Mouammar Kadhafi vit ses derniers instants à la tête de la LibyeLa fin semble proche pour Mouammar Kadhafi. Les opposants prennent possession de la capitale Tripoli et encerclent sa résidence. Deux fils du leader libyen ont été arrêtés.
LIBYE. Après la Tunisie et l'Egypte, la Libye pourrait bien être le prochain pays à réussir sa révolution en 2011 après 186 jours de combats. Le week-end des 20 et 21 août 2011, lancés dans une opération baptisée "Sirène", les opposants à Mouammar Kadhafi ont franchi les portes de Tripoli. Lundi 22 août 2011 au matin, Barack Obama annonçait dans un communiqué, "cette nuit le mouvement contre le régime Kadhafi a atteint un point de non-retour. Tripoli se libère de la poigne du tyran." Le président américain rejoignait le concert de satisfecits déployés dès la veille par l'Otan et des dirigeants de plusieurs pays européens. José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, ont publié une déclaration conjointe invitant fermement le numéro un libyen à quitter le pouvoir : "nous exhortons le Colonel Kadhafi a accepter la volonté du peuple, à se retirer immédiatement et à éviter de nouvelles souffrances et effusions de sang."
Seul Hugo Chavez, président vénézuelien, continue à affirmer son soutien au colonel libyen et dénonce l'action des "Etats-Unis et certains états européens qui souhaiteraient s'emparer d'un pays et de ses richesses." Alors que l'aéroport et l'autoroute menant en Tunisie sont aux mains des insurgés, les combats se poursuivent dans la capitale libyenne où de nombreuses poches de résistance persistent.
Luis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé que Seif-al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi et comme son père sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI, a été arrêté. Son frère, Mohammed Kadhafi est aussi entre les mains des opposants. Son interpellation se serait déroulée alors qu'il donnait une interview à Al Jazeera depuis son domicile.
Mouammar Kadhafi dirige le pays depuis quarante-deux ans. Selon une source diplomatique, il serait toujours présent au sud de Tripoli dans sa résidence bunkerisée de Ban al-Aziziya. Cette maison est le théâtre d'intenses combats depuis 6h du matin heure française lundi 22 août 2011. D'autres sources évoquent un départ au Zimbabwe. Son ancien bras droit, Abdessalem Jalloud a fait défection vendredi 19 août 2011 en appellant à "renier le tyran" depuis la Tunisie où il s'est réfugié. Le gouvernement tunisien a décidé de reconnaître le Conseil national transitoire libyen (CNT) comme "représentant légitime du peuple libyen". Une reconnaissance tardive qui met fin à sa neutralité dans ce conflit à sa frontière. Frédéric Dubessy
Lundi 22 Août 2011
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