partager partager

Natural Aqua se lance dans les panneaux attrape-rosée

Une pluie de récompenses tombe sur cette PME créée en 2001 aux Canaries. Normal, Natural Aqua a réinventé l’arbre de pluie. Son dispositif pourrait être une solution dans les régions arides où les communautés rurales sont confrontées au problème de l’eau. L'entreprise participe à une cartographie des brumes pour repérer les zones propices.


Natural Aqua se lance dans les panneaux attrape-rosée
ESPAGNE/MEDITERRANEE.La structure ne paie pas de mine. Son treillis métallique léger composé de volets garnis de filets a pourtant fait ses preuves sur le terrain depuis bientôt trois ans. Ce « captureur » de brume ou de brouillard apporte une solution dans les régions arides où les communautés rurales sont confrontées au problème de l’eau.

Fontaine d’eau douce, il peut avoir des utilisations variées : l’irrigation, la prévention et de lutte contre les incendies, la reforestation… Le procédé a été distingué par plusieurs prix, dont la médaille d’or du 28e salon de l’innovation de Genève et le prix spécial de la Société Suisse pour la protection de l’environnement.

Comme un arbre

Comment ça marche ? La structure fonctionne comme un arbre. L’humidité dans l’atmosphère (brume, rosée mais aussi neige) est interceptée par les filets, où, agglomérée par la collecte, elle finit par former un filet d'eau pure qui peut être transporté ou stocké. Le procédé est peu coûteux (une centaine d’euros), silencieux, ne nécessite aucune énergie, n’altère pas le cycle hydrologique et ne demande que très peu d’entretien.

Les premières installations fonctionnent sur les îles face aux alizés. Le rendement optimum est atteint entre 500 et 1500 mètres d’altitude. À Fuerteventura (Canaries), une installation de dix panneaux a réussi à capter 600 litres d’eau par jour. Et à Madère, ce sont 3 600 litres qui ont été recueillis. « Avec une superficie de 10 m2, "Aquair Optimizer " peut capturer jusqu’à 4200 litres », assure Graciela Rivero, gérante de Natural Aqua.

Identifier les zones propices

Même si la PME espagnole a commencé à commercialiser son dispositif, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Il faut notamment identifier les zones propices et pour cela réaliser une cartographie des brumes. L’expérience fait partie du projet européen DYSDERA auquel participent les îles de la Macaronésie (Açores, Madère et Canaries).

« Mais nous désirons aller plus loin, couvrir le monde », précise Graciela Rivero. La France, la Grande Bretagne et la Turquie auraient déjà manifesté leur intérêt pour la technologie. À quand des panneaux-capteurs dans les pays en voie de développement ? Une fondation créée par la PME «Agua sans frontières» a commencé à prospecter en Colombie et en République Dominicaine en fournissant gratuitement les plans aux communautés intéressées. L’Afrique sub-saharienne pourrait être la prochaine étape.

Natural Aqua, www.naturalaqua.es


Robert Villena


Lundi 3 Novembre 2008



Lu 3757 fois
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


Publicité




avis d'expert
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Dr. Christian Averous Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version

Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Jean-François Coustillière Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.

Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Michel Roche Par Michel Roche, consultant
Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.