement de 600 M€.

Panama Papers

Si l’implantation de PSA en Algérie avait surpris tout le monde et en premier lieu le ministre algérien du Commerce, Amara Benyounes, qui disait alors ne pas savoir « du tout de quoi il s’agit », l’annonce du report de la signature est également inattendue.

 « Au ministère de l’Industrie, on nous a expliqué que le projet est encore à l’étude et qu’ils n’ont pas le temps de l’étudier », explique Abdelmaleck Benhamadi, le président du groupe Condor, l’un des partenaires algériens du projet, alors qu’il affirmait le contraire à TSA en décembre dernier. Les tensions entre Rabat et Alger suite à l’article du Monde sur l’implication de l’Algérie dans le scandale des Panama Papers pourraient expliquer l’origine de ce report.

« Pour vendre en Algérie, il faut produire en Algérie »

Les relations diplomatiques difficiles du triumvirat France-Algérie-Maroc interfèrent ainsi avec l’activité industrielle des constructeurs français depuis ses débuts. « Pour vendre au Maroc, il faut produire au Maroc et pour vendre en Algérie, il faut produire en Algérie », résumait en juin dernier Jean Baptiste Thomas, chargé des relations de presse auprès de la Direction de communication de PSA.

Le Maroc présente les conditions les plus favorables pour une implantation industrielle. La liberté d’investir seul et de rapatrier ses dividendes ne constitue pas le moindre de ses avantages quand l’Algérie contraint tout investisseur étranger à s’associer à 49% avec une entreprise locale. Par contre, la taille du marché automobile marocain est nettement inférieure à celle de son voisin. Près de 340 000 véhicules ont encore été vendus en Algérie en 2014, contre 122 000 véhicules seulement, la même année au Maroc.




Mercredi 13 Avril 2016



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