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Medgaz relie enfin l'Algérie à l'Espagne




La station de compression de Béni-Saf (photo Medgaz)
La station de compression de Béni-Saf (photo Medgaz)
ALGÉRIE / ESPAGNE. Noureddine Cherouati, pdg de Sonatrach, et Pedro Miro, président du conseil d'administration du consortium Medgaz ont ouvert symboliquement, mardi 1er mars 2011, pour la première fois la vanne du gazoduc Medgaz.

Long de 1 050 km dont 550 sur le territoire algérien, ce gazoduc relie désormais les villes de Béni-Saf (Algérie) et Almeria (Espagne) et dispose d'une capacité de 11,4 milliards de m3 par an dont 8 milliards destinés à l'exportation.

Le consortium Medgaz est contrôlé par Sonatrach (36%), Iberdrola (20%), Cepsa (20%), Endesa (12%) et GDF-Suez (12%).

Sa construction aura nécessité un investissement estimé à 1 md€.

L'idée de construire un gazoduc entre l'Algérie et l'Europe remonte à quarante ans. Mais ce n'est qu'en février 2001, voici donc dix ans, qu'a été créée la Sociedad para el Estudio y promocion del gasoducto Argelia-Europa via Espana SA; la Medgaz.






Mardi 1 Mars 2011



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Commentaires

1.Posté par Ibrahima le 03/03/2011 21:09

Medgaz, une controverse de la construction du Maghreb arabe uni
Par Y. MERABET
Le Medgaz, ce gazoduc est destiné à acheminer le gaz naturel une fois traité, du champ gazier de Hassi-R'mel vers le futur terminal gazier de Béni-Saf, de là il traversera la mer Méditerranée pour rejoindre la ville espagnole d'Alméria et se connectera sur le réseau européen de distribution.

Le premier tronçon va traverser le territoire algérien en enterré d'un diamètre de 48" et d'une longueur de 550 km, il transportera en première phase en écoulement libre la quantité de 8 milliards/Nm3 par an, sa capacité pourra être doublée si on installe des stations de refoulement le long de son parcours; le deuxième tronçon immergé, d'une longueur de 200 km en diamètre de 24", posé à une profondeur maximale de 2.160 m, reliera les côtes algériennes aux côtes espagnoles, et enfin le troisième tronçon enterré, de 300 km de long sur le territoire espagnol, qui se connectera sur le réseau de distribution européen, le tout totalise une longueur de 1.050 km.

C'est en novembre 2000 que Sonatrach et la compagnie espagnole Cepsa ont constitué une société d'étude et de promotion de ce projet; quelques mois plus tard est née la société par actions Medgaz, à laquelle se sont associés British Petroleum 12% , Gaz de France 12%, Iberdrola Espagne 12%, Endesa Espagne 12%, Sonatrach Algérie 20%, Total France 12% et Cepsa Espagne 20%, soit par pays:

- Espagne 44%
- Algérie 20% (initialement)
- Grande-Bretagne 12%
- France 24%

Les travaux de réalisation devaient être lancés en janvier 2004, pour un projet qui affleure le milliard de $; son but principal c'est le renforcement de la sécurisation des approvisionnements énergétiques de l'Europe et la couverture de la demande européenne en énergie propre à bon prix. La première phase du projet de 200 km en offshore vient d'être attribuée (novembre 2006) à la compagnie italienne Saipem et le contrat de fourniture des tubes aux Japonais.

Le taux de participation de l'entreprise Sonatrach est loin d'égaler celui de l'Espagne, 20% contre 44%, et de la France 24%; le consortium formé initialement avant l'approbation de l'avant-projet de loi des hydrocarbures avait pour part: Sonatrach 50% et Cepsa 50%.

Quand la faiblesse mène à la soumission

Les méfaits d'un avant-projet de la loi des hydrocarbures bâclé et bourré d'ambiguïtés, sans constances fondamentales, contrariant et en désobéissance avec les orientations politiques et stratégiques consignées dans la Charte Nationale, sont la cause principale de l'affaiblissement du poids que pourraient exercer nos négociateurs sur leurs partenaires européens pour le libre choix du tracé. Le Medgaz est déclaré projet d'intérêt européen dans le domaine du gaz par l'Union européenne.

Une entrave pour la marche du Maghreb arabe uni

Le meilleur moyen de construire un Maghreb arabe uni c'est de créer avant tout des liens fraternels, notamment par: le jumelage des villes, les échanges culturels, l'ouverture des frontières, la levée des tarifs douaniers, la libre circulation des produits et des hommes, la création de sociétés mixtes, la construction d'une autoroute commune qui liera les pays du Maghreb arabe à l'Europe, par une participation financière collective Euromaghrébine, etc., et surtout par la création d'un passage préférentiel de canalisations de transport des hydrocarbures liquides ou gazeux, empruntant le territoire marocain pour approvisionner l'Europe méridionale en quête d'énergie propre à bon prix.

Ce couloir économique et civilisateur doit faire profiter les pays frères du Maghreb arabe du partage de l'aubaine, pour améliorer leur condition sociale et développer une infrastructure économique de base d'intérêt commun. Faire passer nos canalisations de transport d'hydrocarbures directement par mer, c'est priver un frère de mille avantages, ça serait tout simplement un gâchis contraignant le rapprochement de la communauté de l'union et une contrefaçon de construire le Maghreb arabe uni.

Tarek Ibn Ziad avait frayé son chemin par le Maroc pour rejoindre l'Europe méridionale en passant l'actuel Gibraltar, c'est le même chemin que devait emprunter le gazoduc algérien, le Medgaz, pour approvisionner l'Espagne en gaz naturel. Les rangs des troupes combattantes de Tarek grossissaient au fur et à mesure qu'elles s'enlisaient dans le fond de ce couloir baignant dans la fraternité et la solidarité. C'était la pose de la première pierre de l'édifice du Maghreb uni que notre génération n'a pas su sauvegarder. Pour sauver notre mémoire, le Medgaz devait reprendre le nom originel, autochtone de Tarekgaz et empruntera le couloir de l'insoumission.

Dans le futur, ce couloir reprendra sa place et deviendra le passage obligé de tous nos échanges commerciaux terrestres avec l'Union européenne, car il offre toutes les garanties de la pérennité d'une alliance non déguisée. Si ce n'est pas l'unique argument de la sécurité des approvisionnements qui inquiète tant ces Européens qui veulent attirer notre pays dans une «guerre froide du gaz», alors le by-pass d'une partie du Maghreb par le Medgaz est infondé.

Medgaz est un avantage inespéré de l'Union européenne qui échappe aux principes fondamentaux de la Charte nationale, par contre il fait partie des mégaprojets initiés par le plan VALHYD des années 77 qui avait comme cible, la mise à sec de nos réserves gazières (gaz sec, GPL et condensat) avant 2005. Le Medgaz n'est pas un projet créateur de richesse; il privera certainement un pays frère de l'Union d'un «plus économique» et créera beaucoup plus de misère que de prospérité pour nos deux peuples qui tardent à former un seul.

Le passage de cette nappe de canalisations d'hydrocarbures sur le territoire marocain renforcera davantage la fraternité d'une même communauté régionale, longtemps unie, de même religion, de même culture, de même coutume, d'une même famille de part et d'autre de la frontière et d'une seule ambition sacquée par les politiques des deux pays.

Sur son parcours, ce gazoduc pourrait générer beaucoup d'activités et créer au moins 6.000 emplois permanents pour nos frères marocains, qu'il faudrait multiplier par 5 pour arriver à dire que Tarekgaz nourrira 30.000 bouches; une fois raccordé au réseau gaz domestique, c'est des centaines milliers de foyers qui seront égayés, une micro-industrie naîtra aussi autour de cet oligopole qui absorbera à son tour des centaines, voire des milliers d'emplois toujours pour nos frères, en plus d'un droit de passage dont bénéficierait le Trésor marocain.

Economiquement parlant, le passage du gazoduc sous mer, qui reliera directement le terminal de Béni-Saf à celui d'Alméria, certes ce détour va nous faire gagner 130 millions de dollars en économisant un bout de tube d'acier, mais il va nous faire perdre trois fois plus d'argent nécessaire à la maintenance et à l'entretien spécifique que demande cette variante sous-marine très complexe.

La Sonatrach n'a plus l'aptitude de pouvoir assurer la rigoureuse tâche que demandent la surveillance et l'entretien des canalisations enterrées. Gangrenées par la rouille, ces conduites se sont transformées en véritables bombes à retardement qui sèment la mort sur leur passage, alors que dit-on pour le Medgaz qui va gîter au fond des eaux, loin des inquiétudes ?


(Association Algérienne des Relations Internationales)


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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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