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Nouvelles restrictions pour la pêche au thon rouge

Les pays membres de la CICTA réduisent les quotas de pêche du thon rouge et la durée de la campagne, qui ne sera autorisée que du 15 mai au 15 juin en 2010. Insuffisant, jugent les écologistes, alors que les pêcheurs craignent pour la pérennité de leur activité.


Le thon rouge est essentiellement pêché en Méditerranée (photo DR)
Le thon rouge est essentiellement pêché en Méditerranée (photo DR)
MEDITERRANEE. Le thon rouge pourra toujours être pêché en 2010, mais les quotas mondiaux sont une nouvelle fois revus à la baisse.

A l’issue de trois semaines de négociations à Recife au Brésil, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA ou ICCAT), qui réunit 47 pays et la Commission européenne, a décidé de diminuer les quotas de pêche d’un tiers, avec une limitation des captures à 13 500 tonnes l’an prochain, au lieu des 19 500 tonnes prévues initialement pour 2010. En 2009, le quota était de 22 000 tonnes.

La période de pêche pour les thoniers-senneurs est en outre ramenée de deux mois à un mois, du 15 mai au 15 juin.

Cette décision a été prise sous la forte pression du Japon, premier consommateur de la chair de cette espèce très prisée, mais aussi des pays de pêche européens comme l’Italie, l’Espagne, la France, Chypre, la Grèce ou Malte. Le thon rouge se pêche principalement en Méditerranée, 80% des poissons étant ensuite expédiés au Japon.

Les critiques fusent

Le choix de la CICTA mécontente toutes les parties. 

Il est très critiqué par les associations écologistes qui préconisaient un quota maximum de 8 000 tonnes par an pour se donner 50% de chances de voir les stocks de l’espèce se reconstituer.

Leur espoir réside maintenant dans la réunion, en mars 2010, de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction, qui devra statuer sur la proposition de Monaco d’interdire le commerce international du thon rouge. Début septembre 2009, la Commission européenne avait consenti à soutenir cette interdiction, mais les pays de l’Union européenne ne se sont finalement pas mis d’accord sur une position commune.

De leur côté, les pêcheurs s’inquiètent de la pérennité de leur activité. Dans un communiqué publié le 16 novembre en France, le comité national des pêches rappelle qu’il s’était déjà engagé dans une réduction de la capacité de pêche avec la destruction de 10 thonniers-senneurs en Méditerranée. « Les contraintes supplémentaires décidées par la CICTA viennent frapper un secteur déjà durement touché depuis 2007 », dénonce le comité.

Fermes de grossissement en Méditerranée

Malgré les quotas imposés régulièrement à la baisse, la réalité des captures est toute autre.

On estime qu’elles ont varié entre 50 000 et 60 000 tonnes dans le monde entre 1998 et 2007.

La création de fermes de grossissement, essentiellement en Espagne et à Malte, est l’une des explications de ces dérives. Tout comme les prix que peuvent atteindre certains spécimens au Japon, le record étant de 546 € à la criée de Tokyo.

Lire aussi : Le thon rouge objet de toutes les convoitises
ET : Pour reconstituer les réserves, l’Europe veut fortement baisser les quotas de pêche
ET : Nouvelle réduction des quotas pour l’ouverture de la pêche au thon en Méditerranée
ET : La pêche au thon rouge sera réduite de 30% en deux ans 
ET : Pêche au thon rouge : l’Europe prône plus de contrôles mais pas de moratoire


Fanny Llorca


Lundi 16 Novembre 2009



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