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Mieux protéger la biodiversité en Méditerranée


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Le Forum 2016 sur les aires marines protégées, qui s’est tenu à Tanger du 28 novembre au 2 décembre, a constaté des progrès tout en insistant sur une nécessaire intensification des efforts. Une interface science-politique plus efficace pourrait y contribuer.



L'île de Porquerolles (photo : Plan Bleu)
L'île de Porquerolles (photo : Plan Bleu)
« Les aires marines protégées sont l’affaire de tous » a rappelé le deuxième Forum qui leur était dédié à Tanger. La Méditerranée héberge 7 à 9 % des espèces marines de la planète mais elle est soumise à de multiples pressions : pollution, épuisement des ressources, changement climatique sans oublier l’impact des espèces invasives.

La Convention sur la diversité biologique (1992) a fixé à 10% de la surface des océans, l’objectif de protection à l’horizon 2020 grâce à un réseau d’aires marines protégées, situées en mer ou sur le littoral. Aujourd’hui, 7 %, soit 179 798 km², de la Méditerranée sont placés sous protection. On compte ainsi 1 231 aires marines protégées et autres mesures spatiales de conservation. Pour ce qui est des zones en devenir, plus de 100 sites ont été identifiés ou sont en projet dans 12 pays. 

Renforcer les échanges entre scientifiques et gestionnaires

Si l’objectif fixé par la Convention est donc quantitativement près d’être atteint, du point de vue qualitatif, il en va autrement comme l’ont constaté les 300 participants au Forum de Tanger, gestionnaires des aires, scientifiques, acteurs économiques et institutionnels.  Seulement 0,04% de la Méditerranée est intégralement protégé. Bien des sites ne font pas l’objet d’une réglementation appropriée et les moyens à disposition ne sont pas toujours adaptés. Malgré d’incontestables progrès, science et gestion restent largement déconnectées. Un trop grand nombre de recherches scientifiques ne répondent pas aux besoins de gestion. Et celles qui pourraient être pertinentes ne sont pas accessibles aux gestionnaires des zones protégées et aux réseaux de surveillance qui opèrent souvent sans fondement scientifique solide.

D’où l’importance de renforcer les interfaces entre science et politique, thème qui a fait l’objet d’un atelier spécifique, animé par le Plan Bleu, lors du Forum avec le soutien du Centre Régional sur les Aires Protégées (CAR/ASP) et du réseau MedPAN. Programmé dans le cadre de la mise en œuvre par le PNUE/PAM de l’Approche Ecosystémique pour atteindre le bon état environnemental des côtes et de la mer Méditerranée, cet atelier a réuni près de 50 participants d’une dizaine de pays.

« L’objectif était de renforcer et de pérenniser les dispositifs mis en place ces dernières années » rappelle Antoine Lafitte du Plan Bleu, « car les aires marines protégées constituent  non seulement des réservoirs de biodiversité mais aussi des zones d’expérimentation scientifique sur le plan humain et social». Parmi les 33 mesures intégrées dans la déclaration de Tanger pour la mise à jour de la feuille de route des aires marines protégées, figure ainsi en bonne place la nécessité de « renforcer par tous les moyens disponibles l’interface science-politique ». 



Jeudi 22 Décembre 2016




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avis d'expert

Roland Lombardi, docteur en Histoire, consultant indépendant en géopolitique, analyste au sein du groupe JFC Conseil et chercheur associé à l'IREMAM de l'Université Aix Marseille.


 




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