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Mediterra 2009 recommande le développement durable rural par la collaboration

Présenté ce matin 8 avril 2009 à Paris, le rapport Méditerra souligne l'importance d'un développement agricole au centre d'une économie rurale qui doit d'abord compter sur ses acteurs locaux. Mais les politiques étatiques devraient soutenir leurs efforts pour contrecarrer la désertification.


ressource en eau et rareté foncière pointées par le Plan Bleu et le Ciheam (photo MN)
ressource en eau et rareté foncière pointées par le Plan Bleu et le Ciheam (photo MN)
EUROPE / MEDITERRANEE. Co-édité par le Plan Bleu (Sophia-Antipolis) et le Centre International de Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes (Ciheam, Paris), « Méditerra 2009 - Repenser le développement rural en Méditerranée » essaie de suivre et d’évaluer les politiques de développement durable en milieu rural sur le pourtour méditerranéen.

Il avait paru important aux deux organismes de tenir compte de deux phénomènes avérés pour juger des politiques de développement agricole : le réchauffement climatique et le retour de l’insécurité alimentaire. Ce sont d’après les conclusions de ce rapport essentiellement les politiques de gestion des ressources hydriques et du foncier rural qui doivent faire l’objet de toutes les attentions.

S’appuyant sur quatre études régionales et dix études nationales conduites en Albanie, Algérie, Egypte, Espagne, France; Grèce, Italie, Maroc, Tunisie et Turquie, Mediterra 2009 appelle donc à reconsidérer les politiques de développement agricole et rural en Méditerranée et pose la question de leur place dans les économies de l’ensemble des pays riverains.

Pas assez d'attention aux modèles ruraux déjà éprouvés par l'histoire

Quoi de comparable pourtant entre les différentes situations des campagnes du pourtour méditerranéen ? entre la ruralité albanaise et son agriculture pratiquement hors du marché, la France méridionale marquée par une féroce compétition foncière entre habitat et plantations, ou les campagnes grecques où les diasporas assurent de véritables revitalisations ?

Le lot commun semble être la faculté des autorités, partout, à imaginer de nouveaux modèles sans étudier ceux qui fonctionnent. « Il existe des dynamiques locales des systèmes de production dans chaque milieu, qu’il serait bon d’identifier avant de les imaginer » précise le rapport, qui milite d’abord pour que soit reconnu « un statut à la famille agricole » car le développement s’appuie d’abord sur elle.

Autre préoccupation majeure du rapport, il s’agit d’éviter que la plus value agricole ne soit captée majoritairement ailleurs que dans le milieu rural, ce qui doit conduire à veiller particulièrement sur la gestion de ressources naturelles comme l’eau et l’espace forestier.

Une plate forme collaborative et un effet réseaux

Tout l’ouvrage appelle à la souplesse, en particulier des politiques publiques, qui devraient s’adapter aux réalités locales, et ne pas chercher à faire entrer toutes les situations dans un gabarit unique. « Elles doivent intégrer les enjeux et créer les conditions pour qu’il y ait autant de modèles de développement que de situations, en particulier pour les zones où l’agriculture ne permettra pas un niveau de vie suffisant. »

Présentées ce mercredi 8 avril 2009 à Paris par le directeur du Plan Bleu, Henri-Luc Thibault, les recommandations du rapport Méditerra sont déclinées par priorités : traduire en termes budgétaire une politique de développement durable de la ruralité, anticiper les risques de désertification et évaluer les adaptations à mettre en œuvre, mettre d’ici 2012 en place un système d’information et de recueil de données fiables sur les différentes régions rurales, en particulier sur la diversité des milieux et des systèmes territoriaux, favoriser la recherche toutes disciplines sur le milieu rural, recenser les projets de développement territoriaux notamment quand ils misent sur un effet réseaux et des jumelages.

Enfin, Plan Bleu et Ciheam appellent à la constitution d’une « plate forme méditerranéenne d’échanges sur les processus de développement territoriaux initiés par les pays riverains », en mettant l’accent sur celles qui favorisent la participation des acteurs de la ruralité, c'est-à-dire des populations concernées.

lire aussi La Tunisie creuse son déficit agrico alimentaire


Michel Neumuller


Mercredi 8 Avril 2009



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