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Mohamed Benini : «Les plus grandes difficultés pour l’exportateur sont sur la chaine logistique»


Depuis de nombreuses années, les pouvoirs publics algériens tentent, sans y parvenir, d'encourager fortement les exportations hors-hydrocarbures afin d’éviter la dépendance du pays à l’or noir.



Mohamed Benini, DG d'Algex (photo AB)
Mohamed Benini, DG d'Algex (photo AB)
ALGERIE. Mohamed Benini est directeur général de l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex). Créé par décret en juin 2004, cet établissement public à caractère administratif sous tutelle du ministère du Commerce milite depuis plusieurs années pour promouvoir les exportations algériennes et demande la tenue d’un conseil du gouvernement dédié à l’export pour booster cette activité.

Econostrum.info : Depuis plusieurs années, le volume des exportations hors hydrocarbures reste faible. Quand décolleront-elles ?

Mohamed Benini : Pour cela, il faudrait améliorer le niveau et la qualité de nos produits afin qu’ils soient aux normes internationales. Il faudrait par ailleurs développer notre potentiel de production grâce à l’investissement national et étranger dans les technologies. Nous disposons des capacités et des aptitudes nécessaires, du point de vue des ressources humaines.

Il existe en revanche des contraintes objectives sur le plan de l’environnement des affaires, plus particulièrement dans le domaine de l’exportation. C’est l’une des opérations les plus complexes que doit réaliser un chef d’entreprise.

Les plus grandes difficultés sont celles que rencontre l’exportateur sur la chaine logistique. Un produit devrait normalement arriver à son destinataire en deux ou trois jours. Or, aujourd’hui, nous sommes sur des délais qui varient de 10 à 15 jours, parfois davantage, ce qui est excessif, notamment si on veut exporter des produits frais.

Il faut améliorer l’efficience des institutions et des acteurs économiques

Econostrum.info : Il existe quand même une contradiction puisque le transport est entre les mains d’entreprises publiques, certes autonomes, mais qui relèvent des pouvoirs publics. Aussi pourquoi cela grince-t-il ?

Mohamed Benini : Il est faux de dire que tout est entre les mains du ministère des Transports . Il faut savoir que le pavillon national CNAN réalise très peu d’opérations. Sur le commerce extérieur algérien, il ne dépasse pas les 7%.

Pour le fret aérien, Air Algérie ne dispose que d’un seul cargo, qui plus est pas toujours opérationnel. Nous ne pouvons pas obtenir des performances à l’exportation avec un seul cargo. Ce n’est pas l’affaire d’une entreprise, mais celle de toute la collectivité nationale.

Econostrum.info : Il s’agit, selon vous, de réaliser des investissements lourds…

Mohamed Benini : Pas forcément. Il s’agit d’améliorer l’efficience. Aussi bien celle des institutions que celle des acteurs économiques ainsi que leurs synergies. Qu’ils travaillent tous ensemble dans la transparence tout en ayant une liberté d’action.

Econostrum.info : On en parle depuis des années, mais qu’est-ce qui empêcherait, par exemple, de consacrer un conseil interministériel à la problématique de l’exportation ?

Mohamed Benini: L’idée est dans l’air. Nous en avons fait la proposition. Il faut s’attendre à ce que dans les prochains mois, il y ait un conseil du gouvernement consacré aux exportations.

Nous encourageons les consortiums d’export

Econostrum.info : Quels sont les chiffres de l’exportation pour 2008 ?

Mohamed Benini : Pour 2008, nous avons fait 1,9 md$ d’exportations hors hydrocarbures. Mais il ne faut pas se faire d’illusion, c’est un gonflement qui est dû, pour l’essentiel, au glissement de l’euro par rapport au dollar. Nous exportons en euros et ces exportations sont comptabilisées en dollars sur notre balance commerciale.

La croissance vient aussi de l’augmentation des exportations d’un certain nombre de produits, notamment de ceux issus des hydrocarbures raffinés qui constituent plus de 25% du total des exportations hors hydrocarbures.

Nous avons également des produits bruts ainsi que des déchets ferreux et non ferreux qui ne sont pas le résultat d’une valeur ajoutée nationale. Nous avons très peu de produits de consommation ou de produits manufacturés. Cela ne dépasse pas la centaine de millions de dollars.

Econostrum.info : Quel a été le taux de croissance entre 2007 et 2008 ?

Mohamed Benini : En termes de volume, ce n’est pas significatif. Par contre, nous pouvons évoquer de nouveaux produits issus des technologies nouvelles. Il y a de plus en plus d’huile alimentaire, de verre plat et il devrait y avoir du ciment à partir de cette année. Cela représente environ 2,5% des exportations globales.

Econostrum.info : Pourquoi ne pas encourager les consortiums d’export comme cela se fait ailleurs ?

Mohamed Benini : La culture n’a pas évolué. Nous encourageons la mise en commun de moyens, qu’il s’agisse d’associations, de coopératives, de consortiums…

Nous allons demander au ministère du Commerce, à travers le Fonds de soutien aux exportations, qu’il accorde un plus aux chefs d’entreprises qui s’associent. Cela leur permettra de réduire les charges et de réaliser des économies d’échelle.


A. Belkessam, à ALGER


Mardi 9 Juin 2009



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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