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Mehdi Jomaa verrouille les caisses de l'Etat tunisien


Dans une interview télévisée diffusée lundi 3 mars, le premier ministre tunisien Mehdi Jomaa juge que la situation économique de son pays risque de devenir « catastrophique ». La Tunisie va devoir emprunter 4 milliards de dinars de plus que prévu. Il donne un coup d'arrêt à la politique de soutien des entreprises publiques en difficulté et stoppe l'embauche de fonctionnaires.



Mehdi Jomaa entend remettre la Tunisie sur les rails. Photo F Dubessy.
Mehdi Jomaa entend remettre la Tunisie sur les rails. Photo F Dubessy.
TUNISIE. À peine un mois après sa prise de fonction, le premier ministre tunisien Mehdi Jomaa a dressé un sombre tableau de la situation économique de son pays à l'occasion d'une interview télévisée diffusée lundi 3 mars au soir sur plusieurs chaînes tunisiennes.

« En toute franchise, la situation est plus difficile que ce que nous ne le croyions » explique-t-il. « Il va nous falloir faire des sacrifices ».   Depuis la révolution tunisienne, les investisseurs ont déserté la Tunisie alors que le taux d’endettement du pays a dépassé 50% de son PIB.  

Le nouveau gouvernement apolitique de la Tunisie a trouvé les caisses vides. Il manquerait 4 milliards de dinars (1,8 milliard d'euros) dans le budget de l'État. « Nous ne savons pas d'où les ramener, il faut que nous trouvions les ressources. Nous avons l'intention de lancer une souscription pour financer les caisses de l'État, mais ce n'est pas suffisant. J'ai l'intention d'aller dans les pays du Golfe, aux États-Unis et en France. Nous allons emprunter encore plus » annonce Mehdi Jomaa.   

Changement de mentalité

Le premier ministre siffle la fin d'une mi-temps qui aura duré trois ans. « Il faut que nous soyons sincères : pendant ces trois dernières années, nous n'avons pas travaillé. L'administration n'a pas travaillé, les compagnies n'ont pas travaillé, nous n'avons pas respecté les lois ». Il demande à ces concitoyens « un changement de mentalité », tout en confirmant son engagement d'organisation des élections avant la fin de l'année. « Notre conviction est qu'il est de l'intérêt du pays de tourner la dernière page du processus de transition politique ».  

Les compagnies nationales devraient figurer en première ligne de cette nouvelle politique d'austérité destinée à rétablir les fondamentaux économiques. La plupart sont en difficulté, à l'image de Tunisair dont les besoins financiers équivalent à quatre fois son chiffre d'affaires annuel. Leurs situations « seront examinés au cas par cas » affirme Mehdi Jomaa qui constate l'État tunisien n'a plus les moyens de les « soutenir comme il le faisait auparavant. Toute politique devra s’appuyer dans ce domaine sur un plan de restructuration des entreprises concernées».  

La stratégie d’apaisement social par l'embauche de fonctionnaires a vécu. Mehdi Jomaa précise qu'il n'entend « pas baisser les salaires, mais il n'y aura pas de nouveaux recrutements dans la fonction publique en 2014. Nous n'avons pas de quoi les financer ».  

Parallèlement, le premier ministre demande à son gouvernement provisoire de mettre en place une politique de microcrédits, d'accélérer la réalisation de 250 projets en panne, de réviser les procédures d'appels d'offres et me rédiger un nouveau code des investissements.  


Gérard Tur


Mardi 4 Mars 2014



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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