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Menaces sur l'économie palestinienne

Au cours des derniers mois, les donateurs ont été moins généreux et la relance palestinienne qui repose en grande partie sur l'aide internationale fléchit.


Ramallah, où  siège l'Autorité palestinienne. Photo (DR)
Ramallah, où siège l'Autorité palestinienne. Photo (DR)
TERRITOIRES PALESTINIENS. Les sanctions économiques qui menacent de s'abattre sur la Cisjordanie et Gaza après la demande d'adhésion à l'ONU risquent d’être fatales pour l’économie palestinienne.

D'après les données présentées le 18 septembre 2011 par la Banque Mondiale,  lors de la Conférence des donateurs au siège de l’ONU,  depuis juillet 2011 le taux de croissance de la Cisjordanie serait d'à peine 4% : les exportations stagnent et le taux de chômage se maintient aux alentours de 15%.

Le docteur Samir Abdullah, président de la Palestine Economic Policy Research Institute, explique à Econostrum mercredi 21 septembre 2011, que "la crise fiscale est telle en Cisjordanie, que le gouvernement doit emprunter aux banques pour pouvoir payer le salaire de ses employés. Depuis maintenant trois mois, les fonctionnaires de l’Autorité palestinienne n’ont reçu que la moitié de leurs salaires."

La Banque mondiale annonce que seuls 238M€, sur les 537 M€ promis par la communauté internationale, sont effectivement arrivés dans les comptes de l'AP (autorité palestinienne), qui a déjà emprunté plus d'1 MRD$ depuis janvier.

Les États-Unis contribuent chaque année à hauteur de 500 M$ (369 M€) au budget de l'Autorité palestinienne. D'après certains politiciens américains, Washington tentera de réduire l'aide aux Palestiniens s'ils refusent de céder sur la question de la reconnaissance à l'Onu.

« Les contributions des pays de la Ligue arabe qui s’étaient engagés à verser 50M$ (37M€) par mois aux Autorités palestiniennes manquent aussi à l'appel à cause de la pression américaine »  souligne le Dr  Abdullah.

Menace de sanctions économiques israéliennes

"Nous craignons avant toute chose une escalade des sanctions israéliennes et de son régime de bouclage. Jusqu’à présent, la redistribution de la TVA sur toutes les importations palestiniennes est entièrement gérée par Israël. C’est un budget de 300 M$ (221,8 M€) par an, soit 40% du budget des Autorités palestiniennes, ça serait un véritable désastre." explique le Dr Abdullah.

D’ailleurs, le vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a déclaré à la Conférence des donateurs qu’ "Israël souhaite poursuivre le développement économique palestinien, mais que la future assistance en matière de coopération pourrait être gravement et irrémédiablement compromise si les dirigeants palestiniens continuent en agissant en violation de tous les accords signés, qui régissent également les relations économiques existantes entre Israël et l’Autorité palestinienne".

Youval Steinitz, le ministre des Finances israélien a quant à lui carrément menacé l'Autorité palestinienne, lors d’une conférence de presse mardi 20 septembre 2011, de sévères sanctions financières, si son dirigeant se rend à l'ONU, proposer la résolution de reconnaissance de l'État palestinien. " Il s'agit de mon point de vue, pas d'une décision gouvernementale : si les Palestiniens violent ainsi les fondements de l'accord de paix, nous devrions reconsidérer le fait de leur délivrer l'argent des taxes", a déclaré Steinitz.

Une décision qui ne serait pas une première puisque ce dernier avait déjà stoppé, temporairement, le transfert des impôts (TVA, taxes sur les marchandises à l'import-export) au printemps 2011.


Hélène Machline à JÉRUSALEM


Jeudi 22 Septembre 2011



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Commentaires

1.Posté par Sahim JAAFAR le 23/09/2011 06:40
Mieux vaut avoir un état sans l'aide des USA, qu'avoir de l'argent sans un état palestinien...

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2.Posté par Hélène Eftimakis le 23/09/2011 11:19
Tout à fait d'accord avec M. Jaafar.
Les Palestiniens ont besoin de justice. Jean Paul II disait "il n'y a pas de paix sans justice".
Il faut séparer ces deux frères siamois et faire que chacun ait sa chambre.
On a l'impression entre Israël et les USA que c'est un discours de sourds, mais qu'ils ne sont aveugles ni l'un ni l'autre.
Sans aides, pas de croissance ; sans croissance, plus d'aides.
Quelle est cette équation ???
Si seulement on pouvait faire 4%, nous, les experts!
H.E


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3.Posté par Christophe le 23/09/2011 15:41
Après l'invasion par les colons, le chantage à tous les étages !!!
Ils ne reste vraiment plus rien à cette population prise en otage par les israéliens et les américains qui vont tenter (et surement réussir) en plus un holdup en bonne et due forme sur des personnes déjà très vulnérables.....
Et après, on nous parle encore d'accord de paix mais pourquoi quand la paix n'est pas possible sans que cela soit les palestiniens qui en subissent toutes les conséquences (expropriation par la force, impossibilité de commercer sans l'aval d’Israël, colonie implantée sur des terres Cisjordaniennes, etc....)
On dirait que le gouvernement en place en Israël cherche plus la guerre que la paix...........

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