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Nicolas Sarkozy et David Cameron occupent le terrain en Libye


La conférence de Paris début septembre 2011 a permis de préparer le terrain (photo présidence de la république française)
La conférence de Paris début septembre 2011 a permis de préparer le terrain (photo présidence de la république française)
LIBYE. Jeudi 15 septembre 2011, Nicolas Sarkozy, président de la République française, et David Cameron, premier ministre britannique, se sont rendus en visite surprise à Tripoli avant de poursuivre leur voyage vers Benghazi, siège du Conseil national de transition libyen (CNT).

Parallèlement, les troupes pro-CNT ont commencé leur offensive sur à Syrte, bastion d'origine de Mouammar Kadhafi où les combattants s'attendent à une importante résistance.

Pas moins de cent soixante policiers français se sont regroupés pour sécuriser la zone de rencontre entre les deux dirigeants franco-britanniques dans les bureaux du CNT libyen.

«Tant que la paix sera menacée, la France restera à vos côtés pour que pas un seul jeune libyen ne doute que son avenir ne se trouve en Libye», a promis le président de la République française. «Le peuple libyen peut compter sur l'admiration de la France, je pense notamment aux villes martyres comme Misrata. Monsieur Kadhafi doit être arrêté et tous ceux qui sont inculpés par une juridiction internationale doivent rendre des comptes sur ce qu'ils ont fait», a insisté Nicolas Sarkozy.

Lors d'une conférence de presse, le chef de l'État a demandé qu'il n'y ait "pas de vengeance, pas de règlements de comptes". La Cour pénale internationale a lancé des mandats d'arrêt internationaux contre l'ancien dirigeant libyen, qui n'a pas été vu en public depuis juin 2011, et certains de ses proches.


Une constitution modérée

Une polémique est apparue lorsque le quoditien français Libération a publié le 1er septembre 2011, une lettre attribuée au CNT promettant à la France 35 % du pétrole brut libyen en échange de son soutien à l'insurrection. Nicolas Sarkozy a démenti l'existence d'un accord secret de partage des richesses en hydrocarbures de la Libye avec les pays qui, comme la France et la Grande-Bretagne, ont aidé l'insurrection qui a renversé le régime du colonel Kadhafi.

"Je voudrais dire à l'ensemble des opinions publiques arabes qui nous écoutent qu'il n'y a eu aucun accord, qu'il n'y a eu aucun dessous-de-table quant aux richesses de la Libye, que nous-mêmes nous ne demandons aucune préférence et aucun passe-droit, a-t-il dit. Nous avons fait ce que nous avons eu à faire parce que nous pensions que c'était juste (...). Ce que décidera le gouvernement [libyen] sera bien et s'il veut faire confiance à nos entreprises, nous en serons très heureux."

Certaines réserves apparaissaient également sur la mise en place d'un État islamique en Libye après que le chef du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a affirmé lundi 12 septembre 2011 que l’islam serait la principale source d'inspiration de la nouvelle constitution du pays. Mais le numéro un du CNT s'est empressé de préciser que le texte aura un caractère "modéré". "Nous n'accepterons aucune idéologie extrémiste de droite ou de gauche, a-t-il déclaré. Nous sommes un peuple musulman, à l'islam modéré, et nous allons rester sur cette voie."


Astrid Jousset


Jeudi 15 Septembre 2011



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