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Mobilisation méditerranéenne


D'une façon ou d'une autre, tous les pays méditerranéens sont impactés par la montée du terrorisme islamique. Tour d'horizon pays par pays de la Méditerranée Orientale.

Lire aussi : Mobilisation en Méditerranée (occidentale : France, Espagne, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Italie)



Égypte

Crash de l'A321 dans le Sinaï : c'était bien un attentat (photo Maxim Grigoryev - Russia's emergency ministry)
Crash de l'A321 dans le Sinaï : c'était bien un attentat (photo Maxim Grigoryev - Russia's emergency ministry)
 Le terrorisme, nouvelle plaie de l'Égypte ? Sans doute. Les multiples attentats commis en Égypte ont fait perdre au pays en cinq ans 40% de ses touristes.

Depuis son coup d'Etat, le gouvernement militaire du général Abdel Fattah al-Sissi conduit une politique extrêmement répressive, avec déjà plus de 1 400 frères musulmans exécutés, 15 000 emprisonnés et des centaines d'autres attendant le bourreau, sans aucun résultat. Au contraire, il semble que les islamistes se renforcent dans le Sinaï et attaquent de plus en plus facilement les forces de sécurité égyptiennes. Le crash d'un avion russe dans le Sinaï (224 morts) a ajouté une ligne à une liste déjà longue avec, entre 2004 et 2006, une série d’attentats dans les stations balnéaires de Charm-El-Cheikh, Dahab et Taba ou encore en 1997 l'attentat à Louxor.

Face à ce défis, Abdel Fattah al-Sissi a fait voter en août 2015 une loi antiterroriste qui prévoit la création de tribunaux spéciaux, fournit des protections juridiques aux policiers chargés de la mettre en œuvre, et instaure une amende très lourde pour les journalistes qui rapporteraient des informations contredisant les communiqués officiels en cas d’attentat. Et surtout, l'Égypte achète des armes en masse pour son armée de terre, sa marine et son aviation.

Israël

Check-points à Jérusalem (photo F.Dubessy)
Check-points à Jérusalem (photo F.Dubessy)
Même si l'Etat d'Israël a des problèmes plus urgents à résoudre avec la révolte des couteaux, la menace islamiste a conduit le gouvernement de Benjamin Netanyahu à réagir. Un réseau de jihadistes arabes israéliens vient d'être démantelé début novembre 2015 et Benjamin Netanyahu a demandé au procureur général de « faciliter les démarches pour retirer la nationalité à ceux qui veulent rejoindre l'EI». Un cinquantaine d'arabes israéliens combattrait en Syrie ou en Irak. Ceux qui reviennent en Israël sont systématiquement arrêtés.

Israël intervient militairement en Syrie, mais contre les ennemis de Daech. Les avions israéliens ont en effet bombardé à plusieurs reprises les forces du Hezbollah en Syrie pour éviter de voir des armes lourdes utilisées contre Israël.

Liban

En dépit d'une modernisation de son armée, le Liban apparait impuissant face au communautarisme religieux. Photo DR
En dépit d'une modernisation de son armée, le Liban apparait impuissant face au communautarisme religieux. Photo DR
Véritablement submergé par la vague de réfugiés syriens qui représente aujourd'hui près d'un cinquième de la population libanaise, le Liban voit une partie de sa population, les membres du Hezbollah, participer directement à la guerre en Syrie. Rappelons que la Hezbollah a « inauguré » les attentats-suicide dans la région dans les années 80, notamment en s'attaquant aux Français et aux Américains présents à Beyrouth. Financé par l'Iran, le Hezbollah se bat aux cotés de l'armée de Barchar el-Assad depuis 2012 avec plusieurs milliers d'hommes engagés sur le terrain.
 
Alors que l'ancien président Michel Sleimane a terminé son mandat le 25 mai 2014 et que depuis son fauteuil reste vide, le pays semble désarmé face au terrorisme. Les services de sécurité arrêtent régulièrement des islamistes de Daech ou d'al Nostra suspectés de préparer des attaques terroristes, mais cela n'empêche pas les attaques. Le 12 novembre 2015, un double attentat-suicide devant une école et une mosquée a tué 43 personnes et fait 239 blessés à Beyrouth, dans le fief du Hezbollah. Il fait suite à une vague d'attentats perpétrés dans la Bekaa, à Tripoli et à Beyrouth en 2013 et 2014.

Turquie

L'avion Russe abattu par la chasse Turque semble sonner le glas des efforts Français de constituer une vaste coalition anti Daech. Photo DR
L'avion Russe abattu par la chasse Turque semble sonner le glas des efforts Français de constituer une vaste coalition anti Daech. Photo DR
Même si officiellement la Turquie combat Daech, Ankara joue un rôle ambigu dans la guerre contre le terrorisme, préférant bombarder les Kurdes de Syrie que Daech. De nombreux observateurs pensent même que la Turquie aide Daech en soignant ses blessés, en laissant les combattants étrangers gagner la Syrie et en achetant à grande échelle le pétrole extrait par Daech d'Irak et de Syrie. « Les autorités turques sont parfaitement au courant de ce trafic», a déclaré un diplomate occidental à l’Afp. «Elles ont laissé faire en faisant le pari qu’il précipiterait la chute de leur ennemi numéro 1, le président Bachar el-Assad».

Le 10 octobre 2015, un double attentat attribué à Daech a tué 95 personnes à Ankara. Mais il s'agissait d'opposants kurdes et l'ombre des nationalistes turcs plane sur ce massacre.

En abattant un chasseur-bombardier russe qui violait son espace aérien, la Turquie a mis fin aux espoirs de la France de constituer une vaste coalition anti-Daech. La Turquie ne veut pas d'une Syrie fédérale qui comporterait une région Kurde autonome et voit d'un très mauvais œil la constitution d'une alliance entre les États-Unis, la Russie et la France qui rendrait ce schéma possible.
Sous la pression de ses alliés, la Turquie semble avoir décidé de fermer aux islamistes sa frontière avec la Syrie. «Nous ne permettrons pas à Daech de maintenir sa présence à notre frontière» a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Feridun Sinirlioglu.

Pays des Balkans, Chypre, Malte

Si les Balkans, Chypre et Malte sont au cœur de l'actualité avec les migrations de réfugiés, ils n'ont pas eu jusqu'à présent à souffrir du terrorisme islamique. Ils soutiennent les pays européens engagés sur les différents fronts du terrorisme, mais uniquement d'un point de vue diplomatique et policier.



Lire aussi : Mobilisation en Méditerranée (France, Espagne, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Italie)


Gérard Tur


Jeudi 26 Novembre 2015



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Mardi 6 Décembre 2016 - 09:06 L'Etat islamique ne règne plus sur Syrte

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Par Guillaume Almeras, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil


 




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