Meditour 2010 veut faire de la Méditerranée la destination mondiale du tourisme durableDeux jours de débats (23 et 24 septembre 2010) ne suffiront sans doute pas à changer le modèle de croissance du tourisme dans le bassin Méditerranéen. Mais les participants au salon Meditour 2010 ont posé à Malaga la première pierre d'une nouvelle stratégie, durable et compétitive. Pour faire aussi émerger une nouvelle destination à part entière : la Méditerranée.
ESPAGNE. « Il ne peut y avoir d'avenir pour une politique efficace de tourisme en Méditerranée sans le tourisme durable ». En ouverture du Meditour 2010, IVème édition du salon du tourisme en Méditerranée, le maire de Malaga, Francisco de la Torre, a donné le ton des débats qui ont réuni un millier de spécialistes du secteur dans la ville natale de Pablo Picasso. Dont le président de l'Association des Chambres de Commerce de la Méditerranée (ASCAME), Murat Yalcintas, qui travaille à imposer la Méditerranée comme une destination à part entière.
Les chiffres plaident en faveur du président de l'ASCAME. Selon les données de l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), la fréquentation touristique de l'ensemble des pays de la Méditerranée a augmenté de 100% en 60 ans, pour atteindre 287 millions de visiteurs internationaux en 2009, dans un bassin qui regroupe 28% des sites culturels et historiques mondiaux. La Méditerranée accueille donc le tiers des touristes de la planète, et le tiers des recettes touristiques. Inventer un nouveau modèle de tourisme
Murat Yalcintas président de l'ASCAME : « Nos différences font notre richesse en Méditerranée » (photo : FM)
Revers de la médaille : l'impact sensible de l'activité touristique sur l'environnement, avec une saturation du littoral, sur terre (inflation immobilière incontrôlée) comme en mer (dégradation du milieu marin). De fait, le développement effréné du tourisme menace l'avenir de l'activité en Méditerranée. D'où l'urgence d'inventer « un nouveau modèle de tourisme durable et compétitif », selon les termes de Murat Yalcintas : « C'est pour cela que nous devons miser sur le tourisme culturel, mettre en valeur ces différences qui font notre richesse en Méditerranée ».
L'enjeu, c'est également de permettre aux populations locales de profiter des retombées financières du tourisme. « Il est indispensable d'élaborer une politique intégrée aux autres activités des territoires touristiques, que ce soit la pêche, l'agriculture ou le transport maritime, entre autres », explique Patrick Maud'hui, directeur d'Atout France. Ce GIE travaille, en France et dans d'autres pays de Méditerranée, pour donner des outils pratiques aux professionnels du tourisme qui veulent s'engager dans une stratégie de développement durable : « Nous menons des actions concrètes d'ingénierie pour les différentes filières du secteur, comme par exemple un guide précis mis à disposition des hôteliers pour intégrer la logique environnementale dès la construction ou dans la gestion au quotidien ». Au delà des déclarations de bonne intentions, de grands groupes touristiques se sont engagés dans cette démarche, valorisée comme un argument marketing, que ce soit les tours opérateurs (dont le Club Med ) ou les hébergeurs (groupe Accor ). Le Jordanien Christopher Johnson, directeur de Wild Jordan Middle East Ecotourism, est venu à Malaga pour faire la preuve de l'efficacité de cette politique : en développant des hébergements écologiques (« eco-lodge ») et en préservant les réserves naturelles avec la collaboration du secteur privé, la Jordanie a engrangé 1,3 M€ de recettes liées à l'éco-tourisme en 2009. Philippe Maud'hui espère des retombées tout aussi positives avec la mise en œuvre du Grenelle de la Mer, qui prévoit notamment de d'augmenter de 12 à 30%, d'ici 2030, la part du littoral protégé dans l'Hexagone. Francis Mateo, à MALAGA
Vendredi 24 Septembre 2010
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