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Mustapha Habib Testouri: "Nous nous accrocherons à l'UTICA jusqu'à l'ultime minute, jusqu'au dernier souffle"


TUNISIE. Dans une interview accordée à econostrum.info, Mustapha Habib Testouri, président de la Fédération nationale des petits métiers, dévoile la composition du nouveau comité provisoire élu par le conseil national et réitère l'attachement de tous les membres à l'Union tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (l'UTICA).



Mustapha Habib Testouri, président de la Fédération nationale des petits métiers. Photo DR.
Mustapha Habib Testouri, président de la Fédération nationale des petits métiers. Photo DR.
TUNISIE. econostrum.info: Le conseil national de l'Union tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA), tenu le 19 mars 2011, à la Résidence a pris des décisions destinées à sortir l'UTICA de la crise. Explicitez-nous ces décisions?

En fait, le conseil national de l'Union tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat a décidé, le 19 mars 2011 de constituer un comité provisoire jusqu'à la tenue du 15 ème congrès de l'organisation en vue de résoudre la crise actuelle, au sein de l'UTICA. Composant un panel représentatif, le comité élu à l'unanimité de tous les membres du conseil est composé des membres de l'ancien bureau exécutif, des fédérations nationales, des présidents des unions régionales et des mouvements des jeunes, tout en garantissant une sectorielle, régionale et des femmes.

 La réunion du conseil a également mis en place 6 commissions dont une sera chargée de veiller au bon déroulement des élections. Les adhérents à l'UTICA sont conviés aux urnes pour renouveler leurs institutions centrales et régionales dans un climat de transparence et de confiance. Il s'agit de renouveler le contrat de confiance entre l'organisation et ses membres. L'UTICA ouvre grands les bras pour tous les autres membres opprimés qui aspirent à recouvrer leur liberté et leur dignité spoliées.

"Au cours des prochaines élections le résultat sera décevant pour le camp Tarek Cherif"

econostrum.info: Certains chefs d'entreprises à l'instar de Adel Bel Khiria ont été privés de la
réunion du conseil national. Pourquoi? 

La composition du conseil national est définie dans les règlements. Seuls les membres du bureau exécutif national, les 24 présidents des unions régionales, les présidents des chambres nationales syndicales, les présidents des chambres de commerce et d'industrie et le Cjd peuvent assister à la réunion du conseil.

Dans ce contexte, je voudrais signaler que ces gens ont tout fait pour mettre des bâtons
dans les roues. Ils ont mobilisé leurs partisans dans les régions enclavées comme Sfax ou Gabès pour mener une guerre farouche contre notre organisation. Ils sont même allés au delà d'une simple mobilisation. Ils paient des gens pour provoquer des bagarres parmi les adhérents. Cette offensive tout azimut n'a qu'un but: plonger l'organisation dans la crise.

econostrum.info: Le clan Tarek Cherfi appelle au remplacement de l'Utica par l'Union des Commerçants et Industriels Libres (l'UCIL). Qu'en pensez-vous ?

Le clan de Tarek Cherif a un plan bien clair dans sa tête. Il veut dissoudre l'UTICA et donner naissance à une autre organisation qui sert ses fins et ses intérêts personnels et non pas les intérêts de ses adhérents. En dépit des efforts déployés en vue de redorer son blason et consolider son pouvoir, le clan Tarek Cherif fait aujourd'hui l'unanimité contre lui, dans le dégoût et la révulsion. Je vous jure qu'aux cours des prochaines élections le résultat sera décevant pour le camp Tarek Cherif .

Nous sommes pour le pluralisme syndical. Cela ne peut être qu'enrichissant pour notre pays. Mais nous protègerons notre organisation jusqu'à l'ultime minute, jusqu'au dernier souffle.

"Hédi Djilani et les membres du bureau exécutif émanant du congrès de novembre 2006 innocentés de toute accusation"

econostrum.info: Le comité ‘‘Sauvons l’Utica’’ vient de déposer une requête auprès du procureur de
la République au tribunal de première instance de Tunis, contre Hédi Djilani, l’ancien président de la centrale patronale, et les membres du bureau exécutif. Il réclame l’ouverture d’une enquête sur «la corruption, la mauvaise gestion des ressources de l’Utica". Que pensez-vous de
ces accusations?


Entaché de soupçons de fraudes, l’ancien président de la centrale patronale, Hédi Djilani et les membres du bureau exécutif émanant du congrès de novembre 2006 ont été blanchis de toute
accusation. Mabrouk Ayari de la société Polaris International, chargé d'enquêter sur les fraudes au sein de l'UTICA a conclu dans son rapport, présenté lors de la réunion du conseil national, qu'il
n'existait pas des preuves pour des poursuites en justice contre le clan Hédi Djilani.

econostrum.info: Pensez-vous que le comité "sauvons l'UTICA" commence à gagner du terrain auprès de l'opinion publique?

Non je ne le pense pas. Ce comité a adressé plus de 250 invitations aux présidents des syndicats. Résultat: Personne n'a répondu favorablement à son appel. Ce comité qui rêve "d'être calife à la place de calife" s'est noyé dans la houle des récits bruts. Ces gens sont libres de faire ce qu'ils veulent et nous faisons ce qu'il faut pour mettre notre organisation de nouveau sur les rails. Je pense qu'il est temps de concentrer les efforts sur l'édification d'une forte organisation, plutôt que de disperser l'attention et la volonté sur d'innombrables sujets. Nous travaillerons d'arrache pied pour chasser le doute et couper l'herbe sous les pieds de ces charognards qui tentent par tous les moyens de semer l'anarchie au sein de l'organisation.

"Personne n'osait plus élever la voix pour dénoncer les dépassements commis au cours de la dernière décennie"

econostrum.info: Quel genre de pression a subi les membres de l'Utica sous le règne de Ben Ali?

Sous le règne du président déchu Ben Ali, l'étau s'est resserré autour de Union Tunisienne
de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat. Époque difficile où se multipliaient les tracasseries contre les membres l'UTICA.

Il n y avait ni leader, ni unité au sein de l'organisation, ce qui a laissé une grande liberté au clan Ben Ali
pour reprendre la main. Personne n'osait plus élever la voix pour dénoncer les dépassements et les abus commis au cours de la dernière décennie, marquée par l'exclusion et la répression.

Il exerçait son pouvoir avec autorité et dureté. A titre d'exemple, les chefs d'entreprises ou encore les cadres de haut niveau au sein des compagnies tunisiennes qui refusaient de se plier aux exigences de l'ancien régime ont subi de lourds redressements fiscaux.

Cela s'est produit avec le pdg de Poulina, groupe tunisien opérant dans des domaines divers, qui a refusé en 1992 de verser un montant imposé abusivement par le gouverneur de Ben Arous, l'un des allié de l'ancien régime pour le Fonds de solidarité nationale (FSN). Ce Fonds devait théoriquement permettre des investissements publics dans des programmes et projets de réduction de la pauvreté. Il était en fait alimenté par des « dons obligatoires » et non pas par des « dons volontaires ».

face à cette répression permanente, nous avons essayé d'utiliser différentes méthodes pour faire
entendre notre voix. En 1998,  lors d'une émission télévisée, diffusée sur la chaine nationale canal 7, nous avons abordé avec franchise plusieurs questions en relation avec la situation économique du pays. Résultat: l'émission a été supprimée et  nous avons été victimes de sanctions fiscales  injustifiées. Nous avons payé cher notre franchise.  

"La révision du code du travail vient à la tête de la liste de nos revendications"

econostrum.info: La révision du code du travail figure parmi vos revendications. Comment voyez-vous cette question?

La révision du code du travail vient en tête de la liste de nos revendications. Le nouveau gouvernement devrait plancher sur un projet d'amendement du code du travail en vue de remédier aux failles de l'ensemble des textes juridiques régissant la relation entre employés et employeurs.

econostrum.info: Qu'en est-il du remplacement du Fonds de solidarité nationale (FSN) par la taxe sociale ?

A mon avis, le remplacement du Fonds de solidarité nationale (FSN constitue la priorité des priorités. Ce modèle de couverture sociale qui a rencontré un vif succès dans les pays scandinaves vise à garantir la dignité humaine et à apporter une certaine correction au paysage social tunisien. Ce projet ambitieux permettra à toute personne titulaire d'une carte d'identité de bénéficier de la couverture sociale. Je vais déposer le dossier de la taxe sociale auprès du Ministre des affaires sociales et l'UGTT.


Propos recueillis par Rym Tlili, à TUNIS


Vendredi 25 Mars 2011



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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