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Matteo Renzi présente son budget 2015


Réduire les impôts pour favoriser la relance de l’économie et séduire les entrepreneurs, augmenter les salaires pour satisfaire l’électorat potentiel, couper les dépenses publiques. Le plan budgétaire de Matteo Renzi risque de fâcher Bruxelles et fait déjà sursauter une partie des Italiens qui ne croient déjà plus au rêve du Florentin.



L'économie italienne reste toujours dans l'attente d'une éclaircie (photo F.Dubessy)
L'économie italienne reste toujours dans l'attente d'une éclaircie (photo F.Dubessy)
ITALIE. Le budget italien 2015 a été expédié comme prévu à la Commission européenne le 16 octobre 2014. Un plan plutôt fantaisiste qui prévoit 18 mrds€ de baisse d’impôts, une augmentation du déficit de 11 mrds€ et une nouvelle augmentation de salaire déguisée.

Mais ce programme risque de déplaire à Bruxelles qui accuse Rome de laisser filer ses comptes notamment en ce qui concerne la dette publique et agite la menace d’une procédure d’infraction.  « Nous devrions en savoir plus d’ici la fin du mois.  Certes, un avertissement alors que l’Italie est aux commandes de l’Union européenne serait très mal perçu par les investisseurs » confie un sénateur démocrate sous le manteau. La commission européenne avait demandé à Matteo Renzi de réduire sa dette de 0,7%. Elle est estimé à 137% du PIB en 2014 et 137,9% en 2015. Trop pour le gouvernement d’unité nationale qui a seulement inscrit une réduction de 0,1% sur ses tablettes. 

Sur le front impôts, l’exécutif  veut réduire l’Irap, la taxe régionale sur l'activité productive, appliquée à la masse salariale et qui  freine l’embauche.  Puis, il promet de ne pas imposer les fameux 80 € rajoutés sur les feuilles de paie mensuelle des salariés touchant moins de 25 000 € par an. Enfin, de réduire les impôts des ménages en difficultés et d’introduire un régime d’imposition forfaitaire pour les travailleurs indépendants. « Les entrepreneurs n’ont plus d’excuses pour ne pas embaucher !» avertit Matteo Renzi.

Une augmentation de salaire déguisée

Coté salaires, les salariés pourront demander à partir du mois de mars 2015, le paiement anticipé du TFR, l’indemnité de fin de contrat introduite en 1927 et équivalent à une mensualité par année de travail.

Ce dispositif se traduira par une augmentation mensuelle moyenne d’une centaine d’euros voire plus, le montant du TFR étant calculé sur la base du salaire. « Je ne crois pas que ce soit le moment, les PME sont acculées et manquent cruellement de liquidités. Leur demander de verser en bloc le TFR veut dire soit les pousser à mettre la clef sous le paillasson, soit les obliger à se retourner vers les banques, ce qui veut dire un surplus de dépenses puisqu’elles devront payer les intérêts » estime l’entrepreneur Alessandro Camponeschi. Selon le gouvernement, cette mesure devrait aboutir à une relance de la consommation. C’est oublier que l’augmentation de salaire de 80€ introduite en mai 2014, ne s’est pas encore répercutée sur la consommation.

Une grande manifestation à Rome

Pour concrétiser ses ambitions budgétaires, Matteo Renzi a demandé aux Régions, aux communes et aux ministères de se mettre au régime. Les régions devront économiser 4 milliards, les communes 1,2 et les ministères, 6 milliards. « Cela veut dire couper dans le social, la santé, les transports publics, les crèches et les cantines et les bourses d’études étudiantes. C’est cela une politique de gauche ?  » s’énerve le démocrate et ancien vice-ministre de l’Economie Stefano Fassina. Le raisonnement tient la route d’autant que le ministre du Trésor Pier Carlo Padoan a déclaré que les régions pourraient augmenter les impôts locaux et les tarifs pour compenser les coupes réclamées par le gouvernement. 

Afin de protester contre la politique gouvernementale, notamment en ce qui concerne l’abolition de l’article 18 du code du Travail sur les licenciements abusifs, les syndicats italiens ont organisé une grande manifestation nationale le 25 octobre 2014. Entre-temps, les gouverneurs des régions pourraient eux-aussi monter au créneau pour pousser l’exécutif à revoir sa copie et notamment le chapitre leur demandant de faire de grosses économies. 

Lire aussi : Matteo Renzi veut relancer les moteurs de l'Italie




Vendredi 17 Octobre 2014



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