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Odalys et Vacances Bleues divorcent

La première, numéro deux français des résidences de tourisme, avait pris une participation de 40% dans le capital de la seconde, spécialiste des vacances des seniors. Elle l’a revendu. Les deux reprennent leur route de façon autonome.


La résidence Le Clos Bonaventure d'Odalys à Gassin (photo DR)
La résidence Le Clos Bonaventure d'Odalys à Gassin (photo DR)
FRANCE. Annoncé il y a tout juste un an, le mariage entre le numéro deux français des résidences de tourisme, la société aixoise Odalys, et le spécialiste des vacances des seniors, le marseillais Vacances Bleues, a tourné court. Les deux entreprises viennent de se séparer et Odalys qui avait pris 40% du capital de Vacances Bleues a revendu sa participation à l’association actionnaire du tour opérateur marseillais.

Cette prise de participation devait être la première étape d’une prise de contrôle à 60% mais les deux patrons n’ont visiblement pas réussi à s’entendre.

« Les synergies escomptées n’ont pas été au rendez-vous », explique-t-on de part et d’autre.

En fait, ce qui était présenté comme des complémentarités des produits (hôtels pour Vacances Bleues ; résidences de tourisme, location de mobil-homes et de villas haut de gamme pour Odalys), de clientèles (individuelles, familles et seniors pour le premier ; les familles via les comités d’entreprises et les tour-opérateurs pour le second) et des implantations s’est révélé être de trop grandes différences.

Différence de culture

Surtout, la recherche de synergies s’est heurtée à la différence de culture des deux entreprises.

Vacances Bleues est née en 1971, issue du mouvement associatif, pour gérer des hôtels et résidences de vacances de caisses de retraite. Odalys est une société jeune créée en 1998 par François Mariette, son patron actuel, qui détient encore le quart du capital. La différence est de taille.

Chacun reprend donc sa route sans trop de difficulté : seules des équipes avaient été mises en commun, les deux sociétés restant des entités autonomes, même si Vacances Bleues avait quitté Marseille pour s’installer dans les locaux d’Odalys à Aix. Elle va refaire le chemin inverse. Les commercialisations croisées mises en place pour 2010 ne sont toutefois pas remises en cause.

« On a tenté l’aventure pour construire un projet mais on ne s’est pas retrouvé », commente Marianne Yung, directrice commerciale de Vacances Bleues. « Nous avons bien tenu le choc en 2009 avec un recul limité à 4,5% de notre chiffre d’affaires à 80 M€ », poursuit-elle.

« Nous voulons donc maintenir notre diversification dans le tourisme d’affaires et continuer à développer la clientèle de court séjour. C’est une façon de limiter les risques », explique la responsable. L’an dernier, c’est surtout l’activité tourisme d'affaires qui a souffert, notamment le château de Chantilly dédié à cette clientèle qui a vu ses ventes plonger de 10%.

Odalys boosté par les comités d'entreprises

Chez Odalys, l’année a été bien meilleure avec un chiffre d’affaires en hausse de 10,8% (+ 2,4% à structure comparable) à 142,3 M€, un résultat avant impôt de 5,6 M€ (+36,6%) et 1,8 million de visiteurs accueillis.

« Nous avons amorti les effets de la crise grâce à un fort taux de pénétration des comités d'entreprise qui représentent à eux seuls 42% de notre chiffre d'affaires » indique-t-on chez Odalys en soulignant que les comités d’entreprises ont permis aux salariés de partir en vacances en finançant une partie de leurs séjours.

En 2010, Odalys franchira le cap des 100 000 lits avec l’ouverture de 5 nouvelles résidences (dont 3 dans l’Ouest de la France à Gonneville-sur-Honfleur, Deauville et Saint-Brévin-L’Océan et une à Saint-Jean-de-Luz), la reprise de 5 résidences et l’extension de 4 autres.

L’entreprise veut poursuivre son développement : elle a une trentaine de projets de nouvelles résidences, soit l’équivalent de 12 à 15000 nouveaux lits dans ses cartons.


Aliette de Broqua


Jeudi 28 Janvier 2010



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